‹ Le diable [microform]Chapitre 144 sur 182 · Uist. ccdiis., l. XIX, p · texte numérisé non relu

Uist. ccdiis., l. XIX, p

» les conditions. La religion possède les préservatifs » contre ces dangers et les remèdes contre de si » grands maux. » Nous verrons ultérieurement que le remède auquel il est fait ici allusion n'est autre que le recours aux sacrements de l'Église, qui sont, au dire d'un théologien laïque, M. le chevalier Gougenot des Mousseaux, le seul contre-poids efficace aux opérations de la magie, qualifiées par lai de « sacrements du Diable ^ »

Venant de si haut, du pape et du roi, l'exemple eut des conséquences épouvantables. Il n'y eut plus un désastre public^ une épidémie, un mal quelconque dont le Diable ne fût l'auteur et qu^)n n'attribuât à quelque maléfice. Les hérétiques, dont on avait brûlé ou exterminé des masses, n'étant plus là pour en répondre ou s'étant dispersés, la terreur persistante imagina d'autres suspects. Voici de quelle façon les. docteurs catholiques de nos jours racontent les faits : « Les charmeurs, dit l'abbé Lecanu, ne furent pas » les seuls à agiter le triste règne de Philippe-le- » Long ; les juifs et les lépreux joignirent leurs » efforts à ceux des sorciers et composèrent des ma- )) léfices plus dangereux encore ; ils méditèrent des » empoisonnements universels. Les juifs en conw curent la pensée ; les lépreux, misérables parias » rejetés de la société, se prêtèrent à l'accomplis- » sèment de leurs desseins. En 1320 et 1321, dans )) beaucoup de lieux, notamment dans le Languedoc, » on aperçut au fond des puits et dans les fontaines )) de petits paquets de substances inconnues attachés )) à une pierre qui servait à les retenir sous l'eau, )) De graves maladies n'ayant pas tardé à se mani- )) fester, quelle qu'en fût la cause, la justice com- » mença des informations, qui furent suivies d'un

Page 1