‹ Le diable [microform]Chapitre 2 sur 182 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

le nombre de ceux qu'a tués moralement la contagion démoniaque, — possédés, convulsionnaires, affolés et assotis, — on aura, au livre de compte de la Thaumaturgie, colonne démonomagiq^ae, un ensemble d'opérations fort respectable. Or, quand on considère que les autorités religieuses les plus en renom, laïques et autres, passant, dans leur saut en arrière, par-dessus le grand siècle des Bossuet et des Pascal, n'hésitent pas aujourd'hui, à la suite du Syllabus et de l'Encyclique Quanta cura, à tenir pour la grande époque chrétienne le temps où se pratiquaient ces auto-da-fé ou « actes de foi » ; quand on entend, comme tout récemment encore, du haut de la chaire de Notre- Dame de Paris, en présence d'un cardinal de l'Église romaine, évoque d'un des premiers sièges catholiques du monde, et aux applaudissements d'une société choisie d'aspirants au pouvoir, des paroles oii le regret de ce temps s'affirme sans détour, j'oserai môme dire sans pudeur, on est quelque peu en droit de mettre l'opinion en garde contre des séductions toujours possible et de lui rappeler ce qu'a bien été réellement le passé dont on voudrait faire revivre la tradition.

Je suis loin de prétendre, néanmoins, avoir épuise un sujet qui^ à lui seul, a fourni la matière de bibliothèques ; je crains même qu'on ne le trouve trop légèrement effleuré ici. Il est certain que, rien c^ue sur la personne du Diable, j'aurais pu écrire des livres. Quant au personnel, je n'en ai esquissé l'histoire, dans ce premier volume, que jusqu'à la Réforme, me réservant de la continuer jusqu'à l'époque actuelle, si l'accueil qui sera fait à ce travail d'introduction m'y encourage.

On me reprochera peut-être de n'avoir pas toujours

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