‹ Le diable [microform]Chapitre 49 sur 182 · Code civil, art · texte numérisé non relu

Code civil, art

litudes, sans profit pour personne, la grâce de l'existence, aient été de quelque utilité publique. De toutes façons, si le Diable a eu quelque tort dans TafFaire, c'est uniquement d'avoir un peu trop lâché la bride à son vilain naturel et de s'être comporté comme un brutal mal élevé, souvent aussi comme un imbécile. A saint Paul l'Ermite, qui lui signifiait, au nom de saint Antoine, d'avoir à s'en aller, il [répondit grossièrement : « M'en aller, moi ! Et c'est toi, propre à rien, ivrogne, fourbe, qui oses me dire cela ! » Ces injures étaient de trop ; le saint, d'ailleurs, ne les méritait pas. Le Diable, qui est, lui aussi, doué de prescience, croyait sans doute parler à quelque moine d'abbaye.

L'enseignement de l'Église, touchant l'habitacle du Diable, est donc, comme on vient de le voir, ce qu'il y a de plus vague, de plus indécis ; il ne serait même pas difficile d'en mettre les éléments en parfaite contradiction. Si, en effet, d'après saint Jean, saint Pierre et saint Jude, cet habitacle est un puits souterrain ou sous-marin, en d'autres termes l'enfer, c'est, d'après saint Paul, dans la région de l'air qu'il faudrait le chercher ou, du moins, que s'en trouve une bonne partie, la plus grande peut-être : spiritualia nequitiœ in cœlestibus^. Cette divergence dans les textes sacrés explique celle des opinions émises à cet égard par les pères etles docteurs ecclésiastiques. Ainsi, tandis que les uns, comme nous l'avons déjà dit, veulent que les démons soient tenus enfermés à clef dans les profondeurs ténébreuses de l'abîme, d'où ils ne sortent que par une permission spéciale de Dieu, d'autres, parmi lesquels Origène, Tatien ^, saint Jean Chrysostome, Tertullien, etc., en font

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