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bacille en question pousse sur gélose extrait globulaire à l'exclusion de la gélose ascite et de la gélose ordinaire.
Un certain nombre d'erreurs peuvent cependant être commises « si les bactéries sont rares, courtes etintracellulaires, elles peuvent passer inaperçues ou être considérées comme des méningocoques ». Ce fut en particulier le cas de notre observation I.
« Si l’évolution est lente, le liquide limpide et le culot de centrifugation constitué par des mononucléaires, de rares bacilles de Pfeiffer peuvent être pris pour des débris cellulaires, on pourrait alors penser à une méningite tuberculeuse. » (Legroux et Giroud.)
On aura avantage dans ces cas à faire les frottis en émulsionnant sur la lame un petit fragment du culot de centrifugation dans une goutte d’eau. On évitera ainsi la formation des filaments de fibrine qui risquent de cacher les bacilles en les englobant dans leurs mailles et parfois même de les simuler.
Lorsque le liquide est très purulent et riche en bactéries, un ensemencement abondant peut permettre la culture en milieu ordinaire ou sur gélose ascite. L'observation de Ragiot et Souchard que nous reproduisons en est un exemple. La culture est alors en général maigre. Elle est constituée par de pelites colonies très transparentes, plates, souvent plus nombreuses aux abords du liquide de condensation où elles peuvent être légèrement blanchâtres.
Il semble que dans ces cas le bacille de Pfeiffer trouve les substances nécessaires soit dans le pus, soit en les empruntant aux bactéries mortes. Quoi qu'il en soit, quelques repiquages suffisent à montrer que le microbe ne peut vivre sur gélose ordinaire ou gélose ascite, alors qu’il prospère sur gélose extrait globulaire. Ce caractère établi, on peut affirmer qu'il s'agit du bacille de Pfeiffer.
IL est cependant un bacille qui présente les mêmes exigences culturales : le bacille de Weeks. Celui-ci a été vu pour la première fois par Koch, en Égypte, en 1883, dans des conjonctivites aiguës. Wéëk: en 1885, le retrouve à Philadelphie au cours d’une épidémie de conjonctivite subaiguë (Pink eye), le cultive en association avec un bacille massué et établit expérimentalement son rôle pathogène. V. Morax, à Paris, l'obtient ensuite en culture pure en 4891.
En dehors de ces conjonctivites aiguës, on le retrouve égale-
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ment sur la conjonctivite des trachomateux dans 25 à 50 p. 100 des cas. Enfin, ces années dernières, différents auteurs ont décrit des méningites à bacille de Weeks.
Or, la morphologie, les propriétés biochimiques, les exigences nutritives du bacille de Weeks sont absolument les mêmes que celles du bacille de Pfeiffer (Knorr et Goelen). Les sérums agglutinants préparés avec un bacille de Weeks n'agglutinent en général que la souche antigène. Ceux préparés avec un Pfeiffer n’agglutinent pas le bacille de Weeks, mais nous avons vu qu'ils n’agglutinaient pas non plus tous les bacilles de Pfeiffer. Seuls son origine et son pouvoir pathogène permettent de l’en séparer : on le retrouve sur la conjonctive, et il peut (7 fois sur 24 d’après Durand et Lombroso) causer une conjonctivite aiguë cliniquement bien individualisée.
Les deux microbes sont donc très voisins et nous ne voyons pas comment on peut identifier comme bacille de Weeks une bactérie isolée d’un liquide céphalo-rachidien, alors que c’est l'origine conjonctivale qui, jusqu’à présent, individualise seule cette bactérie.
D'autres organismes ont été décrits qui diffèrent du bacille de Pfeiffer en ce qu'ils n'exigent pour cultiver qu’un seul des deux facteurs X et V. Le plus anciennement connu est le bacillus hemoglobinophilus Canis, de Friedberger, dont le facteur X suffit à assurer la culture. D'autres, appelés bacilli para influenzae par les auteurs américains, poussent dans les milieux additionnés de V. Jusqu'ici aucun microbe de ces types n'a été retrouvé dans les méningites.
Rappelons encore que, d'après Cohen, le microbe causal de la méningite à bacille de Pfeiffer serait un microbe voisin de ce bacille, en différant toutefois par son pouvoir pathogène spécial pour le lapin et par la fréquence des accidents pyohé-
miques concomitants. Il ne nous semble pas que ce pouvoir pathogène, qui d’ailleurs reste douteux, suffise à individualiser un microbe spécial.
En pratique donc, en présence d’un bacille Gram négatit isolé d’une méningite, le fait que ce bacille cultive sur milieux à l'extrait globulaire et non sur les milieux ordinaires suffit à affirmer qu'il s’agit bien d'un bacille de Pfeifer.
Enfin, signalons la possibilité de trouver le bacille de Pfeiffer associé à un autre germe : méningocoque (?), streptocoque.