Ms. 7026, ancien fonds latin. Biblinth. nationale
2. Voici les lermes mêmes de la consultation; ils caractérisent la science du moyen âge : « Dicamus igitui- qiiud l'e rrmota causa et primariaistiiis ppstilenliae fuit et est aliqua conaiellalio cœlestis. Anno Domini MCCCXLV fait maxima conjunct^o trium planetarum summorum, prœcipue XX die mensis Miirtii, in Aqnario, prima liora post méridien) : quse quidem conjiinctio, cum aliquihus conjiinctionibus et eclipsibus cori'uptionis pernecabilis ipsius aeris nos circumdantis causa existons, mortalitatem et famem n cnon el alla mulia signât, de quibus, quia ad nostrum non spectat propositum, tncemus, quod autem ila sit testalur Aristoteles .. Et Alberius de Colnnia, libro suo de causis proprietatum elementonim.tr. 2, cap. i, dicit quod conjunclio duarnm stellarum, scilicet Martis et Jovis, induxerit magnam pestilentiam in aère... »
Je dois faii'e observer, pour l'excuse de notre faculté de médecine de l'an 134S, qu'elle n'était pas seule à. nourrir de ces idées ; la plupart des savanis du moyen-Uge les partageaient, sans en excepter le plus grand et le plus justement célèbre d'entre eux, Roger Bacon. La biblioihèque de 910 volumes du roi Cliarles V dit le Sage ou le savant (sapinns), la plus con-^idérable de l'époque, se composait on majeure partie de livres d'astrologie.
d'Aristpte et d'Albert-le -Grand de nos docteurs parisiens ne paraît pas avoir convaincu, préféra y voir le doigt de Dieu, et il accusa les hérétiques, les sorciers et les juifs d'avoir attiré le flr'au par leur impiété. Le roi Philippe de Valois avait le premier donné l'exemple de cette façon, toute biblique et rigoureusement orthodoxe, du reste, d'expliquer les événements de ce monde, en ordonnant que les blasphémateurs auraient d'abord une lèvre coupée, puis Tautre, et enfin la langue. Le menu peuple, lui, se rua sur les juifs, dont on fît un horrible massacre. Dans ce temps-là, le grec était peu étudié, et l'on n'avait pas encore trouvé le mot ingénieux de « sémitophobie », que ' l'érudition allemande a mis depuis à la mode ensemble avec la chose ; mais la haine de l'Hébreu n'en était pas moins vive. Ce que nous appelons poliment la famille ou même la nation Israélite, nos pères avaient, pour le désigner, des expressions moins savantes :
Après co vint une merdaille, Faiisse, traître et renoye, Ce fut Judée lîi honiue, La mauvaise, la desloyal, Qui bien hait et aiiiiet ut mal, Qui tant donna d'oi- et d'argent Et promist à clireslieime gent, Que puis, rivières et font-iinnes En plusieurs lieux pmpoissounèrent, Dont plui^ieurs leur vie finèrent, Car trestuit cils qui en usoient Assés soudainement mouroient ',
Les lépreux ou ladres, dont la maladie avait jusque-là inspiré plutôt de la pitié, devinrent euxmêmes suspects. On les accusa de s'entendre, eux aussi, avec le Diable -pour empoisonner les fontaines, et l'on en brûla plusieurs.