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fer sur les milieux à l'extrait globulaire. Celui-ci est ajouté au bouillon, au bouillon cube d'œuf ou cube de sérum coagulé, au petit-lait tournesolé, et à l'eau peptonée à raison de V à VI gouttes d’une pipelte moyenne (XX et XXX gouttes par centimètre cube) par tube de milieu. Dans la gélatine, le lait, la gélose Veillon et la gélose gélatine, on met de XV à XX gouttes.
Pour préparer les géloses inclinées, on fait fondre au bainmarie des géloses au culot. Une fois refroidies à une température voisine de 45 à 50°, on ajoute XII à XV gouttes d'extrait globulaire et, si l'on veut étudier les fermentations des hydrates de carbone, XII gouttes de la solution stérile d’un de ceux-ci et II gouttes de solution stérile de tournesol. On agite pour bien mélanger, tout en veillant à ne pas former de bulles ; puis, on incline les tubes, et on laisse les géloses faire prise.
Tous ces milieux peuvent être éprouvés en les laissant à l’étuve pendant quarante-huit heures, sauf la gélose Veillon et la gélose gélaline, qui reçoivent l'extrait globulaire au moment de l’ensemencement.
Mis à l’étuve à 37°, le bouillon se trouble légèrement en six à dix heures. C’est un trouble homogène, où l’agitalion peut faire apparaître des ondes moirées, et qui va s’accentuant pendant vingt-quatre heures.
Lorsque la culture est vigoureuse etabondante, on note souvent, après vingt-quatre à quarante-huit heures, l'existence d’un anneau blanchâtre, plus rarement une amorce de voile, ou même un voile. Après vingt-quatre heures de culture, un dépôt se constitue, et au bout d’un temps variable, selon la qualité du milieu, celui-ci peut s'éclaircir progressivement par suite de phénomènes d'auto-agglutination.
Sur gélose inclinée, en dix à douze heures, on voit apparaître de petites colonies rondes, plates, claires, en goutte de rosée, légèrement bleuâtres par transparence. Après vingtquatre heures, le centre s’ombilique, le diamètre s'accroît, pouvant atteindre 2 à 3 millimètres, et les colonies deviennent blanc grisâtre. Dans la partie inférieure du tube, elles peuvent prendre un aspect muqueux, humide et luisant.
Sur gélose sang cru les colonies, qui restent en général très petites, punctiformes, apparaissent au bout de quarante-huit
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heures seulement. Elles peuvent devenir blanc jaunâtre et prendre un aspecl crémeux après quelques jours.
En gélose Veillon, la culture se fait dans toute la hauteur. Dans les premiers tubes, si l’ensemencement a été abondant, les 5 à T millimètres supérieurs sont absolument opaques. Quelques très fines colonies occupent la gélose sous-jacente, sur 2 à 3 millimètres de hauteur, correspondant à la zone d’anaérobiose stricte, au-dessous de laquelle le milieu apparaît légèrement trouble.
Dans les tubes où l’on a obtenu des colonies isolées en nombre important, celles-ci ne sont, la plupart du temps, visibles qu'après deux jours. Elles semblent occuper uniquement les 3 ou 4 millimètres supérieurs de la gélose. A ce niveau, elles apparaissent comme de petites sphères blanc jaunâtre, présentant parfois des sortes de bourgeons leur donnant un aspect astéroïde, alteignant au maximum 1/4 de millimètre de diamètre. Leur taille augmente peu les jours suivants. En regardant avec attention, on voit qu'il existe des colonies très fines, punctiformes, clairsemées, dans toute la hauteur du tube. Elles sont toujours beaucoup moins denses au niveau de la zone d’anaérobiose stricte.
En gélose gélatine, les résultats sont identiques, les colonies élant à peine plus grosses, mais plus facilement visibles par suite de la transparence du milieu.
Dans certains lubes on peut rencontrer des aspects un peu différents. Tantôt la zone d'anaérobiose stricte ne contient aucune colonie. Tanlôt elle est encadrée de deux disques où la densité des colonies atteint son maximum. D'autres fois, cette densité augmente progressivement de cette zone à la surface.
Toutes ces dispositions ne constituent d’ailleurs que des varialions sur le lype que nous avons décrit plus haut. Elles semblent être en rapport surtout avec l'abondance de la semence et à un degré moindre avec les qualités du milieu employé.
En eau peplonée, la culture est toujours moins riche qu’en bouillon. Elle se fait le plus souvent en légers flocons qui se déposent rapidement, laissant le milieu clair. On peut ÿ mettre en évidence la production d'indol dans environ 50 p. 100 des souches (Legroux) en pratiquant la réaction d'Ehrlich après quarante-huit heures et sept jours de culture à 37°. Certains auteurs
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ont voulu faire de cette production d’indol un caractère des svuches isolées du liquide céphalo-rachidien. Or Martin Kristensen, sur 160 souches, en a trouvé 122 possédant cette propriété, 4 seulement étant d'origine méningée. D'autre part, nous avons examiné à ce point de vue 12 souches dont T provenaient de méningites de nourrisson. Parmi celles-ci, 4 donnaient une réaction d'Ehrlich nettement positive, 2 une réaction très faiblement positive, À une réaction négative malgré une culture abondante. Les 5 autres donnaient une réaction nettement positive.
Le bacille de Pfeiffer n’est pas gélatinolytique : la gélatine ensemencée largement el maintenue trois jours à 37°, présentant une culture abondante, fait prise lorsqu'on la porte à la glacière.
Dans le lait, la culture se fait mal et sans modifications appréciables du milieu.
Le petit-lait tournesolé est troublé en vingt-quatre heures et souvent viré au rose.
Le sérum coagulé n’est pas attaqué.
La plupart des souches ne donnent pas d'hématolyse.
Dans l’ensemble, le bacille de Pfeiffer est donc peu protéolytique.
Il est également peu actif sur les hydrates de carbone. D’après Jimenez, il attaque lentement la glycérine, la mannite, le dextrose, le lévulose, le saccharose, et le maitose.
L'amidon n’est pas digéré.
Les souches que nous avons eu l'occasion d'étudier, pour la plupart d’origine méningée, attaquaient nettement le dextrose, plus lentement le lévulose et le galactose. Les autres hydrates de carbone ne semblaient pas dissociés.
Ensemencé par piqûre en gélose au sous-acétate de plomb, il pousse sans modification du milieu : il ne donne donc pas d'EPS.
Sur pomme de terre et sur carotte on peut obtenir une culture maigre et sans caractères spéciaux en imprégnant ces milieux d'extrait globulaire (Jimenez).
Vitalité. — La température minimum permettant la culture du bacille de Pfeiffer est de l’ordre de 25° pour la plupart des souches, certaines cependant peuvent encore cultiver aux
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environs de 20°. La limite supérieure varie entre 42° et 43°.
Il est classique de dire que le bacille de Pfeiffer est très fragile.
Cependant, dans la plupart des cas, il reste vivant après une demi-heure à 46°, mais le même temps à 50° le tue à coup sûr.
D'autre part, des cultures de vingt-quatre heures en bouillon, laissées douze heures à — 20°, puis douze heures à — 12°, se sont montrées repiquables (Martin Kristensen). Nous avons pris plusieurs cultures de vingt heures en bouillon extrait globulaire. Les unes provenaient de souches de collection entretenues à 37° depuis plus de deux ans. Une autre venait d'être isolée (obs. IV). Laissées au laboratoire à une température variant entre 18 et 22°, elles ont toutes pu être repiquées jusqu’au quinzième jour. Mises à la glacière à 8°, elles ont survécu jusqu’au dixième jour. Mais certaines souches sont encore plus vivaces et Martin Kristensen a pu garder des cultures vivantes à — 5° pendant un mois.
À 37° en bouillon extrait globulaire, la durée moyenne des cultures est de douze à quinze jours. Mais, dans un milieu contenant un excès d'extrait globulaire (parties égales de bouillon peptoné et d’extrait de foie), Legroux et Ménard ont vu la vitalité à 37° de leurs bactéries se conserver plus de cent jours. La culture présentait un trouble continu. Le dépôt microbien toujours augmenté atteignait plus de 1 centimètre de hauteur.
En pratique, la conservation des cultures est donc facile, les repiquages tous les douze à quinze jours suffisant amplement avec les milieux à l'extrait globulaire.
La résistance à la dessiccalion est également assez importante. Une anse de culture en bouillon, étalée sur le fond d’une boîte de Pétri et mise à dessécher à 37°, donne régulièrement une culture après huit heures d’étuve, parfois après quatorze heures, lorsqu'on la reprend par une goutte de bouillon et l’ensemence . sur gélose au sang (Martin Kristensen).
On voit donc que le bacille de Pfeiffer est loin d’être aussi fragile qu’on le croyait autrefois.
Rôle pathogène. — Nous avons déjà dit que le bacille de Pfeiffer, inconnu dans le milieu extérieur, était un hôte normal des voies aériennes supérieures. On Île retrouve encore en plus grande abondance dans nombre d'infections de cet appareil.
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« Chez les enfants, au niveau des amygdales hypertrophiées, on le trouve souvent presque à l’état pur, 80 p. 100 par rapport aux autres bactéries banales. Chez l'enfant ou le vieillard atteint de légère inflammation bronchique il constitue 10 IR 100 de La flore bactérienne habituelle.
Dans la broncho-pneumonie, le bacille de Pfeiffer semble jouer un rôle très important au début de la maladie, quelle qu’en soit l'origine : complication de grippe, de fièvre éruptive, d'infection typhoïdique ou suite d’une irritation de l’épithélium bronchique, narcose à l’éther, inhalation des gaz toxiques de guerre.
« Toute broncho-pneumonie est précédée d'un stade de bronchite capillaire et la suppuration des bronchioles est due à la multiplication du bacille de Pfeiffer. Si la bronchite capillaire tue en quelques heures, seul le bacille de Pfeiffer est décelable, mais la mort est due à l'obstacle mécanique plutôt qu’à l’infection proprement dile.
Nous pensons que le bacille de Pfeiffer est à la bronchite capillaire ce que le pneumocoque est à la pneumonie ». (Legroux et Giroud.)
D'autre part, on sait que Pfeiffer en a fait le microbe spécifique de la grippe. Martin Kristensen le recherchant dans 4 épidémies entre 1918 et 1922 Le trouve rarement au cours de la première. Dans la seconde, il le voit dans 35 p. 100 des crachats et dans 51 p. 100 des autopsies de broncho-pneumonie grippale.
Mais il le met en évidence aussi fréquemment dans la rougeole et beaucoup plus facilement dans la coqueluche. On le rencontre également dans des affections bien différentes. En dehors de la méningite du nourrisson on l’a signalé dans des arthrites purulentes subaiguës, dans des otites, des pleurésies, voire dans des endocardites. Dans tous ces cas il n’est pas rare de l'obtenir par hémoculture et l'observation VIIT que nous reproduisons est un exemple de ces septico-pyohémies possibles.
Il sembie donc bien que le bacille de Pfeiffer soit le type du microbe de complication.
Hôte normal de notre organisme, il pullule à l'occasion d'un féchissement de la défense des tissus et provoque une suppuration dont le pronostic dépend du terrain. Chez le nourrisson, chez qui toute suppuration est redoutable, il se fixe avec prédi-
lection au niveau des méninges et nous avons vu que l’évolution était alors presque toujours fatale.
Pouvoir pathogène. — Le pouvoir pathogène du bacille de Pfeiffer pour les animaux de laboratoire a donné lieu à de nombreuses discussions.
Pour les uns, l’inoculation aux petits animaux ne donne au maximum que des signes d'intoxication, les microbes injectés disparaissant rapidement de la circulation. C’est l'opinion soutenue en 1893 par Pfeiffer lui-même, après de multiples inoculations chez le lapin.
D'autres auteurs, par la suite, retrouvèrent les microbes dans le sang et les différents organes, chez le lapin, le cobaye et la souris inoculés dans le péritoine soit avec des cultures auxquelles étaient mélangées d’autres bactéries, vivantes -ou mortes, soit avec des cultures pures de bacilles de Pfeiffer isolées de différentes affections respiratoires (influenza, coqueluche, tuberculose, etc.).
L'animal le plus sensible est le jeune cobaye de deux à trois semaines, chez qui l'inoculation intrapéritonéale amène la mort en six à dix heures (Jimenez).
Chez le cobaye adulte, la plupart des inoculations restent inoffensives, surtout lorsque les souches employées sont isolées depuis longtemps.
Chez le lapin, les résultats publiés sont très variables.
Dans l’ensemble, le bacille de Pfeiffer paraît peu virulent. S'il est certain qu'il est capable de provoquer la mort de l'animal inoculé et de pulluler dans son sang et ses organes, il faut en général recourir à des injections massives et la mort paraît être souvent le fait d'une intoxication.
Selon cerlains auteurs cependant les souches isolées de l'appareil respiratoire ne seraient pas pathogènes pour les animaux. Par contre, celles responsables des méningites et des septico-pyohémies seraient hautement pathogènes, particulièrement pour le lapin chez qui elles détermineraient des lésions purulentes au niveau du poumon, des séreuses et des articulations. D’après Cohen en particulier, on devrait séparer ces bactéries du bacille de Pfeiffer vrai. Cette théorie a reçu l'appui de tous ceux qui voient dans le bacille de Pfeiffer le microbe causal spécifique de la grippe.