‹ Le Diagnostic et le Traitement Chirurgical des Étranglements InternesChapitre 29 sur 32 · NOMBRE VOMISSEMENTS · texte numérisé non relu

NOMBRE VOMISSEMENTS

SIÈGE DE L'OBSTACLE. DE CAS. TRI stercoraux PRE

stereoraux

4. Un iies points de la moilié sapérieure de lintestin grêle. ...... 9 9 »

2. Un des poiuts de l'iléon, . ... ce 27 9 18 3. Un des points du gros intestin... 10 L 6 TOI BEAUX 46

« 11 résulterait de ce tableau que, lorsque l’obstacle occupe la partie inférieure de l'intestin grèle ou le gros intestin, les vomissements stercoraux auraient lieu dans le tiers des cas ; tandis qu'on les observerait toujours lorsque l’obstacle, plus rapproché de l’estomac, occuperait la moitié supérieure de l'intestin grèle.

«Sans doute, il y a lieu d'éviter de tirer des conclusions prématurées d’un nombre de faits aussi restreint; mais il est néanmoins permis de se demander si cette constance des vomissements siercoraux, lorsque l’obstacle a son siége dans le haut de l'intestin grêle, ne tient pas à autre chose qu'à une circonstance fortuite; si elle n’a pas sa raison d'être dans le peu d'espace qu'offre alors la portion d'intestin située au-dessus de l’obstacle, pour contenir les matières dont la circulation est interrompue. »

1870. — Larguier. 43

Nos recherches nous ont amené à constater le même rapport entre le siége et la nature des matières vomies, et si l’on veut bien consulter les faits que nous reproduisons dans ce travail, on verra que dans la plupart des cas où l'obstacle se trouve sur l’intestin grèle les vomissements fécaloïdes sont constants et précoces, et que les vomissements sont simplement bilieux dans une grande partie des observations où l’occlusion s’est produite sur le gros intestin.

Les réflexions de M. Cossy, que nous venons de citer à la suite de son tableau, confirment simplement un fait, d’ailleurs bien naturel; c’est que la fréquence et la précocité des vomissements sont en rapport direct avec la diminution de l’espace où sont renfermées les matières intestinales; mais elles ne font pas comprendre pourquoi les vomissements sont d'autant plus fécaloïdes que l'obstacle est situé plus haut dans l'intestin grèle. Voici l’explication qui nous paraît la plus plausible et que les faits viennent d’ailleurs pleinement confirmer. k

Nous savons que les matières fécales doivent en grande partie leur odeur particulière aux différents sues avec lesquels elles sont en contact pendant leur séjour dans le gros intestin (1). Lorsque l’oblitération du tube digestif les oblige à faire ce séjour dans l’iléon ou le jéjunum, elles y contractent, ainsi que le fait remarquer Morgagni, la même fétidité. Il en résulte que plus ces matières intestinales seront fortement imprégnées des sues dont nous parlons, plus elles tendront à prendre ce caractère; or, il nous paraît évident que ces conditions sont surtout réalisées lorsque l’obstacle est situé plus haut dans l’intestin. La bile et le sue pancréatique concentreront leur action sur une quantité plus restreinte de matières; en outre, le contact direct et plus ou moins prolongé de celles-ci avec embouchure des canaux cholédoque et pancréatique irriteront ces dernières et provoqueront des actions réflexes dont le résultat immédiat sera une hypersécrétion plus ou moins considérable des

(4) Exp. de Valentin, et Béclard, Physiol., p. 135.

glandes annexes et des glandes intestinales. L'agent principal de la transformation fécaloïde sera donc sécrété en plus grande abondance.

Il serait nécessaire que ces allégations fussent confirmées par des observations nombreuses; en tout cas, il nous semble que le raisonnement aussi bien que les faits observés nous autorisent à formuler les conclusions suivantes :

1° Lorsque les vomissements résultant de l’occlusion intestinale présentent les caractères fécaloïdes, ils doivent ces caractères aux modifications que le contact de la bile et des sucs pancréatiques et intestinaux fait subir aux matières contenues dans l'intestin.

2° Ces vomissements auront d'autant plus fréquemment le caractère fécaloïde que le siége de l'occlusion sera situé plus haut cans l’intestin grêle, cela par suite du mélange plus intime et de la sécrétion plus abondante des sucs dont nous parlons. |

On nous objectera peut-être que cette imprégnation par la bile des matières contenues dans lintestin grèle peut aussi bien avoir lieu lorsque ce viscère est libre dans toute l'étendue de sa cavité que lorsque celle-ci est bornée par l’étranglement à un espace restreint. Nous ne le croyons pas : les matières doivent, nous semble-t-il, s’accumuler toujours le plus près possible de l'obstacle ; lorsqu'elles auront tout l’intestin grêle à leur disposition, elles abandonneront le duodénum qui ne contiendra plus alors que des gaz; les conduits biliaire et pancréatique ne seront plus soumis, par conséquent, à une excitation directe, et les glandes auxquelles ils aboutissent ne sécréteront plus en aussi grande abondance les liquides qui jouent le principal rôle dans la transformation fécaloïde des matières intestinales.

Evacuations alvines. — Nous avons vu que ce n’est guère que dans l’invagination et le rétrécissement que les selles ne sont pas supprimées d’une façon absolue. Dans le der-

nier cas, elles pourront fournir quelques données sur le siége de la lésion. Si les matières qui les constituent sont effilées ou rubanées, cette disposition particulière indiquera plutôt que l'effacement du calibre de l'intestin est situé en un point du rectum; ce fait est important pour découvrir un rétrécissement situé au-delà de l’atteinte du doigt.

Séecrétion urinaire. — La quantité d'urine est habituellement diminuée dans l’étranglement. Ce fait a surtout attiré l’attention des médecins anglais (voir Brinton, loc. cit.), qui jugent que l’obstacle est sur le gros intestin si la quantité d'urine rendue reste la même et admettent, au contraire, qu'il ne reste qu'une petite portion d’intestin au-dessus de l’étranglement quand la sécrétion urinaire est très-di= minuée.

Cela s'explique facilement : lorsque l’obstruction est située très-haut dans l'intestin grèle, la surface d'absorption n’est plus assez grande pour absorber les liquides nécessaires à la quantité ordinaire d’urine.

D’après M. Habershon, les vomissements ont une grande influence dans cette diminution de l’urine; quand le siége de l’obstacle est élevé, ils sont précoces, et ce fait diminue nécessairement la quantité du fluide qui doit être absorbé pas la surface gastro-intestinale, et dont une partie doit être éliminée par les reins.

M. Barlow admet que la cause la plus naturelle de la diminution de la sécrétion urinaire doit être attribuée à ce que l'intestin emploie la plus grande partie des liquides qu’il absorbe à sécréter des fluides qu’on retrouve dans les vomissements et dans l'intestin, lors de l’autopsie. Pour que cette hypothèse füt vraie, il faudrait que l’urine des sujets atteints d’étranglement soit très-chargée, et l'observation n’a pas permis de constater ce fait.

D'après Sedlgewick une quantité d’affections graves et soudaines du tube intestinal peuvent produire une suppres-

sion de l'urine. Sedgewick (1) a retrouvé ce symptôme dans les perforations du petit intestin, les empoisonnements par des substances corrosives, ete... Ses observations confirment d’ailleurs l'opinion des médecins anglais, car l’occlusion de l'intestin grèle est d’une manière générale plus grave et plus soudaine que celle du gros intestin.

Si peu concluantes que puissent paraître ces indications, elles n’en ont pas moins une certaine faleur lorsqu'elles se réunissent à d’autres caractères et concordent avec eux. Les observations publiées en France sont presque toutes muettes sur ce point; il serait à désirer que les observateurs voulussent bien y fixer leur attention, car rien ne doit être négligé dans une affection dont le diagnostic reste si souvent indéterminé.

Exploralion «irecte.

La palpaton peut faire connaître lans certains cas si le siége est sur l’$S iliaque ou sur les célons; ainsi, dans le cas d’obstruction par des matières fécales, d’invagination, on reconnaitra la présence d'une tumeur dans la fosse iliaque gauche ou sur le trajet du côlon descendant.

Le toucher fournira quelques indications si le siége de l’étranglement est accessinle au doigt. On peut aussi, en les maniant avec précaution, faire pénétrer des sondes jusque dans l'S iliaque (sonde rectale, sonde d’O Beirn, bougie à empreinte.

A ces moyens on pourrait euvore ajouter l'exploration à l’aide de lavements proposée par M. Amussat :« Lorsque rien ne peut indiquer le siége précis de l’obstruction du gros intestin, dit-il, le lavement, administré avec le plus grand soin, est le seul moyen que j'aie trouvé pour s'assurer à quelle hauteur se trouve l’obstacle; suivant, en effet, que l'intestin en recoit une petite ou une grande quantité, on

(4) Guy’s Hosp. Rep.; XIV. p. 279.

peut diagnostiquer que l'étranglement siége dans l’S iliaque, le côlon, ou même le cæcum et l'intestin grèle. »

Brinton employait fréquemment ce moyen dont il n’a, dit-il, jamais eu qu’à se louer; il avait même dosé la quantité de liquide que pouvait contenir chaque portion de l’intestin. D’après lui une pinte (0,57 litre) suffit à emplir le rectum, il en faut 2 à 4 pour arriver à VS iliaque et 9 permettent d'atteindre le côlon tranverse. On comprend que ce : procédé n’a de valeur qu’autant que l'intestin est complétement fermé ; dans les cas de rétrécissement, par exemple, où il reste toujours plus ou moins perméable, le lavement peut parfaitement franchir l’obstacle. La 23°° observation de M. Fagge (1. c.), en est un exemple bien évident: chez le malade qui en fait le sujet on injecta plus de deux litres de liquides, et il n’en ressortit qu’une très-faible proportion.

Le diagnostic de la nature de l'étranglement peut en une certaine mesure en faire supposer le siége, puisque nous avons vu que certaines variétés d’étranglement se produisent plus fréquemment sur le gros intestin que sur le petit. Voici un tableau indiquant les résultats fournis à cet égard par la statistique.

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