‹ Le diable [microform]Chapitre 31 sur 182 · Apocalypse, Chap. XII · texte numérisé non relu

Apocalypse, Chap. XII

» medio terrm. C'est également l'enseignement formel » de saint Thomas, lequel, cependant, ne le présente » non plus que comme le sentiment le plus probable. » Quoique personne, dit-il, ne connaisse d'une ma-" » niôre certaine où est l'enfer, à moins de l'avoir » appris directement de l'Esprit-Saint, on a raison » de croire qu'il est sous terre. D'abord, parce que son » nom même semble l'indiquer: infernus^ « enfer, » » veut dire ce qui est au-dessous, un lieu inférieur » par rapport à la terre. Ensuite, dans l'Écriture, les I) réprouvés sont dits être sous la terre, subtus terram. En outre, il est dit dans TÉvangile même ') et dans les Épîtres de saint Paul que le vendredi saint la sainte âme de Notre-Seigneur, momen- ) tanément séparée de son corps, descendit dans le ) cœur de la terre, m coi^de terrse^ et dans les lieux

> inférieurs de la terre, in inferiores partes terrx.

> Or, nous savons qu'elle alla porter la nouvelle ) de la rédemption et du salut aux justes de l'an- ) cienne loi qui, depuis le commencement du monde,

> avaient cru en lui et l'attendaient, pleins d'espé-

> rance et d'amour, dans la paix des limbes; nous ' savons que cette sainte âme alla rafraîchir et

délivrer les âmes qui étaient alors en Purgatoire et achevaient d'y expier leurs fautes; enfin, qu'elle » descendit jusque dans les enfers, descendit ad » i?iferos, pour y manifester à Satan^ à tous les » démons et à tous les réprouvés, sa divinité et son » triomphe sur le péché, la chair et le monde. Or, » de tout cela ne ressort-il pas, si ce n'est avec évi- » dence, du moins avec une très grande force, que » le lieu de l'enfer est et sera le centre de la terre, » que tous les géologues nous présentent d'ailleurs » comme un immense océan de feu^ de soufre et de » bitume en fusion, et comme quelque chose de si >) épouvantable et tout ensemble si puissant, que rien

)> ne saurait nous en donner une idée en cette vie ^ » Notre héraut évangélique, prévoyant une objection qui accourt d'elle-même, faithabilement observer que, bien que ce feu central géologique soit un feu naturel, « il est surnaturalisé par la toute-puissance de lajus- » tice divine, afin de produire tous les effets que ré- » clame cette adorable et terrible justice; entre autres, » afin d'atteindre et de pénétrer les esprits aussi bien » que les corps, de ne point consumer les corps des » réprouvés, mais de les conserver, au contraire, se- » Ion cette terrible parole du souverain Juge lui- » môme: « Dans la géhenne du feu qui ne s'éteint » point, tous les réprouvés seront salés par le feu, » igné salietur. » De môme que le sel pénètre et con- » serve la chair des victimes, ainsi, par un effet sur- » naturel, le feu corporel de l'enfer pénètre, sans les » consumer jamais, et les réprouvés et les démons, » Tout ce. galimatias n'est, du reste, qu'un développement de la doctrine éminemment catholique' de saint Thomas d'Aquin, L'Ange de l'École, ayant à traiter des fameuses ténèbres extéiieiires ^ qni ne sont, paraît-il, que les ténèbres à^rintérieur delà terre, les qualifie de corporelles aussi, comme le feu lui-môme, ce qui, selon lui, n'implique pas la moindre contradiction. S'appuyant du témoignage de saint Basile^ il enseigne que « par la puissance de Dieu la clarté, du feu sera séparée de la propriété qu'il a de brûler; et c'est sa vertu combustive qui servira au tourment, des damnés ». Saint Thomas ajoute que, « au milieu de la terre, oii est t enfer, il ne peut y avoir qu'un feu sombre, obscur, et comme tout rempli de fumée. » Et M^'" de Ségur fait gravement remarquer que « le peu qui s'en échappe par la bouche des volcans ^^Viûrme piei?îe?Jîe7it ceiie assertion^ ».

Page 1