‹ Le diable [microform]Chapitre 103 sur 182 · Ecclesi.v Remensis chronicon, anno 94S · texte numérisé non relu

Ecclesi.v Remensis chronicon, anno 94S

grand nombre, ajoute-t-il, l'efFet dévorant de ce feu se produisait dans une seule nuit ^ »

Une grande famine générale était venue, en 988, ajouter ses tribulations à celles du fléau gangreneux ^.

Le second millénaire s'ouvrit par la famine encore et encore par des épidémies. Du reste, de l'an 801 à l'an 1016, la peste ne désempara pas un seul instant en Europe, promenant ses ravages deçà et delà.

De 1028 à 1030^, autre famine horrible, dont le moine Raoul Glaber nous a laissé la description suivante :

« La famine, dit-il ^, désola l'univers, et le genre humain fut menacé de destruction. La température était devenue telle, que l'on ne put trouver un moment propice pour ensemencer les terres ni moissonner, à cause, surtout, des eaux dont les champs étaient inondés. On eût dit que les éléments furieux s'étaient déclaré la guerre, quand ils ne faisaient en réalité qu'obéir à la vengeance divine, qui punissait les déportements des hommes. Toute la terre fut à ce point noyée par des pluies continuelles, que, pendant trois ans, on ne trouva pas un sillon bon à ensemencer. Au temps de la récolte, les herbes parasites et l'ivraie couvraient toute la campagne. Le boisseau de grain, dans les terres où il avait le mieux profité, ne rendait qu'un sixième de sa mesure au moment de la moisson, et ce sixième en rapportait à peine une poignée. Ce fléau vengeur avait d'abord commencé en Orient. Après avoir ravagé la Grèce, il passa en Italie, se répandit dans les Gaules et n'épargna pas da-

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