ICY JOUENT UNE FARCE
Quel est l'auteur de la pièce? Son nom avait été écrit dans le titre, où on lit encore François de M...; de Monthoux (2), de Montvuagnard, de Montfalcon, de Montfort ? tous nobles savoyards dont les châteaux n'étaient pas éloignés de Boëge.
L'usure du papier ne permet plus de lirele nom avec certitude. Cependant , comme le mot de Monthoux parait avoir été effacé nous pencherions pour François de Montfalcon..., à condition qu'il en ait existé un à cette époque. Les motifs de cette opinion, qui n'ont rien toutefois de bien impérieux , sont que la louange du château de Montfalcon reçoit dans le poème un développement tout particulier, et que l'auteur connaissait
(1) Frères Pakfxit ; Histoire du Théâtre français ; édition de 1745, t. III.
(2) II y avait deux châteaux de Monthoux : l'un assez près de Genève ; l'autre, à une lieue environ d'Annecy, au nord-ouest.
fort bien Montfalcon, puisqu'il a évidemment emprunté le nom de Cubrio, le prétendu fondateur du château, à une inscription romaine placée dans le mur d'une des tours. Cubrio n'est, en effet, qu'une lecture erronée de C [aio] VIBRIO AVO I {ou L) PViNICO (Caius Vibrais), préfet de cavalerie, primipile (1), tribun militaire et préfet de Corse, à qui son fils Vibrius Punicus M. Octavianus éleva, à Aix ou dans les environs, un monument funéraire (2).
L'anachronisme par lequel il fait du tribun militaire, primipile^ préfet de la Corse, un général d'Annibal dans son invasion de la Gaule et de l'Italie, est certainement conscient et voulu.
(1) Les dictiounaires disent primipile, centurion piimipilaire ; notre inscription porte hien primopilo.
(2) La pierre d'environ 0,85 centimètres de haut sur 0,75 de large est actuellement au musée particulier de M. Adrien Davat, à Aix-les-Bains. L'inscription* est en beaux caractères d'une lecture facile, sauf la dernière lettre de la première ligne.