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CHAPITRE VIH

La réaction de fixation.

La réaction de Bordet-Gengou appliquée à la tuberculose a subi, au cours des dernières années, des modifications importantes. Chaque fois son intérêt scientifique s’est trouvé augmenté. Nous allons voir quel usage on en fait actuellement dans la pratique.

Les premières recherches expérimentales furent faites, en 1901, par Bordet-Gengou. La même année, Widal et Le Sourd tentèrent les premières applications à la clinique. Ce furent les

premiers essais qui amenèrent plus tard Wassermann et Brück à appliquer la méthode au diagnostic de la syphilis. Mais alors que la réaction de B.-W. recevait une application immédiate, la réaction de fixation dans la tuberculose restait l’objet de

nombreuses recherches.

Les travaux de Widal et Le Sourd (1901), puis ceux de Camus et Pagniez démontrèrent bien la présence d'anticorps spécifi-

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ques dans le sérum des tuberculeux, mais ils n'aboutirent à aucun résultat bien net à cause de l'insuffisance des antigènes

et du manque de précision de la technique. Les uns utilisèrent comme antigènes des bacilles tuberculeux homogènes d’Arloing 1000 et Courmont, les autres une tuberculine précipitée. Bordet et Gengou (1903), Wassermann et Lüdke (1906), constatèrent encore la présence des anticorps tuberculeux. . Calmette et Massol, en 1908, publièrent la première statislique. |

Caufield, en 1911, obtint un pourcentage de 33 p. 100 de cas

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positifs chez des tuberculeux pulmonaires avec, comme antigène, une émulsion bacillaire.

R. Letulle, dans sa thèse (1912), rapporte 89,15 p. 100 de réactions positives chez les tuberculeux ; il observe l'absence d'anticorps à la période ultime de la maladie.

ïufin, l'étude systématique et fructueuse de la réaction de fixation appliquée à la tuberculose commence avec l'apparition de l’antigène peptoné de Calmette et Massol (1912) et de l'antigène à l'œuf de Besredka (1913).

Calmette et Massol obtiennent alors 92 p. 100 de réactions positives. Kuss, Leredde et Rubinstein obtienrent, avec l'antigène de Besredka, 85 p. 100.

À partir de ce moment, de nombreuses statistiques furent publiées, faites, pour la plupart, avec une même technique et les mêmes antigènes. |

Les méthodes. — On utilise actuellement deux méthodes : la méthode au sérum chauffé et la méthode au sérum non chauffé.

La première, proposée par Calmette et Massol, a subi des modifications. Le principe consiste à mettre des doses constantes d’antigène tuberculeux et de sérum en présence de quantités croissantes d’alexine.

La seconde, au sérum non chauffé, à été utilisée plus récemment.

On a adopté un procédé calqué sur la réaction de Hecht-Bauer pour le diagnostic de la syphilis.

Le 28 janvier 1922, L. Goldenberg proposait à la Société de biologie un procédé rapide au sérum non chauffé, qui était un perfectionnement apporté à la méthode primitive; celle-ci avait déjà donné des résultats encourageants à Pellier, Ch. Massias el Rouslacroix. L'auteur à voulu titrer exactement le pouvoir hémolytique du sérum à examiner et a ajouté un tube témoin spécial, dit chronométrique. |

Les antigènes. — On à recours à deux antigènes, toujours les mêmes; l'un d'eux, l’antigène méthylique de Nègre et Boquet, est un extrait de bacilles de Koch; l’autre est l’antigène de

Se

Besredka. C'est une culture de quatre jours sur le milieu à l'œuf, stérilisée et rendue homogène par agitation.

Étude comparative des deux procédés. — Examinons quelques statistiques afin de connaître la valeur respective des procédés « chauffé » et: « non chauffé ».

En 1920, Goldenberg et Fried signalent à la Société de biologie qu’ils ont obtenu par le procédé au sérum chauflé, au cours de leurs recherches antérieures, un pourcentage de 94 p. 100 de réactions positives chez des tuberculeux pulmonaires. :

Par contre, chez 145 tuberculeux pulmonaires, ils ont eu 137 réactions positives.(93,75 p. 100) au sérum non chauffé, les 8 cas négatifs appartenant à des malades morts huit jours à six semaines après. |

Chez 11 tuberculeux chirurgicaux (ostéites, maux de Pott), ils ont eu 11 réactions positives (100 p. 100).

Chez 19 malades atteints de maladies non tuberculeuses, ils ont eu 100 p. 100 de réactions négatives.

Toutes ces réactions au sérum non chauffé ont été contrôlées par le procédé au sérum chauffé.

Les auteurs concluent qué les réactions se valent.

D'une étude faite à Berck sur 689 malades atteints de tuberculoses chirurgicales, Mozer et Fried (Comptes rendus de la Société de biologie, 1920) concluent que « les résultats fournis par les deux méthodes ont été en tous points comparables ».

J. Belot (Archives médicales des enfants, 1922) signale qu'il a obtenu par les deux méthodes des résultats absolument superposables. |

- Sur 48 examens pratiqués par les deux procédés chez des sujets atteints d’affeclions variées, Arloing et Langeron (Revue de la tuberculose, 1922). trouvent partout des résultats concordants. |

Ch. Massias (Société de biologie de Bordeaux, 1922) a trouvé une réaction positive dans 92 p. 100 des tuberculoses évolutives et actives et dans 45 à 75 p. 109 des tuberculoses,. lentes, inactives, pleurales, ganglionnaires, osseuses, par le procédé non chauffé.

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