‹ Le diable [microform]Chapitre 76 sur 182 · Cronicon Corb., Leipziy · texte numérisé non relu

Cronicon Corb., Leipziy

avec aggravation dans les Novelles de l'empereur Léon. Nicolas Chômâtes cite dans la vie de Manuel Gomnène, qui régna de 1143 à 1180 *, plusieurs exemples qui montrent que, chez les Grecs, la pratique était demeurée à peu près d'accord avec la loi. Un drogman du nom d'Aaron Isaac, qui se vantait d'avoir à son service des légions de démons, eut les yeux crevés. Plus tard Isaac l'Ange lui lit couper la langue, suivant en cela, du reste, le conseil qu'Aaron avait lui-même donné à l'empereur Andronic, son prédécesseur. Ce prétendu magicien avait eu la sotte méchanceté de dire à ce dernier prince que, lorsqu'on avait tant fait que d'arracher les yeux à son ennemi, il était prudent de le priver aussi de sa langue. Deux autres sorciers de même espèce furent aussi aveuglés, Skleros Seth et Michel Sicidites, celui-ci pour avoir un jour fait chavirer une nacelle chargée de poterie sous le poids d'un énorme serpent évoqué par lui et qu'on jugea être le Diable, celui-là pour ensorcellement opéré au moyen d'une pêche.

L'Église, dans cette même partie de la chrétienté, ne se montra ni plus sage ni plus humaine que l'État. Nous avons vu un saint homme, le patriarche Jean le Jeûneur, forcer la main à l'empereur Maurice et lui faire signer la condamnation à mort de magiciens que le prince aurait bien voulu épargner. Sous le règne de Michel Guropalate, en 811, un bon nombre de Pauliciens ou Manichéens réformés eurent la tête tranchée, comme coupables d'avoir rendu un culte aux démons. Le patriarche Nicéphore et d'autres pieux personnages s'élevèrent, il est vrai, contre ces exécutions, soutenant qu'il n'est pas permis de condamner à mort pour cause religieuse ; mais saint

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