Le Diable existe-t-il, cf. gue fait-il ? p. lll
2. Mœurs et pra^îV/?;e? des démons, Iiilrod. p. x, ouvrage très fortement i-ecominaadâ p;ir le cardinal Matli:«u, ai'chovôrjue de Besançon, et par le P. Ycnliu-a, eximiiialciii' des évoques et du clerg'é romain, consulteur de la sacrée Gong-régalion des rites^ etc.
qui le confirment: « Si le Fils de Dieu est venu, dit l'apôtre S. Jean', c'a été pour détraire l'œuvre du Diable. »
Nous mous sommes donc exprimé très correctement, en termes tout à fait orthodoxes, quand nous avons dit que le Diable devait ôtre tenu pour la raison qui a déterminé l'œuvre Chrétienne. Aussi Luther, Calvin, Melanchton, Erasme lui-même '^ réformateurs convaincus et philosophes semi-chrétiens, croyaient-ils au Diable conscient et personnel, comme y croit le Pape, comme y ont cru les Apôtres et comme y croient toutes les églises, sans en excepter celle de l'ex-Père Hyacinte, aujourd'hui l'honnête père Loyson. L'Evangile, ainsi que nous venons de le voir, et la tradition apostolique ont consacré cette doctrine, et l'on ne peut ôtre chrétien à aucun degré, sil'on n'y plie le reste de raison que peut laisser la foi. La tentation de Jésus dans le désert et l'offre que lui fait le Diable de tous les royaumes de la terre pour une adoration ne sont desimpies images que pour des peintres comme A.ry Scheffer et des critiques rationalistes comme son gendre, M. Ernest Renan ^ ; le croyant est tenu d'y voir autre chose qu'un symbole, sous peine d'encourir l'anathème. Ce n'étaient pas ■ non plus des entités métaphysiques, des êtres purement imaginaires, que les sept démons dont le même Jésus débarrassa Madeleine, ceux qu'il tirait à chaque instant des corps des possédés qu'on lui amenait,
(2) François do Bdlet'orost, l'un dos compilaLeiu's des Ili.-itoii-es prodir/umsvs, raconlo que, en iriiil, la ville de Schiltacii, à quelques lieues de Fi'iboui'^' en j-îi'isg'au, l'ut incendiée par le Diaiile, qui se servil, pour cela, do l'inlcrniédiaire d'une l'emme, sa maîtresse depuis quatorze ans. I']l ce récil, il dit Favoii' tiré des épitros d'Erasme, le pliilosoplio sceptique que l'on sait.
(■■i) Ul tentation du Christ, dans les Etudes d'histoire rcti(jicv.s:' , p. 421,
comme à Gapharnaûm, ni les milliers d'autres que, d'une seule parole, à Gadara, il fit passer du corps d'un fou furieux dans le ventre d'un troupeau de porcs. Prétendre etïVontément, comme l'ont rêvé, suivant la dédaigneuse expression du théologien bordelais précité, de modernes romanciers de religion et de philosophie^, que le Diable n'est qu'une simple personnification alli^gorique du mal, de même que la Muse est la personnification delà poésie ou de l'histoire, c'est, d'après le même docteur, tout simplement déraisonner * Disons vite, comme entre parenthèse, que, pour saisir le sens qu'a ici ce gros mot, il faut s'être bien pénétré d'abord d'une' chose, qui est la base de toute l'argumentation théologique, à savoir que, dans les cas de conflit entre la foi et la raison, c'est celle-ci qui à ji!?Hon a toujours tort: ou appelle cela « concilier la science avec la religion! »
Les démons sont donc des êtres très réels, aux yeux de tout vrai chrétien évangélique et apostolique, qu'il soit catholique romain ou protestimt. Je n'ai dons pas été peu surpris de lire dans une émouvante petite histoire de sorcellerie de M. le D^ Quirin, un honnête pasteur d'Alsace, des choses comme celles-ci touchant la croyance au Diable personnel: « Il serait grand temps de rompre d'une manière définitive avec ces horribles dogmes du moyen âge, vides de sentiment comme d'esprit, dont nos grands réformateurs, enfants de leur siècle, ont transmis à notre Eglise le triste héritage et qu'ils seraient certainement aujourd'hui les premiers à rejeter comme de vieilles friperies indignes du nom chrétien ^. » Ce qui m'étonne davantage encore, c'est de retrouver la môme protestation dans une feuille évangélique de Strasbourg, le