‹ Le diable [microform]Chapitre 30 sur 182 · Isaïe, XIV, 13, t-i · texte numérisé non relu

Isaïe, XIV, 13, t-i

place dans le ciel. Et ce grand Dragon, l'ancien serpent, qui estappelé le Diable etSatan, lui, le séducteur, fut précipité sur la terre, et ses anges avec lui. » Une des plus célèbres visionnaires dont se glorifie le Christianisme, sainte Hildegarde, qui avait reçu, diton, l'intelligence des livres saints, a illustré d'un commentaire Je récit apocalyptique. Dans un livre écrit sous sa dictée, intitulé Scivias, et qui a eu l'approbation de saint Bernard et celle du pape Eugène III, elle complète en ces termes la vision de St Jean: (( Depuis ce moment toutes les étoiles de l'armée du Grand Dragon, jusque-là baignées dans des flots de lumière et entièrement éteintes aujourd'hui, ressemblent à de noirs charbons calcinés par le feu. Un vent violent, sorti de leurs profondeurs mêmes, les précipita vers le nord, à l'opposé du Trône, et dans de tels abîmeS;, que personne n'a plus su où elles avaient disparu. » La sainte, non plus que TApocalypse, n'a voulu présenter une image; elle a vu les masses lumineuses énormes des constellations boréales du Dragon, de la Grande et de la Petite Ourse^ de la tête du Lynx, d'une partie de la Chèvre, de la Girafe, de Persée, de Géphée et de Cassiopée, dont la moindre est un million quatre cent mille fois plus grande que le chétif grain de poussière qui nous porte, se précipiter avec le fracas de myriades de milliards de tonnerres les unes contre les autres, embrasant l'immensité céleste de leur feu acharné. Elle a yù. toute larégion circumpolaire, plusieurs milliers de mondes, tomber sous les coups de la puisante armée du Très- Haut arrivant des champs de l'Écliptique, s'effondrer et s'abattre sur le- grain dépoussière que je viens de dire, y creuser un trou et s'abîmer dans un puits, d'où l'apôtre saint Jean dit qu'il sortait une fumée épaisse comme d'une fournaise ardente. Elle a vu la queue du Dragon entraîner /a tierce partie des étoiles. Oui

elle a VU tout cela, la sainte fille! comme l'avait vu Saint Jean ^ et comme l'ont entrevu sans doute des visionnaires privilégiés du temps présent qui ne craignent pas d'en faire une réalité. Il existe une petite Histoire de Sataji, par M. Clément d'Elbhe, un pieux catholique contemporain, où on lit ces paroles: « Il peut être intéressant de remarquer ici que l'astronomie moderne évalue à un tiers environ la lacune sidérale dans laquelle elle cherche aussi le tiers de ses étoiles perdues. » Puis vient une citation de M. de Mirville, un célèbre spirite et démonographe catholique également, qui se demande si ce n'est pas de cette grande bataille astrale que date la conflagration terrestre constatée, dit-il, par nos géologues !

Quant au puits de l'abîme, à l'intérieur de notre planète, où auraient été précipités les grands vaincus de la lutte, et d'où l'apôtre saint Jean vit sortir une si épaisse fumée, nous savons que, durant bien des siècles, les docteurs et les théologiens chrétiens y ont cru à peu près tous comme à quelque chose de réel, el que le nombre est encore considérable de ceux qui mettent là l'enfer des réprouvés.

Un des plus infatigables vulgarisateurs deladogmatique chrétienne, M. deSégur, que le pape Pie IX, dans un bref du 2 mars 1876, qualifiait de héraut de l'Evangile, est de cet avis, qu'il considère comme ce qu'il y a de plus probable, sinon tout à fait comme de foi:

« Sans nous marquer rien d'absolument précis » sur ce point, la révélation chrétienne et l'enseigne- » ment catholique, dit-il, s'accordent à nous montrer » les abîmes brûlants du feu central de la terre comme » le lieu où seront précipités, après la résurrection, » les corps des réprouvés. C'est ainsi que le célèbre » Catéchisme du Concile de Trente nous dit en toutes » lettres que l'enfer est « au centre de la terre, in

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