Hist. eccl., t. XVI, Quatrième discours
minieuse, à la porte de l'église Notre-Dame de Paris» l'une et l'autre de -ces humiliations abjectes, où, comme dit un contemporain, c'était pitié de voir mener la corde au cou et fouetter de si puissants princes ; les luttes désespérées qu'ils eurent à soutenir malgré cela, et qui aboutirent finalement à la ruine de leur maison ; les honneurs de la sépulture refusés au cadavre du père, qu'on enfouit, comme un vil criminel, dans sa propre capitale, en un coin obscur du cimetière de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem; ces seuls faits pourraient suffire, à défaut des mille autres de même genre conservés dans l'histoire, pour déterminer le degré de responsabilité de la puissance temporelle dans la rigueur exercée contre les hérétiques. Cette responsabilité ne fut réellement que celle du bourreau dans l'exécution des jugements de cour d'assises.
Je citerai un exemple plus caractéristique encore que ceux qui précèdent de l'impuissance réelle où se trouvait le prince de faire ici autrement que n'exigeait l'Eglise. On sait ce que fut l'empereur Frédéric II, que ses démêlés avec la papauté ont rendu célèbre. Dante, qui pourtant l'estimait grand roi,
... Signor che fu éConor si degno,
l'a placé dans son Enfer parmi les mécréants, à côté du cardinal Ubaldini. Si la foi est une condition indispensable du salut, personne ne méritait moins le ciel que ce roi, et le grand poète gibelin, qui, tout en faisant du pape le premier des démons , Satan Aleppe^, n'en demeura pas moins très catholique, a eu raison, à son point de vue, de le mettre où il l'a mis :