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2. Du nom de leur réforaiafeur Paul, hérésiarque du VIII" siècle.
dieux et des hommes, odio humanigenens convictos \ Si la haï ne du genre humain avait pu, dès le premier siècle, passer pour le résumé de leur doctrine ^ ; si l'idée que Satan était le roi de ce monde avait déjà, en ce moment, pris racine chez eux, comme M. Renan le fiiit observer ^ que de graves motifs ne s'étaientils point accumulés, dans l'espace de deux cents ans, pour exasp-crer cette haine et confirmer cette idée ? Aussi ce que j'appellerais le purisme religieux afTectait-il de plus en plus le ton de souverain mépris de la matière, ce qui devait conduire les logiciens de profession au mépris des lois de la création et de leur auteur. L'orthodoxie, qui, pour conquérir la terre et iustifier son titre de catholique, selon les espérances de la tradition juive, devenue la sienne, devait rester une doctfine sociale, avait jugé prudentde distinguer, dans l'enseignement évangélique, des préceptes et des conseils ; mais les logiciens que je viens de dire n'admettaient pas cette subtile distinction. Ils n'établissaient point, eux, des catégories d'élus. L'idéal de la vie chrétienne, le monachisme, était à leurs yeux la rèo'le. 11 n'y avait de salut possible que d'une seule manière, par le renoncement absolu à un monde infecté du virus satanique, œuvre lui-même de Satan. En affirmant, en consi'quence, un double principe des choses, Manès ne fit guère que donner une forme plus définie à des idées qui, après avoir été, au fond, celles des premiers disciples du Christ, avaient déjà pris, du re.-te, dans les doctrine.^ de Ménandi-e, de Salurnii);, de Basilide, de Bardesane, de Carj^ocrate, des Encratites, mais surtout de Gerdon, de Marcion et de Montan, les proportions d'un corps de doctrine.