‹ Le diable [microform]Chapitre 21 sur 182 · Math · texte numérisé non relu

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tervenir, pour sa consécration et le découragement de nos efforts, une volonté providentielle. On ne comprendra jamais, d'ailleurs, que la faiblesse native, la pauvreté constitutionnelle, le rachitismede l'enfant, qui, par l'effet d'une réaction naturelle d'un autre ordre, sont pour lesparents un motif de préférence compensatoire, deviennent pour ce prétendu père un motif, au contraire, d'éternelle réprobation. Il n'y a même pas à invoquer ici l'excuse qu'auraient pu présenter les sauvages Spartiates, eux qui précipitaient dans leur gouffre de l'Apotliètes les enfants qui naissaient avec des vices de conformation; car, s'ils eussent pu les faire autrement, comme c'était facile à une volonté toutepuissante, ils auraient été heureux, j'imagine, de s'épargner un acte de férocité contre nature.

Qu'on explique ces horreurs par la loi de la sélectionnaturelle, maraison humiliée est condamnée à le subir ; mais que, au lieu de faire dépendre cette loi de la fatalité évolutionnelle, comme je le dis dans le corps de mon livre, on en fasse, sous le nom de grâce efficace et de prédestination, une mesure policière de volonté libre, et que cette mesure ose même s'imposer à mon respect comme acte de souveraine bonté paternelle, c'est ce que ma religion repousse de toutes ses forces. A ce compte, en effet, Dieu serait le mal, le Diable et Lui ne feraient

qu'un ! Cette conclusion impie, ce n'est pas nous qui aurions osé la tirer ; elle ressort de l'enseignement orthodoxe comme le fruit se développe de la Heur, Dieu étant de la sorte son propre Satan à lui-même et le Satan de sa création !

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