Isaïe, XLV
mun. Il est créateur en ce sens qu'il détermine clans chaque être la raison de ce qu'il est et que sans lui rien n'a de vie. Mais il n'a pas fait le mal, lui ; si l'homme est méchant, s'il est laid et malheureux, c'est parce qu'il a violé sa propre loi. La souffrance et le mal sont l'œuvre de l'ignorance ou de la folie humaine ; il n'y a pas de mal j^hysique pour le stoïcien : Si fractus illabatur orhïs, impavichim ferlent ruinœ \ Le Tout-Puissant, sans épithète, est sémite ; le « bon » Dieu est aryen. Le premier est tout à la fois dieu et démon ; le second, élevé à sa plus haute puissance dans le Jupiter grec de l'époque philosophique, répond h un degré supérieur et plus avancé de l'évolution de l'esprit, puisqu'il résulte du décollement de la sensation et de la pensée originairement agglutinés ; il n'est que dieu. Le Jéhovah du Pentateuque hébraïque est un dieu agglutinatif, comme l'est encore, au fond, quoique dans des conditions .plus subtiles, le dieu / des doctrines théologiques de la prédestination et delà grâce. C'est, assurément, plus qu'un fétiche. Le fétiche, en effet, n'a, à proprement parler, rien de divin ; il appartient à cette période de transition de l'animal à l'homme qui précéda la conscience et durant laquelle le précurseur humain, resserré dans les étroites limites d'un cercle d'intérêts et d'idées sans horizon, vivait au jour le jour, ne re-