‹ Le diable [microform]Chapitre 67 sur 182 · ApoL, c · texte numérisé non relu

ApoL, c

L'activité des magistrats, juges curiaux et procureurs, dans l'exécution de la loi, fut telle, que le petit-fils de Théodose I", son deuxième successeur à Gonstantinople, l'empereur Théodose II, dans sa lettre à Asclépiodote, préfet du prétoire, exprime le doute qu'il reste encore des païens. Il est vrai que la mort, la confiscation ou l'exil, qui étaient les peines édictées contre eux, en avaient singulièrement diminué le nombre dans les villes ; mais il en existait toujours dans les campagnes, où le paganisme se perpétua longtemps sous les formes les plus variées, amoindri toutefois, et dégénéré, revêtant tous les jours davantage le caractère de simple superstition. Privée de ses éléments d'autorité, la vieille religion, qui n'avait plus rien d'un organisme quelconque, ni prêtres, ni sanctuaires officiels, ni liturgie, ne tarda pas à perdre, avec son ancien prestige, tout crédit reconnu. Une partie de ce qui en restait, celle qu'on pourrait appeler la masse passive, se laissa fondre dans le christianisme, où elle apporta la plupart de ses croyances. Elle cessa d'être païenne de nom, oublia même jusqu'à son origine^ mais en conserva, sous d'autres vocables et avec un extérieur chrétien, presque toutes les traditions. L'autre partie, la moins nombreuse, devint à la longue comme une sorte de résidu impur, où vinrent se précipiter dans la suite toutes les scories, toutes les damnations religieuses et sociales. Dans ce pêle-mêle de déjections de toute nature, elle perdit, elle aussi, la conscience de ses droits antérieurs et finit par identifier la proscription dont elle était l'objet avec celle du diable chrétien. Superstition d'un côté ; protestation religieuse ou révolte à la fois religieuse et sociale, d'un autre. La dernière de ces phases a un côté saillant, dont l'étude fera l'objet des chapitres qui vont suivre.

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