‹ Le diable [microform]Chapitre 99 sur 182 · Journal de Heiiri III, février 1S · texte numérisé non relu

Journal de Heiiri III, février 1S

2. Did. t. VI, p. 501. Une note, dans le Journal de Henri III, t. II, porte que la Sainte-Veuve ou dame de Sainte-Beuve des processions aurait été fi le d'André de Hacqiieville, président du grand conseil, et d'Anne Hennequin. Celte conjictMre se base sur ce que Dupuy, dans la salire Ménippée. parlant d'Antoine Hennequin d'Assy, le fait frère de la mère de cette dame. Dupuy s'est trompé. .\nloine Hennequin d'Assy était bien, en effet, le frère d'Anne Hennequin mariée à André de Hacqueville, mais de ce mariage il n'était né que quatre enfants, parmi lesquels ne figu-e pas la dame de Sainte- Beuve. Ce qui a causé l'erreur de Dupuy, c'est que, à la mort d'André de Hacqueville. sa veuve épousa en secondes noces Jean L'Huillier seigneur de Boulencourt, président en la Ciiambie des comples, qui, devenu veuf à son tour, se remaria avec Renée Nicolaï, veuve de Dreux-Hennequin, seigneur d'Assy. Ce fut de ce second lit, non du premier, que naquit la mère des Ursulines de Franco. Ces explications étaient nécessaires pour établir l'idenlilé de celte dernière et de la folle des processions.

le peindre, en raême temps que caractériser la religion qui s'apprêtait à rouvrir pour un temps encore l'ère sanglante de la persécution contre la sorcellerie diabolique. A la prise du faubourg Saint-Symphorien de Tours par l'armée de la Ligue, en mai 1589, il s'adjugea pour butin une petite fille de douze ans, « qu'il força dans un grenier le poignard sur la gorge » . La même année^ à Fresnes, près Poissy, après avoir pillé et dévasté le château du seigneur d'O, il en saccagea la chapelle, où lui et sa troupe firent ensuite leurs ordures.

Une autre folie religieuse épidémique, dont la contagion intermittente se prolongea du onzième au quinzième siècle, me semble trop caractéristique du moyenâge pour être passée ici sous silence. Je veux parler des flagellations publiques. Gomme toutes les maladies morales du temps, celle-ci avait sa cause dans la dépravation du sens delà mesure, qui est un des prodromes du dérangement de la raison et qui fut quelque chose d'à peu près général dans le monde chrétien d'alors. Saint Paul avait châtié son corps : castigo corpus meum et in serviLutem redir/o *, a-t-il dit de lui. S'inspirant de cet exemple et de l'idée que la pénitence n'est tout à fait contrite qu'autant qu'elle affecte extérieurement la forme de punition exercée sur soi-même ou, en d'autres termes, qu'elle s'accompagne de violences faites à la sensation physique, par analogie avec la pénalité de la justice humaine, l'Église a admis la torture voloniaire . Les déchirements de la chair, sans être, à ses yeux, une des conditions indispensables du salut, ne contribuent pas peu à le procurer. Il n'y a guère de saints qui ne les aient pratiqués ; il n'y en a pas en qui on ne les loue comme le sceau de la perfection. Les plus

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