‹ Le Diagnostic de la Méningite à Bacille de PfeifferChapitre 16 sur 20 · ARTS · texte numérisé non relu

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Nous avons examiné à ce point de vue la souche correspondant à l'observation IV, la seule que nous ayons eue directement au sortir de l'organisme.

Nous avons employé des cultures de vingt heures sur milieux à l'extrait globulaire, obtenues en repiquant les colonies isolées après ensemencement du liquide céphalo-rachidien; le microbe était donc à sa deuxième culture sur milieux artificiels.

Deux jeunes cobayes de deux à trois semaines sont inoculés dans le péritoine.

L'un pesant 125 grammes reçoit { cent. cube de culture en bouillon et meurt au bout de vingt-quatre heures après être resté deux à trois heures dans le coma. A l'autopsie on notait une péritonite plastique avec maximum périhépatique des lésions. La rate était dépolie et pâle. Les poumons présentaient un piqueté hémorragique, surtout aux bases. Le cerveau était hyperhémié. Les ensemencements permirent de retrouver le microbe en abondance et en culture pure au niveau du poumon et surtout dans le pus péritonéal. L’hémoculture, pratiquée à partir du sang du cœur sur gélose extrait globulaire ne donna que quelques colonies.

Le second cobaye, pesant 100 grammes, reçut 2 cent. cubes de la même culture. Il mourut soudainement au bout de huit heures. A l’autopsie on retrouve environ 2 cent. cubes de liquide louche dans le péritoine. L'intestin grèle est congestionné. Le gros intestin présente des taches purpuriques. Les reins, le foie, la rate semblent macroscopiquement normaux. Le poumon gauche est normal, le poumon droit congestionné. On retrouve par la culture le bacille de Pfeiffer dans le liquide péritonéal, dans le poumon droit et dans le sang.

Un troisième cobaye, pesant 99 grammes, est inoculé dans le cerveau avec 1/10 de centimètre cube d’une culture de vingt heures sur gélose émulsionnée dans 1 cent. cube de bouillon. La mort survient soudainement, huit heures et demie après l'inoculation, alors que l'animal était en train de manger. A l'autopsie, pratiquée dans la demi-heure qui suit, on ne retrouve pas trace de l'inoculation au niveau du cerveau qui paraît normal. Les poumons sont congestionnés. Le péritoine contient un peu de sérosité. Les ensemencements pratiqués permeltent de retrouver facilement le bacille de Pfeiffer en cul-

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ture pure au niveau du cerveau, des poumons, du péritoine, ainsi que dans le sang du cœur.

En mème temps que les 3 jeunes cobayes, 3 cobayes adultes furent inoculés avec le même matériel.

Le cobaye B91 pesant 400 grammes reçoit 2/10 de centimètre cube de l'émulsion précédente dans le cerveau. Il est retrouvé mort dix-huit heures après. A l’autopsie on note une légère hyperhémie du cerveau, des foyers congestifs dans®les . poumons, et un peu de sérosité dans le péritoine et le péricarde. Les ensemencements mettent en évidence l'existence du bacille de Pfeiffer dans le sang du cœur et au niveau de ces différents organes, péricarde excepté.

Le cobaye B 93, pesant 405 grammes, inoculé de façon identique, est trouvé mort au bout de trente-six heures. A l’autopsie, le cerveau paraît normal. Les poumons présentent des zones hépatisées. Le péritoine contient un peu de sérosité. Les ensemencements sur gélose extrait globulaire du cerveau, du poumon et du sang du cœur donnent tous une culture pure de bacilles de Pfeiffer. Les cultures obtenues à partir du cerveau présentent un mélange de formes courtes typiques et de nombreuses formes longues.

Le cobaye B 82, pesant 415 grammes, reçut 1 cent. cube de culture en bouillon sous la peau. Il présenta un léger amaigrissement et, huit jours après l'injection, avait retrouvé son poids normal.

Deux autres cobayes de 400 grammes furent ensuite inoculés dans le péritoine avec 1 cent. cube et 1/2 cent. cube de culture en bouillon de vingt-quatre heures, constituant Ia troisième culture de ja bactérie depuis sa sortie de l'organisme.

Les animaux maigrirent de 125 à 130 grammes en douze à treize jours, puis reprirent régulièrement du poids. Pendant ce temps, ils restèrent vifs et mangèrent normalement.

Chez un troisième cobaye du même poids, une inoculation dans les muscles de la cuisse amène une tuméfaction marquée, chaude et douloureuse, provoquant la flexion de la cuisse sur le bassin, remontant jusqu’au pli inguinal qu'elle efface. La température reste normale. Une ponction pratiquée le quatrième jour ne permet de mettre aucun microbe en évidence, ni sur les frottis, ni par la culture. L'animal maigrit de 100 grammes en une dizaine de jours puis regagne lentement du poids,

Deux autres cobayes furent alors inoculés avec des cultures correspondant au cinquième passage du microbe èn vitro.

Au cobaye D19, pesant 435 grammes, on injecte la moitié d'une culture de vingt-quatre heures sur gélose extrait globulaire, dans le testicule droit.

Le lendemain celui-ci, douloureux à la palpation, est augmenté de volume etrétracté dans l’abdomen. Il reste ainsi quatre à cinq Jours, puis son volume diminue progressivement. Parallèlement, il maigrit de 130 grammes en quinze jours pour reprendre ensuite son poids normal. Le testicule, atrophié et dur, reste fixé dans l'abdomen.

Le cobaye D20, pesant 430 grammes, reçoit 8 cent. cubes d'une culture de vingt-quatre heures en bouillon dans Île péritoine. Il maigrit de 120 grammes en dix Jours sans présenter aucun autre symptôme, puis reprend son poids normal.

Ultérieurement, avec un microbe à son septième passage in vitro, on inocula un cobaye de 360 grammes dans le cerveau, aves 1/6 de la culture de vingt-quatre heures d’un tube de gélose. Il mourut dans la nuit. L'autopsie, pratiquée le lendemain matin, permit de retrouver le microbe par cullure au niveau du cerveau et, plus difficilement, dans le sang du cœur.

Chez la souris, des inoculations furent également faites avec des cultures correspondant au deuxième passage in vitro du germe, par voie intraveineuse, intrapéritonéale et sous-cutanée ; avec les deux premiers modes d’inoculation, la mort survenait en huit à dix heures. Le microbe était retrouvé par culture dans tout l'organisme qui était plus ou moins congestionné. Par voie sous-cutanée la mort se produisit en quatre jours après amaigrissement. On ne put mettre le microbe en évidence.

Avec les cultures correspondant au troisième passage in vitro, on obtint la mort par inoculation intraveineuse avec les mêmes lésions de congestion, surtout au niveau du poumon, dans 1 cas sur 2. Des inoculations sous-cutanées restèrent négalives.

Deux lapins furent également inoculés avec les cultures obtenues par repiquage à parlir de l'isolement.

Le lapin B 82, 2.300 grammes, reçut 2 cent. cubes de culture en bouillon dans le péritoine. Il mourut vingt jours après de maladie du nez.

Le lapin B74, 2.045 grammes, reçut 3 cent. cubes de la

même culture sous la peau. Il subsista un nodule qui donna naissance à un petit abcès. Celui-ci, d'abord de la grosseur d’une noix, s'élendit ensuite, puis une escarre se produisit au point d'inoculation. Un prélèvement dans la profondeur de l'abcès montra qu'il était dû à un petit bacille Gram négatif qui fut ensuite identifié comme une pasleurelle. L'animal dépérit lentement et mourut un mois après de pasteurellose.

D’autres lapins inoculés par voie intrapéritonéale et souscutanée moururent de la même manière.

La souche étudiée s’est donc montrée assez pathogène. Les premières cultures tuaient les cobayes jeunes et adultes, et les souris, avec mulliplication des germes dans l'organisme. Mais rapidement le pouvoir pathogène a baissé, et seule l’inoculation intracranienne provoquait la mort du cobaye. Notre souche de bacille de Pfeiffer n'avait aucun pouvoir pathogène pour lelapin. Au maximum, peut-on l’accuser d’avoir déclanché une pasteurellose latente, qui amena la mort avec ses lésions typiques et classiques, en tous points semblables d’ailleurs à celles que Cohen a décriles chez ses animaux.

En résumé donc, le microbe étudié dans ce cas rentre bien dans le cadre du bacille de Pfeiffer classique, plus toxique que virulent.

Immunisation. — L'immunisation des animaux avec le bacille de Pfeiffer est assez difficile. Cependant Latapie chez la chèvre, Jimenez chez le lapin ont obtenu des sérums protégeant le cobaye contre plusieurs doses mortelles de microbes.

Agglutination. — On peut préparer de même des sérums agglutinants, et Jimenez en a obtenu qui agglutinaient jusqu’au 1/40.000 la souche homologue, et jusqu'au 1/10.000 les autres souches. Les différentes souches de bacille de Pfeiffer se comportent diversement devant les sérums agglutinants et ceux-ci ne permettent ni de les grouper ni de les diviser.

Certains auteurs, cependant, pensent que les souches d'origine méningée forment un groupe sérologique relativement homogène (Wollstein, Rivers).

Fixation de l’alexine. — Les réactions de fixation de l’alexine pratiquées avec les mêmes sérums donnent des résultats plus

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