‹ Le diable [microform]Chapitre 10 sur 182 · Eschyle, Prométhée enchaîné · texte numérisé non relu

Eschyle, Prométhée enchaîné

choses entre elles et que, vivant pour eux seuls et dans ce qui les touchait immédiatement, ils ne concevaient rien de commun, il serait illogique de leur prêter^ à ce moment, l'idée d'aucun principe de morale :

Nec commune bonum poterant spectare, nec uUis Moribus inter se scibant, nec legibus uti.

Quod cuiqiie obtulerat praîdiB fortuna, ferebat, Sponte sua sibi quisque valere et vivere doctus *.

Dans ce premier état et même durant une certaine période de l'évolution qui a suivi, les idées, ai-je dit plus haut, n'étaient encore que desimpies images des choses, une sorte de réfraction spectrale. C'est dans cette réfraction qu'il faut aller chercher l'origine de Dieu et du Diable, deux vrais spectres dans le principe, deux fétiches informes, sans contours arrêtés, changeant même souvent de rôle, suivant les fluctuations d'esprit du sujet, les dispositions du moment et les variations des miheux. Le soleil était, en Egypte, Osiris ou Typhon, un dieu ou un diable : Osiris dans la riche vallée du Nil, Typhon dans les sables brûlants du désert. Kotzebue raconte que les Kamtchadales adorent comme dieux les esprits auxquels ils s'adressent, quand ils croient leurs prières exaucées, et qu'ils leur disent des injures comme à des démons malfaisants ou impuissants, quand leurs affaires vont

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