V. sur ce canon le ch. II du livre II
invoqué la grâce du Tout-Puissant, » s'est mis résolument à l'œuvre. Dans le corps du livre, il a, du reste, soin d'ajouter, pour tenir les fidèles en garde contre les prédicateurs de l'espèce d'Edelin, que, « dans la secte ou synagogue des sorciers, il se trouve jusqu'à des prêtres, et même des moines ». Le Diable est bien le père du mensonge ; l'Évangile l'affirme expressément \ et Jaquier ne voudrait certes pas y contredire. Mais il ment quand il parle contrairement à la foi, et il dit la vérité, contraint qu'il y est par la toute-puissance de Dieu, quand il parle comme l'Église. Cette merveilleuse distinction, qui a été la base de tous les jugements de cour en matière de sorcellerie démoniaque, se présentait, au reste, d'elle-même, et si une chose doit étonner, c'est que Nider ne l'ait pas faite le premier. Si, en effet, le témoignage du Diable parlant par là bouche des sorcières ne devait pas être tenu pour vrai en la circonstance, que servirait-il d'interroger pour obtenir des ave.ux, de torturer pour faire dénoncer des complices? L'œuvre d'inquisition, on le voit, et Jaquier en fait lui-môme la remarque, ■ serait vaine et stérile sans cette distinction. Le principe posé et admis, un malheureux, ainsi accusé de complicité dans quelque maléfice, songe-t-il à se défendre en invoquant les textes évangéliques où le Diable est expressément déclaré le père du mensonge, il est tenu de prouver que, en ce qui le concerne, Dieu n'a pu permettre que le Diable dît vrai. S'il ne fait cette preuve. Jaquier et tous ceux qui ont suivi estiment qu'il n'y a lieu de tenir aucun compte de sa protestation.
Il est fait mention, dans le livre précité, d'un signe auquel on reconnaît les sorciers, signe indélébile, imprimé par le Diable lui-môme sur telle ou telle partie