‹ Le diable [microform]Chapitre 63 sur 182 · Sacred poems cmclprivate ejaculations · texte numérisé non relu

Sacred poems cmclprivate ejaculations

Ce n'est plus, en effet, qu'un compagnon de chaîne, souffrant de ce que souffrait la multitude, une sorte de frère, dont on implorait le puissant appui et que l'on aimait à supposer compatissant et miséricordieux. En voici une des plus caractéristiques .

Une province allemande était désolée par les guerres incessantes de ses innombrables tyranneaux entre eux. Ces tyrans^ ce n'étaient pas seulement de grossiers hobereaux temporels, c'étaient surtout des abbés et des évêques. Il y avait longtemps que durait cet état : il dura, dans toute la chrétienté, autant que le moyen âge lui-même. Gomme l'Église, qui aurait dû, ce me semble, y apporter quelque remède, ne faisait, au contraire, qu'entretenir le mal, le Diable eut pitié du pauvre peuple et résolut de le délivrer de ses oppresseurs. Un beau jour, ayant préparé un grand sac, qu'il croyait do bonne toile et solidement cousu, il fît rafle de tout ce qu'il trouvade canaille nobiliaire dans les manoirs de la province, empila le tout dans sa sacoche et s'enfuit à tire-d'aile à travers les airs. Le peuple poussa un soupir de soulagement, et déjà il entonnait l'hymne de la délivrance, suivant du regard le Diable et lui envoyant des baisers et des saints reconnaissants. Un incident, qu'on aurait pu prévoir, vint malheureusement faire échouer l'entreprise. Dans son vol^, le Diable rencontre le clocher d'une église et le heurte violemment avec son sac : le sac se crève, et tous les hobereaux qui s'y trouvaient entassés tombent à terre. Le curé de la paroisse, attiré par le brait, arrive, ouvre l'église; les tyranneaux s'y engouffrent, et le Diable, chassé à grand renfort d'eau bénite, est obligé de déguerpir et d'abandonner sa I)roie.

Le Diable, dit un auteur de démonologie, était démocrate, au temps de la féodalité ; il n'aimait pas les nobles, et souvent on le vit intervenir, comme dans

l'exemple qui précède, en faveur des petites gens. On cite de lui des traits édifiants, qui témoignent d'un meilleur naturel qu'on ne le dit. Nous en rappellerons quelques-uns.

Un moine du XV siècle, Jean Herold, alaissé un intéressant recueil de deux cent dix sermons de frères prêcheurs de son temps, où abondent les histoires merveilleuses. On y lit entre autres celle d'un bailli collecteur d'impôts, pressureur infâme du petit monde, à qui le Diable, moins endurant que Dieu, paraît-il, joua un tour dont, pour ma part encore, je ne puis que le féliciter.

Un jour que notre coquin officiel s'en allait à sa besogne ordinaire, en quête de pauvres gens à dévaliser de leurs épargnes, il rencontra chemin faisant un voyageur mystérieux, qui l'accosta familièrement et avec qui il dut lier conversation. L'histoire dit que l'air et la mise- du personnage lui revenaient peu et qu'il se fût volontiers passé de ce compagnon de route. Une petite odeur de brûlé et de soufre, qui s'exhalait de son côté, ne contribuait pas peu à le lui rendre suspect : il flairait en lui quelque habitué de de l'enfer. Sa conscience, d'ailleurs, n'était pas de celles que ce genre de rencontres ne saurait ni émouvoir ni inquiéter. En un mot, il avait peur. Tandis qu'ils cheminaient, causant du temps qu'il faisait ou d'autre chose, ils voient approcher un paysan qui poussait un cochon devant lui. Le paysan conduisait-il sa bête au marché ou l'en ramenait-il ? On l'ignore ; le sermonnaire ne s'explique pas là-dessus. Je croirais, cependant, qu'il Fallait vendre ; car le cochon, qui est subtil, au dire du fabuliste, et qui paraissait sentir déjà le boucher à ses trousses, faisait difficulté d'avancer. Le paysan se fâchait, tapant deci, tapant de là sur l'entêté. Rien n'y faisait ; l'animal n'en pressait pas davantage le pas : « Ah 1 maudite bêfce, s'écrie

le porcher exaspéré, en passant à côté de nos voyageurSj que le diable t'emporte ! » A ces mots le bailli, se tournant vers son voisin, et voyant qu'il ne faisait point mine de bouger, lui demanda s'il ne trouvait pas l'offrande acceptable : « Non, répond le Diable ; le cadeau ne m'est pas fait de bon cœur ; je n'en veux pas. » Un peu plus loin, devant la porte d'une ferme, ils entendent une mère impatientée crier, elle aussi, après un marmot pleurard : « Que le Diable t'emporte ! » Mais le compagnon de route du collecteur d'impôts ne trouva pas qu'ici encore l'offrande lui fût faite sincèrement. On passa outre. Nos voyageurs arrivent enfin au village où le bailli devait collecter. Un groupe, de paysans était réuni sur la place. Dès que le bailli parut, ce ne fut qu'un cri : « Ah ! voici notre bourreau : que le Diable l'emporte ! » — « Cette fois, ditleDiable, le cœur y est; j'accepte le cadeau. » Et d'un revers de sa puissante griffe il fait pirouetter le publicain sur ses talons, le saisit à bras-le-corps et file comme un trait. On rit beaucoup de l'aventure dans le village, et le Diable y fût resté en bonne odeur si les collecteurs qui succédèrent au bailli et qu'il laissa faire n'eussent par la suite compromis sa réputation.

Le savant suédois OlaûsMagnus, archevêque d?Upsal et primat de Suède, qui avait assisté au concile de Trente comme délégué du pape Paul III, raconte gravement, dans son livre De geniibus septentnonalihus, que, de son temps, en Norwège, le Diable se prêtait, dans les familles^ à une foule de petits services domestiques. Upansaitles chevaux, nettoyait l'écurie, menait les bestiaux à l'abreuvoir, tirait le vin à la cave, écurait la vaisselle, cirait la chaussure, décrottait et débarbouillait les enfants. Notre Ronsard, qui était contemporain d'Olaûs Magnus, a retracé ces mê-

mes choses en vers français^ dans son Hymne des Daimons. Voici cette poésie :

On dit qu'en Norouège ils se louent à gage, Et font comme valets des maisons le mesnage ; Ils pansent les chevaux, ils vont tirer le vin; Ils font cuire le rost, ils sérancent le lin ; Ils filent la fusée ; et les robes nettoyent Au lever de leurs maistres, et les places baloyent

Un démbnographe chrétien et convaincu de notre temps présent, M. le chevalier Gougenot des Mousseaux, a publié, avec l'approbation de hautes autorités ecclésiastiques, entre autres celle du cardinal Gésaire Mathieu, archevêque de Besançon, et de l'illustre père Ventura de Raulica, examinateur des évêques et du clergé romain, consulteur de la sacrée congrégation des rites, etc., une série d'ouvrages sur la magie, que leur orthodoxie irréprochable recommande tout particulièrement à notre considération. Dans un de ces ouvrages, qui a pour titre : Mœurs et pratiques des démons, l'auteur en question, traitant des démons familiers, assure que l'espèce en a été connue en France, où le souvenir de leurs espiègleries est resté vivace parmi nos populations, notamment dans les provinces que traversentles Ardennes. Il ajoute qu'ils aiment à rendre des services, que, néanmoins, ils se font .payer, ce qui semble vouloir dire que la race de ces démons n'est pas éteinte.

Le môme auteur affirme que le Diable n'a jamais rien refusé de ce qu'il peut accorder à qui lui demande. Jamais non plus il ne se donne les premiers torts; mais aussi quiconque se permet de lui faire outrage le trouve sans pitié. M. le chevalier des Mousseaux le prouve par un exemple qu'il emprunte aux Loca infesta du révérend père Thyrée, un jésuite distingué entre tous, dit-il , « par la solidité de sa science » .

Un personnage puissant avait dans ses cuisines, parmi le personnel occupé au marmiton nage, un enfant d'une dizaine d'années. Le Diable, qui remplissait dans ces mêmes cuisines l'emploi de marmiton principal, s'était lié d'amitié avec cet enfant, dont les petites malices l'amusèrent quelque temps. Mais les privautés du gamin finirent par devenir telles, que, la consifléralion du Diable menaçant d'en être compromise auprès des autres domestiques, il dut y mettre ordre. Il fit d'abord des observations, et comme on ne les écouta point, il se fâcha. La mauvaise humeur de Hudekin, — c'était ainsi que se nommait notre démon, — loin d'intimider l'enfant, le mit, au contraire, de plus belle en goût d'espièglerie, et il n'y eut méchantes niches qu'il n'imaginât et ne fît à son vieil ami. Le Diable devint furieux : il s'en prit à tout le monde, cassa brisa tout, bouleversa la maison de fond en comble et allait en faire un monceau de ruines, quand on eut l'idée d'envoyer quérir l'évêque du lieu, un saint homme du nom de Bernard. M. des Mousseaux assure que l'évêque fut obligé d'avoir recours « aux fortes armes de l'Eglise,» pour venir à bout du forcené.

Je reconnais, avec le pieux conteur, qu'ici le Diable se conduisit fort mal. Ces emportements déplacés n'étaient, du reste, guère de nature à rétablir la considération qu'il croyait être due à sa position de marmiton en chef, et j'estime qu'il eût été plus sage à lui de rire des gamineries d'un enfant que de se fâcher tout rouge comme il fit. Mais le Diable n'est pas philosophe, etle révérend père Delaporte, qui l'accuse de manquer de dignité, n'a peut-être pas été, à son endroit, aussi mauvaise langue que je me l'étais d'abord figuré. Il ne faudrait, pourtant, pas tirer de là d-es, conséquences tellement désavantageuses pour la réputation du personnage, qu'on pût croire dans le

monde qu'il n'y a que lui de capable de pareilles vilenies. La Bible relève avec une sorte d'affectation religieuse, dans la vie d'un des hommes les plus saints qui aient existé en Israël, le prophète Elisée, un trait qui, tout bien considéré, ne me paraît pas plus beau que celui qu'on vient délire au sujet du Diable. Le saint homme venait de Jéricho et s'en allait à Bethel. Il approchait de cette dernière ville, lorsque de petits enfants, — la Vulgate dit pueri jmrvi, — ■ le voyant passer tête nue, se mirent à crier: «Eh! le chauve ! Eh ! le tondu ! » Elisée jeta sur les marmots un regard courroucé et les maudit au nom du Seigneur, dit le texte sacré. Au môme instant, deux ours, les seuls peut-être qu'il y ait jamais eu dans ce pays-là, sortent d'un bois voisin, se précipitent sur ces pauvres petits, et en déchirent à belles dents quarante-deux. Soyons de bon compte, et, quelles que soient nos préférences personnelles, reconnaissons qu'il y a eu des saints qui ne valaient pas le Diable. Ici, du moins, il me semble que la conduite du nabi Elisée àl'bgardde l'innocente marmaille de Bethel ne lui fait guère plus d'honneur qu'à Hudekin la sienne envers le petit marmiton des cuisines princières, dans l'histoire rappelée par l'illustre père Thyrée, le « fameux théologien » qu'a rendu si célèbre la « solidité de sa science », au dire du démonographe contemporain susmentionné. Si, pour mon compte, je croyais au drame biblique, je craindrais fort de commettre ici une impiété; car je trouverais Jehovah inexcusable de s'être laissé extorquer par son prophète une brutalité aussi odieuse.

Personne n'ignore que, s'il n'y arien de plus trompeur que le Diable, il n'y a rien non plus de si facile à abuser, car il est généralement confiant, et quand il a une promesse, il y croit comme à une lettre de crédit de la Banque de France. On sait pourtant que la

plupart des pactes conclus avec lui n'ont été entre ses mains que des billets à la Châtre. Ce fut en tout temps une gloire que de manquer à ce genre de contrats, et l'Église ne se contente pas de nous inviter à n'en point tenir compte, elle nous en fait un devoir. Or, je n'ai pas entendu dire que la violation du pacte, même sans restitution des avantages véreux dont peut avoir bénéficié le transgresseur, ait jamais été pour celui-ci la cause d'une catastrophe comme celle dont il s'agit dans l'histoire suivante, que j'extrais du Promptuariwn exemplorum de Jean Herold. Un paysan normand, venant dr3s environs d'Avranches, conduisait au mont Saint-Michel une vache et son veau. Il avait sans doute mal calculé son temps ou peut-être fut- il attardé par quelque caprice de la plus jeune des deux bêtes. Toujours est-il que la marée le surprit et qu'il allait être emporté par le flot, quand, levant vers la montagne sainte des yeux suppliants, il promit la vache et le veau à l'archange, patron du lieu,, s'il le tirait de là. Le saint, affriandé par la richesse de l'offrande, imprima soudain à la mer un mouvement analogue à celui que le prophète Isaïe avait autrefois enjoint au soleil, qui, un jour, comme je l'ai rappelé ailleurs, rétrograda, sur son ordre, de dix degrés. Une fois hors de danger, le rusé Normand, clignant l'œil et riant sous cape, se dit : (( Saint Michel est bien bon, s'il croit tenir ma vache et mon veau. Il ne les a pas encore. >; A peine venait-il de formuler cette mauvaise pensée, que le saint fait faire volte-face à la mer et ramène le flot sur le paysan. Nouvelle alarme de celui-ci, nouvelle promesse de sa part. La marée se retire encore, et l'incorrigible Normand, qui avait eu le temps d'atteindre la terre ferme et qui se croyait en sûreté, tira son bonnet à l'archange, et, tout en le remerciant, lui dit: « La vache et le veau étaient déjà vendus ; mais

àPâques ou à la Trinité, si nous y sommes, je mettrai peut-être surton autel un beau cierge de deux deniers.» L'archange n'y tint plus ; il se fâcha tout de bon et lança sur le vilain plaisant une grosse vague qui l'engloutit , lui, sa vache et son veau. C'était beaucoup trop, à mon avis: le Diable, meilleur caractère que cela, au lieu de se fâcher, eut certainement pris la chose d'autre façon; nous en avons la preuve dans les mille et mille tours qu'il s'est laissé bénévolement jouer par les saints en tous temps.

Le Diable est médecin : on cite de lui des cures qui, pratiquées par des docteurs diplômés, leur eussent incontestablement fait plus d'honneur que n'en ont retiré de leur empirisme les Sganarelles de nos anciennes facultés. Lui, il n'est pas empirique; c'est scientifiquement qu'il procède, à la différence des saints, qui ne guérissent que miraculeusement: «Les )) démons, dit l'abbé Soyer^ connaissent instantané- » ment toutes les choses de l'ordre naturel. Dès qu'ils » aperçoivent un principe;, ils en connaissent toutes les » conséquences et spéculatives et pratiques. Sur le » monde matériel et ses lois, sur les éléments et leurs » combinaisons, sur toutes les véritésde l'ordre pure- » ment moral, en astronomie, en physique, en géo- « graphie, en histoire, en médecine, en aucune science, » ils ne peuvent se tromper; pour eux, il n'y a d'erreur » possible que dans les choses de l'ordre surnaturel.» Le savant père Delaporte, tout en reconnaissant la science médicale du Diable, lui conteste le dévouement et ne veut pas qu'il ait en vue autre chose que son intérêt dans les guérisons qu'il opère : la note des honoraires à payer, d'après cet auteur, suivrait le traitement. Gela serait, qu'on ne pourrait guère, ce semble, le trouver plus mauvais de sa part que de

l. Les Mystères du Diable dévoilés, 3e édit., p. 35.

celle de bien des docteurs de faculté, qui, à ne guérir qu'une fois sur mille, au lieu de mille fois pour une, comme lui, ont amassé richesses et honneurs.

Mais est-il bien vrai que le Diable soit aussi intéressé qu'on le dit? Nous avons déjà cité et nous pourrions citer encore de lui des traits édifiants qui prouvent que, en bien des circonstances, ilamontrédebons sentiments et qu'il ne manque pas tout à fait de générosité. S'il est bien, comme on le lit dans l'Évangile, le prince de ce monde, c'est, du moins, un prince justicier, redoutable aux méchants grands et petits, ne faisant, lui, acception ni de rang ni de fortunes. Durant tout le moyen âge et bien avant dans la Renaissance, il fut la terreur des marchands qui vendaient à faux poids et à fausse mesure ou qui falsifiaient la marchandise. A Reetz, dans le nord-ouest du Brandebourg, on montre une pierre où les paysans croient voir encore empreints le sabot fourchu de notre personnage et les pieds d'une femme. La femme avait été une débitante de bière qui trompait le public. Le Diable, qui depuis assez longtemps la guettait et qui n'attendait que l'occasion propice de lui faire expier ses petits crimes, la saisit parles cheveux, un jour qu'elle était seule, et s'enfuit à tire-d'aile. H s'arrêta quelques instants en route, et ce fut sur la pierre aux empreintes qu'ils se reposèrent tous les deux. En Angleterre, il existe une foule de légendes analogues. On voit dans l'église paroissiale de Ludlow, Shropshire, un bas-relief représentant la fin malheureuse d'une débitante d'ale, qui, elle aussi, faisait fausse mesure. D'un côté, c'est un démon lisant la longue liste de ses frelateries, de l'autre, la bouché embrasée de Tenfer, où elle va être précipitée à la suite de plusieurs damnés. Un démon gouailleur, sautant et gambadant, joue de la cornemuse, comme pour fêter son arrivée. La pauvre femme tient à la main

gauche la pièce de conviction, la fausse pinte dont elle se servait, et le sculpteur lui a tressé sur la tête une riche chevelure à la mode du temps, pour marquer sans doute un luxe dû au produit de ses larcins.

L'intervention du Diable en faveur de rinnocence opprimée ou accusée est un thème fréquent dans les légendes populaires du moyen âge. En voici un exemple, que j'emprunte à un ouvrage déjà cité, celui de M. Gonway * :

Un soldat, de passage dans une ville, avait donné à garder quelque peu d'argent à l'-aubergiste chez qui il était descendu. Au moment de quitter le pays, pour continuer sa route, il réclamanatureliement sonargent, mais l'aubergiste prétendit n^avoir rien reçu. Le soldat s'emporta, fit du bruit, cassa portes et fenêtres, ce qui amassa tout le voisinage. On se saisit de lui, et on le mit en prison. Gomme il était étranger dans la ville, où âme qui vive. ne le connaissait, et qu'il, n'avait plus le sou, il ne s'offrit personne, pour le défendre. Il eût donc été infailliblement condamné, lorsque, les parties se trouvant en présence du magistrat, un jeune avocat élégant, avec toque bleue et plumes blanches, que personne dans Tendroit ne se rappelait avoir encore vu, s'avança fièrement à la barre et se posa en défenseur du pauvresoldat.il raconta les faits tels qu'ils s'étaient passés, et il mit tant de feu, tant d'éloquence dans ses paroles, que l'aubergiste, à bout de dénégations, s'écria : « Le Diable m'emporte, si j'ai reçu l'argent! » Aussitôt l'avocat improvisé, écartant son manteau, déploie de larges ailes, se saisit du fripon et disparaît avec lui par le toit du tribunal. La femme de l'aubergiste, justement effrayée, se hâta de restituer le dépôt. Une autre version de la même

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