‹ Le diable [microform]Chapitre 15 sur 182 · Horace, Od. 3, v. 6 et · texte numérisé non relu

Horace, Od. 3, v. 6 et

liant rien à rien, ne soupçonnant aucun rapport d'effet à cause, aucune subordination sérielle quelconque^ aucun lien qui rattachât quoi que ce fût à une force plus ou moins générale. Sa vertu est de celles du Grimoire, une vertu magique, quelque chose d'analogue à l'efficacité supposée des formules cabalistiques et des recettes médicales de bonne femme. Jéhovah est certes davantage; il vit d'une vie propre, il commande à quelque chose dans la nature, et même a-t-il fini par en accaparer petit h petit toutes les forces, et du j)lus puissant des dieux qu'il était est-il devenu le Tout-Puissant et seul Puissant. Mais, si les Eloliim elles Baalim qu'il a vaincus ou supplantés, Baal Molocli, Baal-Berit, Baal-IIamman, Baal-Khon, Baal-Gad, Baal-Iton, Baal-Peor, Baal-Ram, Baal-Samin, Baal-Tliamar, Baal-Zebub, Baal-Zedek, Camosch, Marna, Dagon, Adrammelekli, Milcom, Aschtaroth, etc., sont restés des démons, on ne peut pas dire que, en s'élevant h la plus haute puissance dans le même ordre, il se soit transformé au point de ne plus rien avoir du démon lui-même. Le démon est une puissance bonne ou mauvaise, souvent l'un et l'autre à la fois; mais c'est une puissance qui vit hors de nous, au-dessus ou à côté, un terme d'opposition, quelque chose, par conséquent^ daus le principe, de contraire et d'adverse qu'il faut ménager, se conciher et apaiser, si l'on est le plus faible ; que l'on

méprise, quand on ne le craint plus, comme c'est déjà arrivé pour bien des dieux de ce genre et comme cela arrivera encore pour beaucoup d'autres. Au démon les sacrifices propitiatoires, les offrandes et les prières de la peur, les génuflexions serviles, toutes pratiques qui ont été longtemps les pratiques fondamentales du culte de Jéliovah. L'ancienne loi, de l'aveu des théologiens, était la loi de crainte; c'est ainsi qu'on la qualifie toujours, dans nos églises, par opposition à la loi nouvelle, dite loi d'amour. Le dieu de la Bible est un dieu terrible, terribilis super omnes deos\ La crainte de Jéliovali, disent les Proverbes, est le principe de la sagesse ; c'en est aussi la gloire, la couronne et la joie ^ Elle est une source et un entretien de la vie '^ car elle prolonge les jours ''. Dans la crainte de Jéliovah se résume toute la religion : timor Domini scie'ntiœ religiositas ".

11 serait téméraire et injuste, je le reconnais, de dire que le dieu de la Bible n'est pas un dieu moral. Si, le principe démoniaque est au fond de ses actes, si ce senties caractères du démon qui prévalent dans l'ensemble de sa physionomie, il n'en

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