Cuiberti Vita {autoùiogmphie), § III, c
dits cléricaux. L'abbé Pleury, par exemple, tout en affirmantque la discipline deFÉglise a constamment été opposée en principe à la persécution pour cause d'hérésie, reconnaît qu'on s'en est trop souvent écarté dans la pratique et qu'il n'y a peut-être rien qui ait plus nui à la religion que cette conduite. Pour ce qui est, notamment, des hérétiques brûlés à Orléans en 1023, nous avons déjà vu quele pieux abbé ade la peine à admettre comme fondés les motifs infamants imaginés contre eux. « Si, d'ailleurs^ ajoute-t-il, des évoques ne demandèrent pas leur mort, on ne voit pas, du moins, qu'ils s'y soient opposés. ^ »
Un peu moins d'un siècle et demi plus tard, en 1167^ d'autres manichéens, qui rejetaient, eux aussi,, le baptême, l'eucharistie^ le mariage, le sacerdoce et à peu près tout culte extérieur, furent arrêtés à Vezelay au nombre de neuf, par ordre de l'abbé Guillaume, et enfermés dans une étroite prison. Un concile se réunit pour les juger. Parmi les prélats qui y siégèrent, on cite l'archevêque Guichard de Lyon^ i'évêque Bernard de Nevers et I'évêque Gauthier de Laon. Les hérétiques ayant été amenés devant eux et convaincus judiciairement, l'abbé Guillaume, qui paraît avoir rempli ici l'office de ministère public^ se tournant vers le peuple, lui demanda ce que l'on devait faire des impénitents. Le peuple répondit d'une voix unanime: « Qu'on les brûle ! qu'on les brûle ! » Sur neuf qu'ils étaient, sept périrent sur le bûcher ; les deux autres, que l'on crut tant bien que mal convertis, furent fouettés publiquement et ensuite bannis. Or, dans toute cette affaire, l'abbé de Vezelay et les évêques jouèrent le triple rôle d'accusateurs, déjuges et d'exécuteurs des hautes œuvres.
Le 3' concile de Latran, qui se tint en 1179 et