‹ Le Diagnostic du Bacille de la DiphtérieChapitre 2 sur 33 · CE M · texte numérisé non relu

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d'Hofmann, non pathogène, qui se montre presque toujours sous la forme courte.

- Enfin, on méconnaissait aussi un autre germe très voisin du bacille diphtérique, beaucoup plus voisin de ce dernier que le bacille d'Hofmann, qui, simple saprophyte de la peau, pousse également bien sur le sérum coagulé et a pu parfois prêter à confusion.

Ainsi donc, non seulement le diagnostic était malaisé, mais encore l'obscurité qui régnait sur les véritables rapports qui existent entre le bacille diphtérique et les bacilles voisins avaient des conséquences graves : en effet, la notion d’un germe banal, hôte très fréquent de la gorge, rencontré souvent chez des individus sains, en dehors de tout milieu contaminé (parfois 50 fois sur r00 personnes, et même plus) et susceptible de recouvrer sa virulence sous des influences. mystérieuses et de devenir, par suite, du bacille diphtérique pathogène, semblait démontrer l’inutilité de toute mesure prophylactique (recherche des porteurs, isolement).

La meilleure preuve de la réalité de cet état de choses

est fournie par les statistiques des porteurs de germes dans les mileux civils et militaires, contaminés ou non. Suivant les auteurs, leur pourcentage varie de 20 à 30 environ, tandis qu’en utilisant les procédés qui permettent la détermination du nombre exact des porteurs de bacille diphtérique ‘authentique, on ne dépasse pas le chiffre de 3 %. |

Les procédés de diagnostic en usage jusqu’à ces derniè-

res années étaient tellement peu satisfaisants que C.-W,

Broers a pu écrire en 1915 : « En lisant ces lignes, on peut avoir l’impression que le diagnostic bactériologique de

la diphtérie est un travail à faire désespérer, »

Pour donner une idée de l'embarras où l’on se trouvait quand on avait à faire le diagnostic de bacille diphtérique, nous citerons des extraits d'un travail publié le 22 juillet 1917, par Aviragnet et Mile Le Soudier, sur les « caractères différentiels entre le bacille de Lôffler et le bacille d'Hofmann » dans le Balletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris, et paru-huit jours avant notre note sur la « recherche et la détermination rapide du bacille

diphtérique chez les malades et les porteurs ».

« Pour le bactériologue, disent les auteurs cités ci-dessus, la culture en tube de Veillon est des plus instructives: mais, pour le clinicien, elle est moins utile à cause du temps trop long qu'elle nécessite, quatre à cinq jours au

moins. : u , £ À

« En pratique, il faut se contenter de la simple culture en vingt-quatre heures sur sérum, c’est-à-dire que le diaenostic de laboratoire, pouvant aider la clinique doit s'établir d’après la morpholôgie ; or, on sait combien il: est difficile de reconnaître sur les lames un bacille diphté-

rique court d’un bacille d'Hofmann long.

« Nous avons cherché à y parvenit après avoir étudié longuement des cultures pures de corynebacterium diphteriæ et de corynebacterium commune, identifiées au

moyen des épreuves classiques et de la culture sur gélose.

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« I ne faut certainement pas attacher une valeur absolue à ce diagnostic rapide, basé sur les seuls caractères morphologiques; mais, en prenant cert#ines précautions, et surtout après avoir observé un grand nombre de bacilles courts diphtériques poussant sur gélose, et pathogènes pour le cobaye, on peut interpréter un grand nombre de cas douteux. Pour cela, il importe d'opérer suivant une technique rigoureuse, {ant pour le prèlevement des exsudats et l'ensemencement des tubes, que pour l'examen macroscopique et microscopique des colonies sur sérum ; si bien que la bactériologie de la diphtérie, simple en principe, exige dans chacun de ses détails une grande minutie pour procurer au clinicien les renseignements

dont il a besoin.

« L'étude de toutes les colonies du tube de sérum serait trop longue s’il fallait colorer chacune d'elles; cette étude est pourtant nécessaire pour affirmer la présence ou l’absence de bacille diphtérique. Avec un peu d'habitude, on sroupe facilement les colonies d’après les caractères indi-

qués, et l’on ne colore que les différents types.

« L'examen de la culture ne présente pas de difficultés si le bacille diphtérique est abondant : mais si l’on ne trouve sur les premières lames que du bacille d’Hofmann, il faudra, pour que le diagnostic ait de la valeur, contrôler avec soin chaque colonie douteuse, c’est-à-diré moins

humide ou un peu plus surélevée.

« Ces caractères différentiels (aspect des colonies,

forme des bacilles ,granulations), sans doute difficiles à

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saisir comme on devait s’y attendre entre deux bacilles si voisins, ne pouvaient être précisés avant l’épreuve sur gélose, les autres procédés de laboratoire ne permettant

pas toujours, eux non plus, un diagnostic certain.

« Nous avons étudié ces différences morphologiques sur des échantillons identifiés après ensemencement sur gélose. Si l’on a pris la peine d'étudier ainsi un certain nombre de colonies des deux espèces, colonies parfaitement purifiées et bien colorées, il devient moins difficile de distinguer, à l’aide des seuls caractères morphologiques, un bacille diphtérique vrai d’un bacille diphtérimorphe non diphtérique.

« Cependant, on ne peut attribuer une valeur absolue à l'examen de laboratoire. Le bactériologiste peut certifier la présence ou l’absence de bacille diphtérique sur les lames qu’il a examinées; mais il a pu ne pas découvrir les colonies diphtériques existant dans le tube, si elles sont très rares, ou même ne pas cultiver le bacille, s’il est

localisé au larynx ou à l’amygdale pharyngienne. »

La lecture de ces extraits, aussi bien que celle du travail in extenso, donnent l'impression que le diagnostic est environné d’incertitudes à chaque pas; tous les caractères invoqués doivent être l’objet d’une critique serrée et, après un travail minutieux, l'embarras est grand pour conclure; on verra, dans la suite du présent travail, que l'emploi du milieu horizon fait tomber toutes ces incerti-

tudes et rend le diagnostic aisé, rapide et sûr,

AOC

. Au cours de la guerre, on a assisté à une véritable évolution de la question : en 1917, en effet, de nouveaux procédés d'isolement èt d'identification résolurent enfin le problème qui se pose aujourd'hui avec netteté et précision. |

L. Martin et G. Loiseau ont, en effet, préconisé dans un but diagnostique, la culture du bacille diphtérique, préalablement isolé à l’état de pureté, en tube de Veillon, où ce germe se comporte comme un anaérobie, tandis que le bacille d'Hofmann ne pousse que dans la zone d’aérobiose. Ce procédé fut appliqué et étudié par Aviragnet et Mlle Le Soudier, Rist et R. Letulle, Stévenin; il fut perfectionné un peu plus tard par l’adjonction de teinture de tournesol qui permet de réduire le temps de culture nécessaire pour avoir la réponse; cette méthode mit enfin entre les mains des bactériologues un moyen sûr permettant de différencier le bacille de Lôffler du bacille d’Hofmann.

La même année, nous nous sommes mis à notre tour en collaboration avec S. Costa et J. Troisier, à étudier la question, et de nos recherches est né le milieu horizon qui nous a permis l’étude comparative des fermentations sucrées du bacille diphtérique.et des bactéries diphtérimorphes, ainsi que de leur pouvoir hémolytique : par ce procédé on sépare d’une façon catégorique le bacille de Lôffler du bacille d'Hofmann, et cela dès le premier ensemencement; c’est donc à la fois un milieu d’isolement et d'identification.

Nous avons attiré l’attention sur la confusion possible

qui pouvait s'établir entre le bacille diphtérique et le bac-

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