CHAPITRE XI
Grande rumeur dans la ville. — Idée de M* Rabichon. — Une soirée de province.
Le récit de cette odyssée rurale divertit beaucoup Gaston, qui n'avait jamais envisagé la campagne sous ce joyeux aspect. Il ne connaissait que les environs de Paris et s'était toujours figuré que Saint-Germain, Asnière et Saint-Gloud étaient la peinture fidète des trente-trois mille hameaux de l'empire français : il jugeait des champs comme un habitué de TOpéra- Gomique qui, n'étant jamais sorti de Torchestre de la rue Favart, se persuade que toutes les bergères ressemblent à celles du Nouveau Seigneur y ou du Devin de village.
Cependant, Fhôtelier du Grand-Cerf qui, selon l'usage, avait demandé les papiers des deux voyageurs,
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avait découvert, à sa grande joie, que sa maison avait rhonneur insigne de loger un baron, un vrai baron décoré de plusieurs ordres!.,. Il avait fait jaser le valet dexhambre, et il résultait de ses investigations que le petit vieillard boiteux était une sorte de Monte- Cristo qui nageait dans les millions, et dont le splendide hôtel eût facilement contenu le quart de la petite ville. On comprend qu'au bout de vingt minutes toute la localité fUt en émoi : le bruit se répandit bien vite qu'un prince déguisé était dans ses murs; que ses valises étaient bourrées de diamants; que le conseil municipal, dans sa visite si intempestive, avait remarqué que son linge était garni de dentelle ; qu'il ne buvait que du vin de Madère et de Champagne à l'ordinaire; et un mendiant affirmait qu'en revenant du mariage de M"® Rabichon, il lui avait jeté une pièce de cinq francs en or dans son bonnet : il s'était même empressé de la cacher, pensant bien que, suivant l'usage des philanthropes indigènes, l'étranger avait cru lui octroyer un centin;ie. Grande fut l'agitation de la petite ville. Un prince, un nabab ne se rencontrent pas tous les jours, au coin des bornes de province, et le père Rabichon, qui, ce jour-là; donnait une soirée à l'occasion du mariage de M"« Fulvie, eut une de ces subites inspirations qui n'illuminent que les cerveaux de premier ordre. 11 se dit qu'après la ridicule aventure de l'hô-
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tel de ville, ce serait un coup de maîlre, s'il parvenait à posséder dans son salon ces deux nobles étrangers, dont la présence fournirait un si grand éclat à la solennité ; les rieurs seraient alors pour lui, ses ennemis atferrés, et Tinfâme Arthur Plumichet, — Robichon lui déniait la particule, — en serait pour ses frais d'éloquence d'adjoint.
L'ex-^voué, en homme qui tenait à être sûr de son coup, voulut se concerter avec sa femme, et aviser aux meilleurs moyens pour arriver à -son but... M"*' Rabichon raisonnait plus froidement. Gomme femme, elle avait plus de tact que son mari, et comme provinciale, elle ouvrait facilement son âme aux avertissement^ de la méfiance... Il se pouvait que ces deux voyageurs ne fussent pas ce qu'on disait... et alors, quelle humiliation ! Dame ! ça c'était vu, et elle n'avait pas envie de recommencer la ridicule mystification arrivée, il y a quelques années, aux Guichart... Cette histoire avait fait assez de bruit dans la petite ville, pour que nous la racontions ici ; elle servira, du reste, à justifier la prudence de M™® Rabichon.
C'était en 1849 ou 50, à l'époque où la France en république était représentée, à la chambre, par des députés qu'on nommait alors des représentants. Le mot était grammaticalement logique, et si la république n'avait fait que de pareilles innovations, nous
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n'aurions rien à lui reprocher. 4. M. Guichart, brave bourgeois de la petite viUe, donnait, ce jour-là, une soirée. 11 avait une grande agnës à marier, et il tenait naturelleipent à exhiber à la clarté des bougies toutes les qualités musicales, chorégraphiques et intellectuelles de ce jeune produit de vingt ans et quelques mois.
Dès le matin, il était sérieusement occupé à donner des ordres pour la décoration de son salon : c'est toujours une grande affaire, en province, que les préparatifs d'une réception que tous les amis intimes s'apprêtent à critiquer huit jours d'avance et huit jours après. M. Guichart en était arrivé à la pose du piano, et une discussion très-animée s'était élevée entre lui et sa femme sur le point desavoir comment on placerait cet instrument des triomphes de la vocalisation filiale. — « Je te dis qu'il faut l'appuyer contre le mur ! — Et moi je soutiens qu'il doit être au milieu du salon, sans quoi on n* entendra pas la voix d'Ophélia, qui précisément doit être enrhumée ce soir. — Et moi, je prétends 1... — Et moi, je vais te prouver I... — Non ! — Si ! — Pourtant! — Tu vas voir !..., etc., etc. »
Le couple conjugal en était là lorsque Marguerite, la cuisinière, qui était en même temps- valet de chambre et intendant, entra tout essoufflée : — Monsieur ! monsieur I 11 y a là un étranger très-
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bien qui demande 5 vous parler, il a dit qu'il était un représentant!...
— Un représentant !... Marguerite, faites-le entrer bien vite.
— Ah! naon Dieu 1... exclama l'épouse; et moi qui n'ai pas mon corset !... Vite, mon grand cachemire Temaux à palmes bleues!... Un représentant!... et le salon qui est en désordre ! Quel contre-temps! nwnsieur Guichart, range les fauteuils !...
Ils allaient poursuivre leur duo d'exclamations lorsque la porte s'ouvrit et donna passage à un étranger très-bien y ainsi que l'avait indiqué Marguerite; gants jaunes, bottes vernies, coiffure bouclée, breloques abondantes et gilet à boutons en verroteries; le tout rené d'un paletot blanc d'un effet vraiment californien.
. — Ah ! un million de pardons, s'écria l'inconnu en simulant une douteuse retraite : je vois que j'arrive dans un mojnent inopportun.
— Comment donc I monsieur... se liâta de dire le brave bourgeois en saluant profondément... Veuillez entrer, monsieur.
— Le salon n'est pas encore fait, s'empressa bien vite d'ajouter la maîtresse de la maison ; nous avons du monde ce soir, et, depuis huit jours, nous étions en lessive. Il a plu toute la sen^aine ; nos rideaux n'ont été secs qu'aujourd'hui.
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— Vous voyez donc bien que j*ai mal choisi mon moment, fit l'étranger en se retirant vers la porte; j'aurai l'honneur de revenir demain... Je suis représentant de...
— Môssieur î je ne souffrirai pas que vous restiez ainsi à la porte... prenez garde, môssieur I il y a un coulant d'air dans le colidor l (Le mot est reçu dans pas mal de localités.)
— Permettez que je remette à demain ma visite, insista l'étranger... Je suis, comme j'avais l'honneur de vbus le dire, représentant de la...
— Je sais, je sais, môssieur I et c'est pour cela
que je suis désolé de vous recevoir ainsi... mais cette soirée a bouleversé toute la maison.
— Ah I... fit M«ne Guichart, comme illuminée par ime réflexion imprévue... Ce bal, ce sera peut-être bien peu séduisant pour môssieur; mais si les simples plaisirs de la famille pouvaient avoir quelque attrait, nous serions bien honorés qu'il veuille bien agréer notre invitation... Nous aurons le receveur de l'enregistrement et son épouse, le percepteur, le surnuméraire et le directeur de la compagnie du Phénix : le professeur de piano , qui a composé une polka gravée à Paris, môssieur î accompagnera notre fille, qui a pris trois leçons de môssieur Henrion, à notre dernier voyage dans la capitale.
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— Gomment donc, madame, vous avez la bonté?...
— Ahl môssieur... insista M. Guichart, ce serait bien généreux de votre part; votre temps est si précieux que nous comprenons...
— Mais, interrompit M"* Guichart, une soirée est bientôt passée, et môssieur pourra peut-être remettre à demain les choses sérieuses. Ce qui est digéré n'est pas perdu.
M™« Guichart était sujette à ces imbroglios de langue ; c'est elle qui disait qu'Archimède était un grand vaurien, attendu qu'elle entendait toujours parler de ses vis et jamais de ses vertus; qu'Isaac était fils d'un charpentier, et Pythagore un ébéniste, puisqu'on disait toujours : Véchelle de Jacob et les tables de Pythagore; que son mari, qui lui refusait parfois de l'argent, était dur à la détrempe, ei c'est à elle qu'on doit ce mot: — On dit que tous les animaux se trouvent au jardin des Plantes : j'y ai bien vu la girafe, l'éléphant et l'ours Martin, mais j'ai eu beau chercher, je n'ai pu découvrir le bouc émissaire. Aussi Mme Guichart passait- elle , aux yeux de certaines gens de la ville, pour une femme qui avait beaucoup d'esprit naturel.
A une telle insistance l'étranger ne put que s'incliner et répondre :
— Eh bien, madame, j'agirai sans façon, puisque vous m'y autorisez avec tant de bonté. J'accepte et
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je VOUS prie d'en recevoir d'avance tous les témoignages de ma reconnaissance.
Dès qu'il fut sorti et que le couple l'eut reconduit jusque dans la rue, selon les usages de la province, qui aime à mettre son monde à la porte, M"»© Guichart sauta en l'air, en s'écrianf :
— Nous aurons] un représentant! un représentant à notre soirée!... Ophélia! Ophélia! nous aurons un représentant! La femme du maire va en crever de dépit ; M*»® Fruchinot qui , Tautre jour, avait un avocat de Paris, va-t-elle être vexée!... Marguerite, trois roses.de plus à mon bonnet de valenciennes !... Ah I et puis, quatre topetles de sirop d'orgeat et deux douzaines d'échaudés en supplément... N'oubliez pas de faire des gaufres et un gâteau aux œufs... On se servira des blancs pour battre des œufs à \\ neige I... Vite, vite, qu'on ne perde pas temps... Ophélia, ta robe bleue;... non, ta jupe jaune, ça relèvera ton teint qui, ce matin, est jaune comme un séraphin!
On a toujours pensé que ce dernier mot létait là pour safran.
— Ah ! mon Dieu ! cria M. Guichart... et le piano qui est trop haut pour la voix d'Ophélial... Marguerite, vous irez à l'instant dire qu'on vienne baisser le piano : qu'on rapproche le la du sol et qu'on se règle là-dessus.
-^ J'y vas, dit Marguerite ; c'est l'affaire de rien,
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ça sera fait tout de suite : on le rapprochera du s6L.
Le soir venu, tout le monde était sous les armes; dès huit heures, le salon était plein comme un bocal; car, en province, c'est à qui arrivera le premier pour avoir sa bonne place , et il n'est pas rare que les femmes se fassent coiffer dès six heures du matin, attendu qu'il n'y a qu'un seul perruquier qui ait le monopole de l'attifage général. On retient cet artiste un mois à l'avance ; il vous inscrit, et, comme il faut que chacune y passe à son tour, il arrive que telle femme qui fait ses confitures ou sa lessive le matin, soit forcée d'écumer la bassine ou de compter son linge avec les camellias ou les roses-pompons qu'elle doit arborer, le soir, dans sa chevelure tressée par anticipation.
Ce jour-là, M"»^ Guichart avait sur la tête une corbeille delilas, d'œillets et d'héliotropes... une vraie jardinière vivante! M^^® Ophélia s'était déguisée en chapelle de la Vierge ': malgré son teint de séraphin, elle était tout en blanc, excepté ses bras qui étaient rouges et ses cheveux aussi... M. Guichart avait lustré ses bottes en cuir de veau avec du vernis à tableaux faute d'autre, et tous les poils du.tapis s'attachant à cette glu attractive, il avait fini par se faire une esnèce de chaussure fourrée : ses bottes avaient de la
nsieurle représentant entra, ce fut Mar-
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guérite qui annonça : -—Monsieur Alfred d'Epernay î et les portes s'ouvrirent, pleurant tout haut de n'avoir que deux battants, comme l'exprima le grincement de leurs gonds, qui n'étaient pas tous les jours mis à une semblable épreuve.
Alfred d'Epernay !I! on conçoit l'effet d'un tel nom sur une assemblée habituée à ne juger le sac que sur l'étiquette... Tout le monde ne s'appelle pas Alfred d'Epernay!
Comme il était jeune, toutes les mères comprirent que cela pouvait devenir un gendre , et, comme il était, ma foi, beau garçon, toutes les demoiselles pensèrent que cela pouvait devenir un mari. Un représentant de vingt-cinq ans! et en habit Dussautoy, en gilet Sins, en gants Boivin, en chemise Doucet et en bottes Buchaert ! Peste I il y avait là cent fois plus qu'il n'en était besoin pour tourner toutes les tètes de la petite ville.
Les tètes étaient déjà à l'envers.
— Il est charmant! murmuraient les mamans. — Il a l'air fort comme il faut ! disaient les papas. Les filles ne disaient rien et rougissaient comme des cerises en plein soleil, tandis que M"»® Guichart allait de droite à gauche, répétant :
— C'est un représentant!
Le moment était venu de faire les exhibitions paternelles, et on pria M"« Ophélia, en attendant les
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quadrilles, de vouloir bien chanter une de ces romances qu'elle chantait si i^ien.
— Bon Dieu ! se dit toute la société r nous en avons pour douze mélodies, tout l'album y passera.
Ophélia se dirigea vers le piano en baissant les yeux, tandis que sa mère, qui la suivait, lui murmurait à l'oreille : — Chante : // va venir, celui que j'aime,., et tiens-toi droite... M. Alfred d'Epernay, voyant que personne ne conduisait la fille de la maison, se précipita et offrit son bras pour la guider vers l'instrument qui gémissait d'avance. Cette galanterie toute simple, mais si en dehors des mœurs de la province, fut un coup de foudre pour la société. Toutes les mères y virent comme une sorte de fiançailles tenues cachées jusque-là, et elles se disaient à elles-mêmes, avec dépit : — Est-ce que par hasard les Guichart nous auraient fait venir pour assister à leur triomphe?... Quant à M™» Guichart, elle était au onzième ciel, et son mari se précipitait incognito à la cuisine, pour y improviser un punch qui n'était pas sur le programme, méis que justifiait la solennité de cette réception.
Ophélia se dirigea vers le piano... mais quelle fut sa stupéfaction, lorsqu'elle s'aperçut qu'une fois assise, elle ne pouvait plus fourrer ses genoux sous l'instrument I... Marguerite qui en ce moment passait, en grande tenue culinaire, pour allumer les deux
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bougies du pupitre, lui dit à demi-voix : — Ça a été vite fait, j'espère. En quatre coups de scie, le me- .nuisier Va baissé de trois pouces, pour le rapprocher du sol.
La malheureuse avait fait rogner les quatre pieds du piano I
Ce fut irne désolation dans la famille, mais une joie chez les amis intimes. Pourtant, M™« Guichart ne perdit pas courage. Les femmes deviennent pilotes dans les tempêtes... Elle fit caler le piano sur des pots à fleurs renversés, et les douze romances y eussent passé, y compris le fameux : // va venir.,,, si M. Alfred d'Epernay n'avait fait comprendre que lui aussi était chanteur.
Il s'était montré empressé près de toutes les jeunes filles, et les mamans commençaient à lui pardonner sa courtoisie envers la demoiselle de la maison : aussi, à cette déclaration, ce fut un €ri d'enthousiasme. Il ne se fit pas prier, et un quart d'heure après, il avait chanté, parlé, mimé tout le répertoire comique de Levassor et de Malezieux..; C'était léger, mais amusant au possible. Une dame faillit être indisposée, à force de rire.
A la contredanse, il fut ébouriffant. Il ouvrit naturellement le bal avec M^« Ophélia, au grand orgueil de la mère , et il se livra peu à peu à une chorégraphie mirobolante, qui frisait de très-près la méthode
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Mabille... Sa conversation fut un feu roulant de calembours redoublés. Au jeu, .il escamotait les atouts et les faisait retrouver dans les moucboirs des dames. Animé peu à peu par les applaudissements de la société qui faisait galerie, il se livra à une scène de ventriloquie, accompagnée de cris d'animaux, de chants d'oiseaux et de hennissements inconnus. Il imitait le chat à s'y méprendre, et, quand il simula le frottement de la scie sur le bois, Marguerite, qui s'était mêlée sans façon à la foule de ses admirateurs, déclara qu'elle croyait encore entendre le menuisier qui baissait le piano et le rapprochait du sol. Son triomphe fut complet,
— Quelles manières affablesl répétait la société... que de simplicité dans ce sans gêne qui pourtant ne lui enlève rien de ce je ne sais quoi qui révèle l'homme haut placé.
— Pardi!... disait M"^® Guidiart : un représentant!...
On se sépara fort tard et ce fut M. Alfred d'Epernay qui fut obligé de donner le signal, non sans avoir promis de se rendre, les jours subséquents, à une foule d'invitations; car on se l'arrachait, et il avait accepté trois dîners, quatre déjeuners, cinq ou six thés et un autre bal que devait donner précisément M™« Rabichon, qui était encore jeune alors.
— Un dernier verre de punch 1 lui dit M. Gui-
chart, en arrêtant au passage le plateau que Marguerite portait comme un saint sacrement.
— Il n*est pas mauvais, votre ratafia, fit Alfred au maître de la maison en faisant claquer sa langue contre son palais... meilleur que votre Champagne... Ah t par exemple, votre Champagne, pas fameux !... Qu'est-ce qui fournit [ça?... Parie [que c'est Brisson d'Aï, et qu'il vous le vend 4 50, plus le transport ?... Ce n'est pas qu'il nous fait concurrence ; mais demain je TOUS prouverai que pour 2 75, je puis vous en expédier dii supercoquifilencieux première, net de tous frais encore.
— Comment, monsieur ! Vous seriez assez bon pour descendre en ma faveur à ce petit détail 1
— Pourquoi pas?... C'est mon métier: ne vous ai-je pas dit que j'étais représentant de la maison Flcbon et compagnie d'Epernay, négociants en vins de Champagne, tenant eaux-de-vie, liqueurs et confitures de Bar .'..•Voici mes cartes, et je prie la société de m'accorder la préférence.
Il salua en cercle et sortit eu fredonnant :
Vive le vin, Vive ce jus divin I Je veux jusqu'à la fin Qu'il égayé ma vie !...
La petite ville enfrétillapendant cinq ans; M. et Mme Guichart furent presque obligés de s'expatrier;
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M"« Ophélia garda son titre et ses bras rouges... et voilà précisément ce qui faisait réfléchir M. et M«n« Rabichon, à l'endroit de l'invitation qu'ils méditaient d'adresser à nos deux voyageurs... De son côté, M. Arthur de Plumichet, qui prévoyait le coup, voulut immédiatement le parer; et voici comment il s'y prit.
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