‹ Le Diagnostic et le Traitement Chirurgical des Étranglements InternesChapitre 26 sur 32 · LU · texte numérisé non relu

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dent les tumeurs intra-pelviennes plus faciles à constater. On explorera le vagin, le rectum, la vessie, les fosses iliaques, et cet examen attentif pourra fournir d’utiles indications.

V. — Les PHÉNOMÈNES D'ÉTRANGLEMENT RECONNAISSENT POUR CAUSE UN RETRÉCISSEMENT DE L’INTESTIN.

Si les manifestions symptomatiques des étranglements dus à l'effacement de la cavité de l'intestin par une tumeur qui le comprime n’ont rien de caractéristique, et sile diagnostic doit en être fondé presque uniquement sur la connaissance de l'agent de la compression et des désordres antérieurs qu'il a pu produire, il n’en est plus de mème ici, où nous sommes en présence de caractères bien tranchés qui donnent aux accidents consécutifs au rétrécissement de l'intestin, une physionomie toute particulière. $i on ajoute à ces éléments les données fournies par les commémoratifs, il sera presque toujours facile d'arriver à un diagnostic exact; les lésions sont en effet souvent connues depuis longtemps, et le médecin qui en suit les progrès prévoit une époque où elles donneront lieu à l'occlusion de l'in: testin. Aussi pouvons-nous dire, d’une manière générale, que les étranglements par rétrécissement, sont les étranglements chroniques par excellence.

De tuutes les variétés d'étranglement, celle-ci est une des plus communes (1), ce qu’on peut attribuer à la fréquence malheureusement si grande des lésions carcinomateuses du tube digestif. Le rétrécissement de l'intestin est, en effet, assez rare à l’étatde simplicité, e’est-à-dire en l’absence d’une affection cancéreuse ou d'une uülcération tubercu= leuse.

. Quelle que soit d’ailleurs la cause, la connaissance des antécédents est ici de toute importance.

(1) Nous en avons recueilli une trentaine d'observations, dont une inédite que nous donrierohs plus loin.

Au point de vue de l’anatomie pathologique, M. Duchaussoy divise les entérosténoses en trois groupes distincts : rétrécissements cancéreux, inflammatoires ou cicatriciels, hypertrophiques ; nous conserverons cette division pour le diagnostic, ces trois espèces ayant des symptômes qui ne sont point absolument identiques.

Rétr écisssements cancéreux. — Tous les auteurs s'accordent à dire (voir les statistiques de Fagge, Brinton, Duchaussuy), que les rétrécissements cancéreux sont beaucoup plus fréquents dans le rectum et 1S que dans ies côlons; en tout cas, ils sont fort rares dans l’iléon où, sur 22 cas, M. Fagge ne l’a trouvé qu’une seule fois.

Avant de produire des phénomènes d’occlusion, la lésion cancéreuse se manifeste par une série d’avertiscements auxquels on ne peut guère se tromper. La constipation plus ou moins absolue n’arrive qu'après une longue période, pendant laquelle elle est fréquemment interrompue par des évacuations de matières diarrhéiques d’aspect et de caractères particuliers, ichoreuses et fétides, mais non sanglantes, comme dans l'étranglement par invagination. En outre, si elles contiennent des matières solides, celles-ci seront rubanées ou comme passées à la filière, selon la forme de l’ouverture qu’elles ont dû traverser ; cette particularité indique d’ailleurs que le rétrécissement siége dans le rectum, car sans cela ces matières auraient le temps de se déformer avant d’arriver à l’anus.

A mesure que la lésion fait des progrès, elle donne lieu à des attaques d’étranglement incomplet, qui sont chaque fois plus inquiétantes; ces attaques ne commencent d’ailleurs que peu de temps avant le début des accidents d’occlusion complète. Ce fait les distinguera des attaques prémonitoires des étranglements cicatriciels qui peuvent avoir lieu pendant plusieurs années avant la crise véritable, IL semble que la cachexie cancéreuse devrait être manifeste à ce moment-là ; il n’en est cependant pas ainsi; au dire de M. Fagge et de M. Duchaussoy, elle n'est généralement pas encore développée lors de l’étranglement.

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La distension de l'abdomen est lente et graduelle; elle marche avec les progrès de la production pathologique jusqu’à ce que celle-ci, oblitérant complétement l'intestin, donne lieu à un ballonnement qui devient d'autant plus considérabie, que le siége des rétrécissements est, comme nous l'avons vu, généralement placé dans le rectum, et qu'à la distension produite par l’ocelusion s'ajoute celle qui est due à l’atonie d’un intestin depuis longtemps malade.

Presque toujours il existe une fumeur, non plus développée brusquement comme dans l’obstruction, non plus avec les caractères particuliers de celle de l’invagination, mais diagnostiquée et reconnue depuis un temps plus ou moins long, et souvent accessible au toucher rectal. M. Maunder (1) dit avoir presque toujours reconnu les rétrécissements cancéreux du rectum par ce moyen, et il conseille, quand le doigt est insuffisant, de chloroformer le malade et d’introduire la main tout entière dans l’anus; nous mentionnons ce procédé, que pour notre part nous n'oserions pas employer.

La douleur est généralement peu considérable quand elle elle existe; on a pu remarquer qu’elle correspondait au siége du rétrécissement. Si celui-ci occupe le rectum, le malade accusera un sentiment de pesanteur dans le périnée, et la vessie comprimée par la tumeur évacuera difficilement les urines.

Les vomissements sont tardifs, parfois fécaloïdes à la fin. Enfin, on ne remarque pas ce collapsus si grave et si subit qui caractérise les formes aiguës d’étranglement; le malade meurt plutôt épuisé et semble s’éteindre petit à petit.

Rétrécissements inflammatoires ou cicatriciels. — La connaissance, dans les antécélents du malade, d'une fièvre typhoïde, d’une entérite simple ou tuberculeuse, de hernies anciennes opérées par le taxis ou le débridement, enfin de plaies ou de contusions de l'intestin, peut faire soupconner

(1) Guy’s Hosp. Rep., t. XIV, p. 318.

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