PERIODE DE DEBUT
Cette partie de notre exposé sera nécessairement courte car, comme nous l’avons dit précédemment, /e diagnostic précoce, étant donné l’absence de signes cliniques caractéristiques du début du cancer iléo-cæcal, ne peut être que radiologique.
Il convient, toutefois, de passer rapidement en revue les divers symptômes présentés habituellement par les malades à cette période, du moins ceux qui sont le plus fréquemment mentionnés dans les observations que nous avons pu recueillir et que la plupart des auteurs ont décrits. Ces symptômes, en tant que prétexte à un examén complet (et en gastro-entérologie il n’est pas d’examen complet sans examen radiologique) pourront mettre indirectement le médecin sur la voie, du diagnostic. Mais c’est là, malheureusement, une éventualité encore assez peu fréquente.
En effet, les malades qui viennent Re à cette période, se plaignent, généralement, de troubles fonctionnels aussi variés et divers que possible et ce -n’est que très exceptionnellement qu'ils attireront l’attention du médecin sur la région iléo-cæcale.
Souvent, ainsi que nous avons pu le relever dans un certain nombre d’observations, il s’agit d’un malade ayant dépassé la quarantaine dans la majorité des cas,
présentant des troubles de type dyspeptique et se plaignant de nausées, de ballonnement, de vomissements après les repas. Plusieurs auteurs ont attiré l’attention sur le fait que, fréquemment, ces troubles survenaient par crises, et c’est alors, bien souvent, le diagnostic de lésion gastrique qui est porté en raison de cette périodicité. D’autres fois, la localisation, le type et la modalité de la douleur, associée aux nausées, aux vomissements périodiques, pourront faire penser plutôt à une lésion vésiculaire.
Enfin, très souvent aussi, le malade se présente à la consultation non plus pour des troubles dyspeptiques, mais pour des troubles intestinaux à type de diarrhée ou de constipation. Dans le premier cas il s’agit ordinairement d’une réaction de colite que l’on trouve souvent associée au cancer à cette période, et le diagnostic s’égarera évidemment dans ce sens; dans le second il s’agit soit de phénomènes de stase, soit de troubles spasmodiques provoqués par la lésion au début. Mais, bien souvent, la constipation est antérieure au cancer, un certain nombre d’auteurs, du Castel en particulier, lui faisant d’ailleurs Jouer un rôle étiologique important, aussi est-il impossible d'attribuer à ce symptôme, pas plus qu’à la diarrhée, une valeur diagnostique queiconque.
- Là encore, un certain nombre d’auteurs ont relevé la grande fréquence de l’évolution par crises. Périodes de constipation ou périodes de diarrhée, les deux poukant d’ailleurs alterner, une débâcle diarrhéique succédant alors à la constipation, doivent, lorsqu'elles surviennent chez un malade de plus de 40 ans, éveiller l’attention du médecin qui doit toujours avoir, « l’arrière-pensée du cancer ».
Dee CUS
Les symptômes que nous venons de passer rapidement en revue doivent d'autant plus éveiller son atten- . tion que l’état général du malade semble ne pas correspondre à la bénignité des troubles qu’il accuse. Parfois, e’est un amaigrissement progressif considérable, que rien ne semble justifier, qui donnera l’alarme, d’autres fois une asthénie qu’accompagne une anoreñie 1mportante et si l’on a la curiosité, à cause de la pâleur et du teint particulier du malade, de faire une numération elobulaire, souvent on constatera une anémie importante sans rapport avec des enterroragies qui, à cette période, sont exceptionnelles. Ces derniers signes généraux semblent surtout être le fait du cancer cæco-valvulaire à forme tumorale, vu le caractère toxique des résorptions qui se font au niveau des tumeurs bourgeonnantes.