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Weill, Bertoye et Bernheim, à la Société médicale des hôpitaux de Lyon {20 mars 1993), citent le cas d’un nourrisson de 3 mois mort de broncho-pneumonie tuberculeuse.
L'autopsie permit de constater des nodules caséeux dans les deux poumons, le foie et la rate. La cuti-réaction était fortement positive.
A la même société, le même jour, Mouriquaut rapporte un cas semblable. Un enfant de 3 mois entre avec une bronchite et une température de 38 degrés. Deux jours plus tard, il présente des signes méningés et un liquide céphalo-rachidien avec lymphocytose et hyperalbuminose. La cuti-réaction fut positive.
L’autopsie révéla des tubercules pulmonaires.
D'après les différentes statistiques publiées pour les douze premiers mois, c'est vers le cinquième mois que l'on voit apparaître la proportion des enfants ayant une euti-réaction positive s'élever à 12,6 p. 100. Puis cette progression s’accuse, le bébé s’agite, on le sort de son berceau et à 12 mois le pourcentage s'élève à 20 p. 100; à 15 ans, il arrive à 75 et même 80 p. 100!
Il faut signaler que dans les campagnes et les milieux aisés ces chiffres croissent moins vite.
Si la cuti-réaction n’a une réelle valeur diagnostique qu'audessous de 3 ans, elle semble être le meilleur signe de tuberculose chez le nourrisson. « Il y a lieu de la pratiquer dans toutes les collectivités d'enfants pour déceler la tuberculose de façon très précoce, car le plus souvent les signes cliniques ne le permettent pas. » (Weill).
Sa valeur pronostique est considérable ; c’est, d'après Jousset, le meilleur critérium que nous possédions de la sévérité d’une tuberculose en évolution. On a remarqué (Nocard, Non Pirquet) que les fortes réactions correspondaient à des tuberculoses discrètes. Jousset considère que, pour un œil exercé, il y a toute
une gamme de culi-réactions très suggestive; exécutée en série,
il prétend même qu’on en voit les oscillations. suivre exactement celles de la tuberculose, permettant de dresser une courbe des valeurs humorales d'un sujet. Mais la cuti-réaction ne for-
mule aucune prédiction à longue échéance chez l’adulte. Elle Brun )
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indique seulement la valeur de résistance humorale du sujet considéré au moment de l'épreuve.
Chez l'enfant, au contraire, le pronostic des cuti-réactions positives pendant les deux premières années a une signification très précise.
M'e Mioche, dans une statistique impressionnante, signale que sur 142 enfants ayant eu une cuti-réaction positive au-dessous de 1 an, 98 sont morts dans un délai variant de quelques jours à 2 ans, exceptionnellement 4 ans, soit 69 p. 100 ! 29 enfants sont morts dans la semaine qui a suivi la cuti-réaction positive; 26 dans la quinzaine. On voit combien la maladie-évolue rapidement. Une statistique de Schick montre que 72 p. 100 des enfants à cuti-réaction positive au cours de la première année meurent avant d'atteindre la deuxième. Combe donne le chiffre de 85 p. 100.
Marfan est très affirmatif et déclare « qu'il ne se rappelle pas avoir connu d'enfants qui aient survécu longtemps à une cutiréaction positive avant { an ».
Le nourrisson, en effet, se défend mal, il a une tendance à la généralisation rapide. Plus il est infecté tardivement et mieux il est armé pour la lutte. C’est pourquoi une cuti-réaction positive avant Î an sera, le plus souvent, le signal d’une tuberculose évolutive. ‘
L’intra-dermo-réaction. — Après la cuti-réaction, la méthode la plus employée est certainement l'intra-dermo-réaction de Montoux. Elle consiste à injecter dans le derme de la solution à à 1/5.000 de tuberculine de l'Institut Pasteur.
La réaction positive se caractérise par l'apparition, douze ou vingt-quatre heures après, d'un nodule inflammatoire plus ou moins grand, tout à fait comparable, à la vue et au toucher, à un élément d° éry thème noueux. La force dela réaction se juge
surtout par l'intensité des phénomènes, notamment par l'étendue de l'induration qui est le symptôme essentiel.
L'intra-dermo-réaction présente une sensibilité plus considérable que celle de la cuti-réaction et reparait plus vite après les
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maladies « empéchantes ». À cause de son dosage rigoureux de la tuberculine, l'intra-dermo-réaction devient aussi un guide sûr pour la conduite du traitement tuberculinique.
Mais elle présente des inconvénients : elle peut donner une Jégère élévation thermique, très rarement des phénomènes de foyer (Jeanneret). Comby a signalé une escarre locale au point d'inoculation ; enfin la distension du derme par le liquide injecté est le plus souvent douloureuse.
D'autre part, la minutie de la technique, la nécessité d’avoir une aiguille à biseau très court, une stérilisation et une aseptie parfaites, un titrage rigoureux de la tuberculine, sont des inconvénients quand il s’agit d'obtenir des réactions en grande a RER TS ;