‹ Le Diagnostic de la Tuberculose par les Procédés de LaboratoireChapitre 17 sur 29 · CASQUE · texte numérisé non relu

CASQUE

réaction et l'intradermo-réaction de Montoux ont seules survécu. Nous les citerons toutes en nous efforçant. de donner pour chacune d'elles l'opinion actuelle des auteurs.

‘Quelle tuberculine faut-il utiliser ?

A. Tuberculines contenant seulement les toxines solubles ou exo-bacillines.

4° « L'original tuberkulin » (T. O. D):

Une culture de bacilles sur bouillon glycériné est filtré €:

Le filtrat ne contient que les poisons diffusibles du bacille ;

% La tuberculine ancienne de Koch (T. A.) ou tuberculine brute. Obtenue en concentrant, au bain-marie, le filtrat d’une

culture de bacilles tuberculeux en bouillon de veau peptoniséet -

glycériné. Préparée à l'Institut Pasteur de Paris;

3° La tuberculine « pour l'usage médical » de l'Institut Pasteur de Paris est la tubereuline (T. A.) de Koch précipitée par l'alcool et livrée en ampoules contenant une solution au centième ;

4 Le bouillon filtré de Denys de Louvain:

5° La tuberculine de Jacob;

6° La tuberculine bovine de Spengler.

B. Tuberculine contenant seulement les toxines fixes ou endo-bacillines : ; :

1° La tuberculine « résiduelle » de Koch (T. R.). Obtenue avec des bacilles desséchés, broyés au mortier et dilués dans l'eau distillée.

G. Tuberculines contenant à la fois Les endo et Les exo-bacillines :

& L'émulsion bacillaire de Koch (T. E.) ou « nouvelle tuberculine » ;

9° L'émulsion bacillaire de Borrel préparée par l'Institut Pasteur de Paris ;

10° L'émulsion bacillaire de Fritz-Meyer ;

11° La tuberculine de Calmette (CG. L.) ;

12° La nouvelle tuberculine de Vallée ;

13° La tuberculine de Béraneck.

Pour les tuberculino-réactions, on emploie la vieille

APS à LUE

tion de Koch (T. A.) (cuti-réactions) ou la tuberculine de l’Institut Pasteur diluée à 1 p. 100 (ophtalmo-réaction).

La sous-cuti-réaction. — Découverte en 1890 par Koch, en injectant de la tuberculine dans le tissu cellulaire sous-cutané. Elle à une haute valeur spécifique, mais peut avoir des inconvénients entraînant des contre-indications formelles.

L'injection détermine dans les cas positifs une triple réaction : réaction locale de foyer (signes congestifs avec loux et expectoration)}, réaction générale thermique d'au moins un demidegré avec parfois céphalée, malaise général, réaction locale au lieu d'injection, caractérisée par une induration dermique précoce.

Une injection trop forte peut entrainer l'extension du processus tuberculeux avec aggravation de l’état général et de l’état local. Les contre-indications sont très nombreuses et, d’ailleurs, la méthode a une mauvaise réputation en France. On préfère les procédés qui ne visent qu’à obtenir une réaction locale au point d'inoculation.

L’ophtalmo-réaction. — Proposée presque en même temps (1907) par Wolf-Eissner puis par Calmette. Sur la conjonctive : oculaire, dans l'angle interne de l'œil, on fait tomber une goutte de tuberculine à 1 p. 100, à 1/2 p. 100 chez l'enfant. Si la réaction est positive, on voit, vers la quatrième heure, la conjonctive et la caroncule rougir. La réaction maxima s'observe de “la huitième à la vingt-quatrième heure. Positive, elle est d'autant plus nette et rapide que l'organisine se défend mieux et est plus résistant.

On ne pourra renouveler l'épreuve sur le même œil que deux mois après, celui-ci étant hypersensibilisé. Pour le diagnostic précoce de la tuberculose, cette méthode est commode et précise.

Calmette recommande d’y avoir recours chez les enfants âgés de moins de 5 ans. Cette réaction est moins sensible que la cutiréaclion ou l'intradermo-réaction, ce qui constitue peut-être un

Tage

avantage, les vieux foyers éteints ou latents ne donnant pas une réaction positive. Les malades cachectiques ne réägissent pas. va Accueillie avec faveur, elle a été à peu près abandonnée à cause de quelques cas d'ophtalmie ou de kératite signalés et causés, sans doute, par l'usage de solutions non stériles.

La dermo-réaction. — Procédé de Lignières : Il consiste en une friction à la tuberculine sur la peau dont on vient de raser une surface de 1 à 2 centimètres carrés.

Procédé de Lautier : On tient appliquée pendant quarantehuit heures, sur la peau du bras, une boulette de coton hydrophile imprégnée de tuberculine. ;

Avec ces deux procédés, une réaction positive se me par une rougeur œdémateuse après quarante-huit heures à trois jours.

Procédé de Moro : Application d'une pommade tuberculine + lanoline. :

Larhino-réaction de Lafitte-Dupont et Molinier, Moller (1908).

L’urétro et vagino-réaction d'Oppenheim et Schwub (1908).

La méthode transcutanée de Moro et Doganof (1908).

La stich-réaction d'Hamburger (1908).

Le procédé indirect de Marmoreck et Nattan-Larrier.

Toutes ces réactions n'ont pas donné de bons résultats et ne sont pas toujours pratiques.

La cuti-réaction. —. Sa supériorité sur toutes les variantes n'est plus discutée. La simplicité de son exécution, son innocuité, sa valeur diagnostique et: pronostique, en font-un procédé intéressant.

La technique est trop connue pour être décrite.

Quarante-huil heures après l'innoculation de tuberculine brute — qui à l'avantage de se conserver indéfiniment — on doit noter le résultat. Si la réaction est positive, elle est surtout caractéristique par l'infillration cutanée, bien plus que par la coloration : « Cest bien plus au doigt qu'à l'œil qu'on juge une :

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bonne réaction. » (Jousset). Rougeur, surélévation, induration, sont Les trois éléments constitutifs de la cuti-réaction positive. Mais ces caractères sont très variables, et, en général, du troisième au cinquième jour, la saillie s’efface et des croûtelles se forment, puis tombent sans laisser de cicatrices. Cette réaction ne s'accompagne d'aucun phénomène subjectif et général : pas d’élévation thermique, pas de réaction de foyer et l'engorgement ganglionnaire ést exceptionnel. L’imprécision. de la dose de tuberculine absorbée et l'infection secondaire des scarifications sont deux inconvénients, ee

La cuti-réaction ne comporte pas de contre-indications; on s’abstient seulement en cas de lésions cutanées.

Nous avons vu qu’elle était une manifestation allergique d'une tuberculisation antérieure. Elle indique que l'individu a été touché par le bacille de Koch. Von Pirquet pensait que la présence du bacille n'était pas nécessaire et que la réaction positive dépendait seulement des propriétés humorales acquises définitivement lors d'une première infection.

Actuellement, on admet qu'il n'est pas nécessaire qu’un foyer soit en évolution. Tout individu qui, à un moment donné, a été contaminé, qui même, sans avoir eu la moindre manifestation de tuberculose, conserve en un point quelconque de son organisme, le plus souvent dans un ganglion, quelques colonies bacillaires, donnera une réaction positive.

La méthode a un très grand intérêt social, mais sa sensibilité lui ôte de son importance clinique. Sa valeur diagnostique n'existe que chez l’enfantau-dessous de 3 ans, car à la naissance la cuti-réaction est négative même si l'enfant est de souche tuberculeuse. Chez l'adulte, elle perd de son intérêt pratique, ‘parce que, à partir d’un certain âge, tout le monde est plus ou moins contaminé, au moins dans les grandes villes.

Raymond Letulle et Gruysez, à l’Institut Pasteur de Lille, ont pratiqué la cuti-réaction sur 2.108 sujets appartenant aux milieux sociaux les plus divers. Le tableau suivant est emprunté à l’article de G.-H. Roger, dans Le tome IV du Nouveaux traité de médecine de Roger, Widal, Teissier :

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Nombre de sujets . Pourcentage Age. soumis à l'épreuve. desréactions positives. De:01aMsan reset 405 5,6 p. 100.

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Il est frappant de voir augmenter le pourcentage des réaclions positives chez les enfants sains ou simplement suspects, au fur et à mesure que l’âge est plus avancé. Ceci prouve bien quelle est la fréquence de la tuberculisation infantile et le rôle que peut jouer la cuti-réaction pour déceler les formes latentes.

Dans tous les cas d’anergie provoquée par l'apparition d'une infection intercurrente, elle acquiert une valeur indirecte. Une cuti-réaction positive chez un malade pour lequel on hésite entre une fièvre typhoïde et une bacillose, élimine l'idée de dothiénentérie. Dans la rougeole, la cuti-réaction est légère dès la période fébrile, négative à l'apparition de l’exanthème et redevient positive quand l’éruption à disparu. Enfin, la faculté de produire des anticorps fléchit et finit par disparaître dans la cachexie profonde et l'agonie; on a alors une cuti-réaction négative.

A partir de quel âge le nourrisson peut-il répondre à l'épreuve de la cuti-réaction? Si le nouveau-né ne réagit jamais, Von Pirquet estime qu'à 3 mois les moyens de défense sont suffisants pour qu'on ait une cuti-réaction positive.

Quelques observations intéressantes sont citées, à cet égard, dans Ja thèse de M" Mioche (Paris, 1919). D'après Combe (de Lausanne), un bébé est nourri six semaines par une mère phtisique, atteinte de caverne pulmonaire à droite et à gauche. A 2 mois, l'enfant est hospitalisé. La culi-réaction pratiquée tous les quiuze Jours ne fut positive pour la première fois que vers le cinquième mois seulement. Par contre, on cite (Jeanneret,

Hamburger) quelques rares observations de nourrissons ayant réagi à { mois. Sur 28 culi-réactions faites chez des enfants de moins de ! mois, M'* Mioche en a constaté une seule posilive.

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