‹ Le diable [microform]Chapitre 129 sur 182 · Coiic. Carth. an · texte numérisé non relu

Coiic. Carth. an

lui ; l'évêquë, c'était lui seul, car lui seul était maintenant le pape. « A partir du treizième siècle, jusqu'à la Réforme, dit un auteur allemand, il n'a pas été appliqué à la torture ou conduit au bûcher un seul individu, qui ne l'ait été au nom du pontife de Rome et par délégation générale ou spéciale de son autorité K » Ce jugement, qui a l'air d'être sévère, est de la plus rigoureuse exactitude, entendu de la torture et du bûcher employés contre l'hérésie et la sorcellerie diabolique. C'est à l'Église romaine, telle que l'ont faite les Grégoire VII, les Innocent III, les Grégoire IX et autres, que revient, en effet, la responsabilité de'cette longue et épaisse traînée de sang laissée derrière eux par les tribunaux d'inquisition ; c'est elle qui est responsable <( en esprit et en vérité, » — in spiritu et veritate, — de la législation des sociétés chrétiennes touchant les hérétiques et les sorciers. Grâce à elle, grâce à l'effroyable milice monacale crééeet organisée pour l'exécution des hautes œuvres de la papauté, le bon Jésus de l'Évangile, qui a pu dire de lui-même, sans soulever de protestation : «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur - ; » le Christ à qui l'évangéliste appliquait ces paroles réputées prophétiques d'Isaïe : u II ne brisera point le roseau déjà cassé et n'achèvera pas d'éteindre la mèche qui fume encore '^, » est devenu le hideux Moloch que saint Dominique, dans son extase de Téglise saint Pierre de Rome, vit se lever de la droite du Père l'œil enflammé de courroux, brandissant contre le monde trois épées avec lesquelles il abattait des têtes, éventrait et pourfendait tout devant lui.

Il n'est pas rare d'entendre répéter aujourd'hui

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