CHAPITRE DOUZIEME
■ Un dévot clergyman anglais, qui' fut aussi poète, George Herbert, a dit quelque part' que le Diable n'était pas aussi noir qu'on ne le fait, et qu'il y avait du bon en lui, tout le monde en convenant, du reste, ajoute-t-il :
We paint the Devil ])lack, yet lie
Hath somc good in liim ail agi'ec. ^
Je conviens pour ma part et tout esprit impartial devra convenir avec moi qu'en beaucoup de circonstances le Diable n'a pas été de pire composition que bien des saints : c'est, du moins, ce qui ressort d'une foule de pieuses histoires.
Le malheur des temps et les misères de la vie avaient produit à la longue, dans la société du. moyen âge, un courant de défiance à l'égard de Dieu. On en était venu à douter de la bonté du Père éternel, et, partant, on ne croyait plus que le Diable fût, à lui seul, le mal ni qu'il n'y eût de laid et de méchant que lui. Il nous reste môme des légendes où le proscrit chassé du ciel, victime de l'arbitraire divin, a pris dans l'imagination du peuple la place que Dieu y avait perdue