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par les théologiens des deux ordres ecclésiastique et laïque, plus souvent même par les plaisants politiques de ce dernier ordre, que les exécutions du bras séculier ne regardent pas l'Église, qui, du reste, s'en lave les mains, comme Pilate eut le front de se les laver, lui aussi, delà mort de Jésus. On avait plus de pudeur que cela, sous Louis XIV, en un siècle où la foi était autrement sincère que dans le nôtre : « Quanâ le pape Innocent III, dit l'abbé Fleury * , écrivait au roi Philippe-Auguste d'employer ses armes contre les Albigeois, et qnand il faisait prêcher en France la croisade contre eux, était-ce rejeter les exécutions sanglantes?... Reconnaissons de bonne foi que Grégoire VII et Innocent III, — sans parler de leurs successeurs, — ont poussé trop loin leur autorité et l'ont rendue odieuse à force de l'étendre ; et ne prétendons pas soutenir des excès dont nous voyons les causes et les funestes effets... De tous les changements de discipline, il n'y en a pas, du reste, qui aient plus décrié l'Eglise que la rigueur exercée contre les hérétiques et les autres excommuniés. » Gomme l'honnête abbé ne peut vouloir entendre par cette rigueur que les exécutions sanglantes auxquelles il fait allusion, c'est bien, dans son esprit, à la papauté et à l'Église elle-même qu'en revient en définitive la responsabilité. Il eût fait beau, en effet, voir le bras séculier résister aux injonctions menaçantes de l'autorité ecclésiastique, et refuser d'appliquer aux dissidents « la peine qu'il appartient, » comme s'exprimaient les papes et les conciles avec une si odieuse hypocrisie, pour ne pas dire la mort. La pénitence ignominieuse à laquelle ne craignit pas de se soumettre, à Saint-Gilles, le lâche Raymond VI, pour sauver sa couronne ; celle de son fils, non moins igno-