‹ Le diable [microform]Chapitre 112 sur 182 · Greg-. Hpist. 49, tib · texte numérisé non relu

Greg-. Hpist. 49, tib

» par ambition. Parmi les princes séculiers, je n'en . )) connais pas qui préfèrent la gloire de Dieu à la leur, » et la justice à leur intérêt. Ceux au milieu des- » quels je vis, Romains, Lombards et Normands, » sont pires que les païens et les juifs. »

Un prince de TËglise, cité par RoskofF, ^ dit, de son côté : « L'Allemagne entière est pleine de brigandages ; parmi les nobles, on est d'autant plus renommé qu'on est plus brigand. »

Cette sombre peinture n'a rien d'exagéré. Un fait le prouve surabondamment, c'est que, dans le cours de ce même XP' siècle, ainsi que le fait observer M. Frédéric Morin, un démocrate catholique, on ne trouve pas une famille importante, royale, ducale, suzeraine à un titre quelconque, qui n'offre sur trois générations un assassin ou un empoisonneur, sans compter, bien entendu, les brigandages, adultères, spoliations, cruautés épouvantables, guerres de frères à frères^ de fils à pères, parlesquelles on s'entretenait la main, ^ Et quatre siècles plus tard la situation n'avait pas changé ; c'était toujours la même brutalité féroce, le même désordre moral, la même confusion, le môme trouble dans les idées, dans les principes les plus élémentaires dç tout ordre social. Froissart est, certes, un conteur charmant, en qui le lecteur trouve bien, en effet, selon la promesse de la préface, « ébatement et plaisance ; » mais, au fond, « le sens et entendement vertueux, » qu'il «a requis au Sauveur de tout le monde créer et mettre en son esprit » lui fait aussi complètement défaut qu'aux rhapsodes et chroniqueurs qui l'ont précédé. On s'aperçoit vite, en le lisant, que la morale sociale n'a pas avancé d'un pas depuis l'époque où

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