‹ Le Diable à ParisChapitre 47 sur 188 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Dans le comité littéraire Où brillent nos talents divers, Nous lisions, comme à l'ordinaire, Dr la prose admirable et d'admirables vers; Une approbation muette , Donnée à charge de retour, Venait caresser tour à tour Et l'orateur et le poëte.

Toul à coup un long abonnent

A la porte se fait entendre :

C'était dans le plus beau moment!

Force fui au lecteur d'attendre.

Attendre est cruel pour l'aut! ur,

Quand il croit charmer l'a El souvent plus cruel, hélas! pour l'auditeur,

S'il faut que l'auteur récommence.

Le maître cependant sort, gronde et bat son chien. L'instant d'après, le bruit se renouvelle :

Le chien aboyail de plus belle ;

Mena ; coups n'j faisaient rien, a Quel parti prendre? Ouvrons-lui; son tapage « Dans la salle ne peut nous troubler davantage. »

11 entre donc. A peine admis

Auprès de son maître en colère,

Médor, sur son derrière assis, Se tait, semble écouler, grave comme un confrère.

Combien de gens vous rencontrez Qui se font ouvrir de la sorte :

Grands aboyeurs tant qu'ils sont à la porte, Et muets des qu'ils sont entrés!

s. laval!:tti-:

M \li.\M E LA RESSOURCE. 109

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