‹ Le diable boiteaux à ParisChapitre 58 sur 60 · CHAPITRE XXIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIT

Du cœwT des femmes. — Le passé des hommes graves. — Les chiens de (àîenc«. — Orage et tempête. — Le parti le plus sage. ,

— Voilà une matinée bien employée ! dit Gaston en suivant le baron, qui se dirigeait vers ThôteL Que d'observations en peu d'heures!... D'abord ce M. Bernardin, type incroyable, mais réel, de cette intéressante classe àe prédestinés, dont parle Balzac dans sa Physiologie du mariage, et M™e Girardin elle-même, ce modèle de la politique féminine, qui rendait tant de points à toute la diplomatie des Talleyrand et des Metternichl... Qu'on dise encore que la province ne nourrit pas de puissantes organisations, et qu'à la femme de Paris seulement appartiennent la finesse, la malice et l'adresse conjugales ; je doute qu'il y ait; dans toute la Chaussée -d'Antin, patrie des héroïnes du genre, un sujet qui annonce de plus brillantes dispositions.

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LE DIABLE BOITEUX EN PROVl^CE 29*

— Ne blâmons pas trop les femmes, ré[)on(lit le baron. Un grand poète Ta dit :

Oh I n'insultons jamais à la femme qui tombe ;

Qui sait sous quel fardeau sa pauvre âme succombe ?

Meltpz-vous à la place de celle-ci, et demandez-vous ce que vous eussiez fait dans les menées conditions. Le mariage est organisé de telle façon que je regarde la fidélité des époux comme le plus grand hommage qu'ils puissent mutuellement se rendre. Uy a tant h parier contre elle ; il y a tant de chances contre sa durée, que je voudrais voir placer les époux fidèles au nombre des saints qui figurent dans le martyrologe catholique. Au reste, laissons jouir Tinfidèle de son éphémère illusion; laissons-la tremper ses lèvres à la coupe de ce Bonheur passager : Tivresse durera ce que durent les^roses.

— Hélas I c'est trop vrai 1 répopdit le jeune homme. Les amours sont de charmantes fleurs qui se fanent vite... Pauvres femmesî

— Oh ! ne les plaignons pas plus qu'il ne faut. Elles ont toujours des compensations que nous avons rarement. Dans les naufrages du cœur, elles savent constamment trouver un port, et aux dédains de la créature, elles substituent volontiers les éternelles bienveillances du Créateur.

— Oui , dit Gaston, Madeleine se repent, la femme

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adultère pleure aux pieds du Christ, la femme», inonde se fait dévole.

— Eh! mon Dieu, oui!... et toutefois, rendes jusiice à ces mobiles natures qui savent si bien passtr de la terre au ciel, et du ciel à la terre, sans que 'double sentiment soit jamais affaibli dans leur âme Prier, n'est-ce pas aimer? vouloir oublier, n'esl-n passe ressouvenir?... et voilà pourquoi sansdoule. la femme prie avec beaucoup plus de ferveur qu^ riiomme, et cherche souvent à oublier plus vile. U religion et l'amour sont chez elle les seuls instioct dont la force l'emporte suj son intérêt personnel, parce que le premier effet de leur puissance est di la transporter hors d'elle-même, de placer son existence et son bonlieur dans une individualité élrangèri' à la sienne.

Ce que les femmes aiment, ce qu'elles adorent sur la terre comme dans le ciel , est toujours quelque chose d'invisible. L'amante, aussi bien que la dévote, ne vit et n'aspire qu'à vivre pour l'objet^ aimé; elle s'en fait un héros qui a ses admirations, un Dieu qui a ses prières, et c'est ainsi qu'en mêlant sans le savoir les choses de la terre aux choses du ciel, elle arrive tout innocemment à confondre, sans impiété, dans une même pratique, les rêves religieux de son âme avec les voluptueuses aspirations de son cœur... C'est le double instinct, très-naturel à la femme, qui

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nous fait comprencire, sans les blâmer, les étranges contradictions de M™® Chantai et le tendre mysti* cisme de M^ne Guyon; car pour les femmes pieuses, il y a de la religion dans l'amour et de Tamour dans la religion. Aussi, lorsque j'étais à Tâge où les passions parlent plus haut que la raison, j'étais toujours assuré àçt la victoire, lorsque j'assiégeais le cœur d'une dévote. Une femme mondaine résiste par préjugé ou par devoir; une dévote cède par analogie, par prédisposition , et parce que l'amant n'a qu'à semer . l'amour terrestre dans un cœur préparé par l'amour divin. Toutes les prêtresses de l'antiquité ont fait jaser d'elles.

Au. détour de la rue, ils rencontrèrent un liomme grave, qui marchait avec une certaine majesté, portant des papiers sous son bras.

— Ah! je reconnais ce monsieur, dit Gaston : c'est celui qui siégeait tout à l'heure au fauteuil du ministère public... Sur Son front pâle et dénudé on lit les austères pensées quMl roule dans son âme. De tels hommes ont dû sacrifier leur bel âge à l'élude de leur spéciaUté : hélas 1 ils n'ont pas eu de jeunessse I Us naissent tout venus , comme certains champignons : ce sont les cryptogames du travail.

— Connaissez- vous rien de plus gracieusement charmant, interrompit le baron, qu'un essaim de robes blanches surmontées de capotes bleues cou- .

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ronnées d'ombrelles roses?... Et tout cela courant, folâtrant, voltigeant et gazouillant dans les hautes herbes de Saint-Cloud et de Verrières, comme autant de petits colibris babillards, auxquels il. ne manque que la sauvagerie pour être oiseaux?... Oh! la douce çl bonne chose que les champs au mois de mai et à vingt ansl... Gomme la brune Amanda y oublie Bien vite les six jours de couture et d'ennui! Comme la blonde Céline s'y venge des infidélités d'Arthur, et comme la Gère Adèle y défie Oscar de l'abandonner pour Glorinde!... et quels repas somptueux au coin des bais, à l'ombre des lilas parfumés, dans cette solitude à deux, à quatre, à six, à huit, loin des créanciers, loin (Ju quartier latin, et le long de ces rideaux verdoyants, où toute espèce de (^rvelas à l'ail se change en dinde truffée, où toute sorte de bouteille de liquide à six se métamorphose en flacon de vin de Champagne mousseux! Oh! la joyeuse époque que celle du veau froid dans les pots à confiture, et de Vamour dans l'inconstance I... c'est l'époque des gais souvenirs, des radieuses espérances! Le temps où tous les hommes graves d'aujourd'hui poursuivaient le bonheur dans les coucous de Romainville et dans les pataches de Montmorency; oii l'on vendait son habit noir pour acheter une jaquette de coutil, et où l'on mettait sa montre au mont-depiété, avant de partir, afin d'oublier l'heure du re-

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tour !.,. Tous les Arihurs d'alors , les voici : c'est cet homme grave qui passe : ils sont aujourd'hui quelque chose comme procureurs impériaux, notaires, banquiers ou conseillers d'État. Tous les Oscars et les Ernests se sont couchés^ un soir, dans le doux rêve de le.urs charmantes folies, pour se réveiller le lendemain, après la thèse passée, dans îa réalité do la froide raison! 0 Arthur, ô Oscar, qu'êtes- vous devenus?... Le Temps, — Rabelais l'a dit, — est grand faucheur de fleurettes ; il ferait Ninon dame de charité et Déjazet sœur de Sainte-Camille ; il vous a tous faits bien pis encore... il vous a naturalisés provinciaux ; il vous a infligé le droit de bourgeoisie dans des villes de trois mille âmes, où vous êtes forcés de donner l'exemple et de prêcher la morale au nom de ce code, dont jadis vous faisiez do si joyeuses cigarettes pour Céline, Adèle et Amanda! Que la toque vous soit légère I

Plus loin, ils virent M. Arthur Plumichet se croiser fièrement avec M. Rabichon sans se saluer, et en se toisant de l'œil, comme deux coqs anglais prêts à livrer bataille ; à dix pas de là, ils aperçurent M. Pacifique Ledoux faisant une grimace à M. Ccrniquet, et M"e Balbine de Saint-Landry regardant de travers M"»« Faustine Rigollot, sa rivale en poésie. Puis M™e Rabichon sortant de faire son compte chez le traiteur, et lançant un regard de vipère enceinte à sa

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cousine M»"* Chamaillarl, qui avait, il est vrai, prêté Vinêtrument du crime. Puis le premier clerc de dotaire et le surnuméraire, et le garde des eaux et forêts prêts à se couper la gorge en faveur d^Esther, redevenue M"^ Elmire. Les (leux notaires de Itendroit se saluaient en souriant et en s*appelant cA^r cowfrère ; les trois médecins se prodiguaient des poignées de main, en se traitant à'honoré collègue; les quatre avoués s'envoyaient des bonjours, en se donnant du cher maître; Tépicier du coin disait à Tépicier d'en face : Ça va bien, cher voisin ?.,. et tous ces gens-là étaient prêtsà s'entre-dévorer, se regardaient en chiens de faïence ; et il était facile à l'observateur de sangfroid de remarquer qne chaque coup de chapeau équivalait à un coup de pied sous-entendu... Ils s'apperçurent aussi que tous ceux avec qu4 ils s'étaient trouvés en rapport, depuis la veille, se détournaient à leur approche et évitaient de les saluer, contrairement à l'usage des petites villes, où l'on salue même les passants qu'on n'a jamais vus. De plus, ils virent qu'on se mettait aux portes pour les observer, que les voisins chuchotaient entre eux^vec mystère ; que les uns souriaient ironiquement en les regardant, que les autres affectaient une indignation mal déguisée. Un sourd grondement, précurseur de l'orage, courait dans cette atmosphère en apparence si pacifique.il devait donc y avoir du scandale dans Landerneau!... Le

scandale est le feu d'artifice des oisifs, a dit Brantôme ; il commence par la fusée et se termine par le bouquet... On en voit même qui mettent le feu à la localité, et il n'y a pas d'exemple qu'on ait jamais trouvé un seau d'eau pour Téteindre.

Lorsqu'ils rentrèrent à l'auberge du Grande Cerf, l'hôtelier leur remit une lettre à l'adresse du baron. Elle élait de l'honnête M. Bernardin, chez qui on avait promis d'aller dîner avec Vofficier de lanciers en semestre; elle ne contenait que ces huit mots mystérieux : — Ne venez pas dîner; je vous dirai pourquoi. Une seconde lettre adressée à Gaston était moins laconique ; elle était écrite par M. Pinchon, le père de cette demoiselle Agnès, avec laquelle il avait dansé le fameux quadrille des Oui, monsieur; non, monsieur. 11 lui disait : — « Monsieur, vous n'avez peutêtre pas saisi toute la portée de votre conduite de cette nuit, ou alors c'est nous sans doute qui nous trompons. Toute la société a remarqué vos assiduités près de notre fille, et la conversation animée que vous avez eue ensemble pendant la contredanse. Plusieurs de nos amis nous ont rapporté les propos très-bienveillants que . vous avez tenus sur les faibles qualités physiques et morales de notre Agnès, et on est allé jusqu'à affirmer que vous auriez dit que le but de votre voyage était une question trèslouable d'établissement. Quelque flattés que nous

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puissions être, raonsieur, d'une démarche qui nous honore, je me vois forcé de vous prier de cesser vos assiduités, ou bfen de nous déclarer franchement vos intentions... Notre fllle a vingt- quatre ans; nous avons jusqu'ici refusé les nombreux partis qui se sont présentés; elle est douée du caractère le plus facile, et je Tavoue, parce qu'ell en'a aucun mérite à être ce que la nature et l'éducation l'ont faite ; elle a été élevée au Sacré-Cœur, c'est vous dire qu'elle a les principes les plus solides en même ten>ps que les talents les plus agréables : elle chante et joue du piano; c'est une des meilleures élèves du professeur de notre ville ; elle aide sa respectable mère dans les soins du ménage ; elle saurait, au besoin, subvenir aux occupations de la cuisine et c'est toujours elle qui fait nos confitures. Ces détails, monsieur, que je ne crains pas de vous donner, parce qu'ils doivent intéresser un futur mari, ces détails sont un éloge, et, ave^ la franchise qui mç; distingue, je dois également vous déclarer sans feinte ses défauts, comme ses qualités. Agnès est beaucoup trop douce, et cette douceur la porte à obéir trop facilement à ceux avec qui elleyit; elle aime trop peu la toilette, et, tout en se montrant toujours d'une élégante simplicité, elle ne souffre pas qu'on fasse de grandes dépenses pour l'embellir: elle a le malheur de s'attacher très-vivement à ce qu'elle aime... Jusqu'ici, son père et sa mère seuls ont pu

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expérimenter ce défaut de son cœur. Ell6 est plus femme d'intérieur que femme du monde. Toutefois, elle suivrait, en ceci, les goûts de son mari. Quant à la dot, je croirais offenser votre délicatesse, si je vous disais que, peu considérable pour le présent, sa fortune pourra prendre un jour de grandes proportions. Son- oncle, riche tanneur de la localité, est aflecté -d'un catarrhe chronique; sa tante maternelle n*a qu'un enfant qu'on sait notoirement4)hthisique. Ce sont de belles espérances, et je ne crois pas devoir vous cacher que nous comptons sur leur réalisation. Voilà, monsieur, ce que ma prudence et ma dignité m'obligent à confier à votre délicatesse et j'attends votre réponse, en vous priant d'agréer l'assurance de ma sympathie et de naon dévouement distingué,

« Nestor Pinchon,

Ancien directeur d'assurances contre la grôle; membre de la société^philharmonique ; secrétaire du corniez agricole, et lieutenant des sapeurs-pompiers ; décoré de la médaille de sauvetage de ke classe. » —

« Post^Scriptum. — Mon voisin , M. Bernardin,*" m'ayant confié que votre respectable compagnon de voyage aimait les collections de roses, je m'empresse de vous informer que je serai charmé de lui montrer, ainsi qu'à vous , monsieur, une variété de coquelicots que je cultive dans mon jardin. Je suis visible de cinq heures du matin à dix heures du soir. »

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:îO« LE DIABLE BOITEUX

Gaston riail à gorge déployée, ne pouvant venir à bout de reprendre assez de respiration pour expliquer au baron le sujet de son hilarité, lorsque Thôtelier s'en vint, avec mystère, leur présenter sa note: — C'est bien malgré moi, messieurs*, leur dit-il. mais j'ai besoin de tout le monde ici, et si je vous gardais plus longtemps, je risquerais de perdre toute ma clientèle.

— De quoi s'agit-il donc? demanda le baron fort étonné.

— Dame ! monsieur, fit l'hôtelier en se grattant l'oreille, le bruit court que vous n'êtes pas étrangers aux avanies qui ont été faites au mariage dé Mt*« Rabichon; votre présence à l'académie CMiflrme les soupçons qu'on avait de votre (complicité avec M. Arthur Plumichet, On vous a vus parmi les charivariseurs ; on a entendu vos propos au bal, à la distribution des prix ; les trois médecins, qui voulaient panser la mariée, prétendent ijue vous vous êtes moqués d'eux; le tribunal a remarqué que vous avez ri pendant les plaidoyers ; la femme de monsieur le maire sait que vous l'avez qualifiée de drapeau tricolore \ madame la sous-préfète n'ignore pas que vous l'avez surnommée une enceinte continue; la présidente a eu vent de ce que vous l'aviez affichée comme portant le deuil de sa jeunesse; la femme du docteur est furieuse ; le professeur de piano ne parle de rien moins

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m PROVINCE 307

que de TOUS attaquer en diffamation, et M"« Elraire veut envoyer le surnuméraire, le premier clerc de notaire et le garde des eaux et forêts vous demander raison, pour avoir dit tout haut qu'elle serait un jour actrice; la maîtresse de pension ne comprend pas que vous vous soyez permis d'entrer, à sa distriimtion des prix, et le supérieur du collège ne vous pardonne pas d*être venus à sa porte , sans daigner la franchir, pour assister à la sienne.

— Ah çà ! dit le baron, quel étrange chapelet me défîlez-vous-là?... Est-ce que nous connaissons seulement tous les gens dont vous nous parlez, et quel intérêt voulez-vous que nous ayons à faire tout ce que vous venez de dire ?

— Que voulez-vous que j*y fasse, monsieur ? reprit rhôtelier ; c'est comme M. Grimouillet, TacMémicien, qui dit à qui veut l'entendre que c'est vous qui lui lui avez soustrait son manuscrit sur les savons de Marseille, pour le faire imprimer, sous votre nom, à Paris ; c'est encore le conseil municipal qui soutient que c'est à dessein que vous avez fait arriver M. Grasset ici, pour faire une farce, et mystifier la ville qui l'a pris pour son nouveau sous-préfet; on va même jusqu'à dire que vous n'êtes pas baron, et que vous pourriez bien être plutôt un chevalier... vous savez... Dame ! moi, je n'en crois rien ; mais ici, je dépends de tout le monde.,, et il faut vivre.

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En cet instant on vil eftlrer, tout essoufflé, T honnête M. Bernardin... Gomme à sa première visite du matin, il demanda n'importe quoi pour se remettre de SOT) émotion, et, après avoir avalé un immense verre d'^au sucrée, il s'écria :

— Ne Yenez pas dtnerl... il y aurait un malheur: Lodoiska prétend que c'est M. Gaston qui, après l'avoir beaucoup lorgnée au bal, a essayé d'escalader sa fenêtre, attendu que le jardinier, interrogé, a déclaré qu'il n'avait pas touché à la vigne depuis six mois... J'ai beau dire à ma femme que, sans doute, j'ai mal TU, elle soutient qu'un jour viendra où quelqu'un affirmera qu'on a aperçu un homme à sa fenêtre, et qu'ainsi du moins tout s'expliquera... Dame! que voulez-vous ? Lodoïska est à cheval sur les principes!...

La porte s'ouvrit de nouveau ; une grosse dame, que Gaston se rappela avoir vue à la distribution des prix , et que son voisin lui avait désignée comme ne pouvant se séparer de ses carlins, fit irruption dans la salle. Elle venait réclamer Azor, l'un de ses deux compagnons fidèles, qui avait disparu à la sortie du pensionnat. La rumeur publique accusait les étrangers de s'être emparés de cet intéressant quadrupède...^Le baron allait répondre, lorsque la porte se rouvrit pour la troisième fois : c'était le nouveau marié, M. Godart, venant s'informer si, par hasard.

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EN PKOVliNCK 309

ces messieurs n'auraient ^as trouvé, dans la salle du bal, un bracelet échappé du bras de la, mariée, au moment dii coup de pistolet,.. Sur la réponse négative , M. Godart répondit tout simplement ; — Ah I c'est drôle !... on dit pourtant... Et il sortit, sans saîuer.

Un gendarme entra et demanda à voir les p^ipiers de ces messieurs. Tandis qu'il les examinait avec le plus grand soin , on entendit tout à coup sonner la cloche d'alarme. * ,

— Qu'est-ce qu'on sonne ? demanda Thôtelier.

— C'est le tocsin I répondit le gendarme en s'éiançant vers la porte.

— Au feu! cria M. Pinchon, qui accourut, en sa qualité de lieutenant de pompiers, et qui envoya un salut de tout son casque à Gaston, le futur d'Agnès. Tout ce qui était là sortit en hurlant : — Au feu I

— Sauvons-nous ! dit le baron en riant; car, dans une heure, il sera prouvé que c'est nous qui avons mis le feu aux quatre coins de cette honorable cité I

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