‹ Le diable [microform]Chapitre 7 sur 182 · Aîîoa/'.o-trrjaôv (j.ou. Diog. Laei-t, VI, c. 2, n · texte numérisé non relu

Aîîoa/'.o-trrjaôv (j.ou. Diog. Laei-t, VI, c. 2, n

il n'avait rien à espérer d'avantagewc pour son indépendance morale, pouvait demander à l'importun.

Les religions des sauvages nous paraissent toutes plus ou moins pénétrées de ce sentiment, que les dieux sont quelque chose d'étranger à l'homme. Il a fallu l'éveil de la conscience et la prise de possession du monde par l'esprit s'y informant, pour dégager le divin ou la force qu'on appelle de ce nom et solidariser toutes les vies individuelles autour d'un même point de départ et de convergence. « La première idée qu'on a eue d'un Dieu, dit Lubbock, a été presque partout celle d'un être méchante » Et, en effet, ce que l'on trouve au fond des pratiques superstitieuses de la plupart des sauvages, c'est la croyance en des puissances mauvaises que l'on redoute et qu'il faut apaiser, rarement en des dieux justes et bons. Depuis la Terre de Feu jusqu'au Groenland, dans l'Amérique du Sud aussi bien que dans l'Amérique du Nord, on trouve éparses" des populations nombreuses qui, aujourd'hui encore, ne connaissent que des esprits mauvais : chez elles, peu de traces de bons esprits, ou si l'on en rencontre, ce ne sont que des traces d'esprits impuissants, de qui l'on n'attend pas grand' chose et que, par conséquent, on délaisse. Quand les Européens découvrirent le

Page 1