‹ Le diable [microform]Chapitre 113 sur 182 · Fz-éd. Morin, La France au moyen âge, p. 2G · texte numérisé non relu

Fz-éd. Morin, La France au moyen âge, p. 2G

les moines de Maillezais faisaient une sainte de la fondatrice de leur couvent, la comtesse Emmeline.

Un religieux du nom de Pierre raconte que cette dévote personne, ayja,nt appris une infidélitc; de son mari avec la comtesse de Thouars, résolut de se venger ; que, interrompant une œuvre pie alors en train, la construction du couvent mentionné, elle se porta avec sa nombreuse suite, d'écuyers et dopages vers le château de sa rivale, et que, l'ayant surprise elle-même au coin d'un bois, dans la plaine de Talmont, elle la renversa de cheval, l'accabla d'outrages, ei la livra toute la nuit à la lubricité de chacun de ses gens. Pensant bien, la chaste épouse ! que son mari ne lui pardonnerait pas cette violence, elle se retira ensuite à Chinon, qui lui appartenait. L'aimable couplesefit une guerre acharnée pendant deux ans. A la fin, ajoute le chroniqueur, de bo7is religieux dlV&TQwi trouver le comte, à qui ils reprochèrent de se courroucer trop fort « pour une faute légère, » et raccommodèrent heureusement l'honnête ménage *. Ceci se passait à la fin du X® siècle. A côté de l'indulgence casuistique des « bons religieux» que l'on mette celle de Froissart racontant les meurtres, viols et brigandages d'un bascotdeMauléon, d'un Robert NnoUes^ d'un Galveriy, d'un Regnault de Gervole, d'un Rufm, d'un Seguin de Batefol, et de tous ces Tard-Venus, Allemands, Brabançons,- Flamands, Bretons, Gascons, Anglais et BVançais, qui, à la tête de ce qu'on a appelé les Grandes Compagnies, désolèrent si longtemps le pauvre pays de France, et l'on reconnaîtra que, au moral comme pour le reste, l'état social n'avait guère bougé iians le cours de ces quatre cents ans.

Voici, du reste, un fait qui montre bien que duX*

Page 1