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plus avantageux pour moi? Ah! Seigneur, je serais indigne de vos miséricordes, si cette condition me semblait dure, ou plutôt si je n'envisageais pas la pénitence la plus sévère comme le souverain bonheur de ma vie. » (Bourdaîoue, //<= Â'cctif, sermon du Jugement dernier.)
Seigneur Jésus, qui diies ou pécheur, comme autre/ois nu lépreux : « Alle:^, montrez-vous au prêtre, Vade, ostende te sacerdoti » (Luc. v, 14), donne{-moi le courage de m'accuser au tribunal de la miséricorde, afin qu'au tribunal de la justice soit confirmée la sentence du pardon, et que tout ce qui aura été délié par vos ministres sur la terre, demeure a jamais délié par vous dans le ciel.
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(Matt. XVI, 19.) l^oiis dcsin'^ si peu nous condamner et nous punir, que vous nous laisse^ maîtres de vous dicter notre sentence. (S. Aiig. Serni. 4j de Sanctis.) Je n'hésiterai donc pas, Seigneur, à confesser mes péchés au tribunal de la pénitence, puisque aussi bien c^est les confesser à vous, Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Vierge Marie, nui mère et mon avocate, à saint Michel, vainqueur de l'enfer, aux apôtres saint Pierre et saint Paul, portiers du ciel, à tous les Saints qui peuvent maintenant m'aider de leurs intercessions ; plus je vous dirai: c'est ma faute, plus aisément vous me pardonnerez; plus j'avouerai ma misère, plus sûrement j'obtiendrai miséricorde.
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Iiigemisco, tanquam rem ; Ciilpa ruhet vttUus mem :
Siipplicanti parce, Dem !
Ces pathétiques accents de contrition n'ont pas besoin d'un long commentaire.
L'accusé se reconnaît coupable; ses gémissements attestent les regrets du passé; sa rougeur, la honte et la confusion de l'état présent ; son cri de détresse, l'espoir qu'il met en Dieu seul pour l'avenir.
« Je sais que je suis coupable, et c'est ce qui me fait gémir à vos pieds ; j'en suis tout confus, et mon visage rougit
Je supplie ef gémis, pécheur; Le renioriis fait rougir ma face ylye:^ pitié de moi. Seigneur !
Je mes fautes ; mais si par moi-même je ne suis pas capable d'obtenir miséricorde, je me flatte encore que votre bonté pourra me l'accorder. » (Massillon, Sur le Jugement dernier.)
Nous trouvons un parfait exemple de cette vraie contrition dans le publicaiii que Jésus-Christ nous montre priant dans le temple. (Luc. xvui). — Humilié, confus, le front contre terre, il se tenait
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loin de l'autel. 11 n'osait regarder le ciel, reconnaissant qu'il méritait l'enfer. 11 se frappait la poitrine, pour marquer que du cœur, et non seulement des lèvres, doit sortir Taveu du repentir. Il ne cessait de dire : Mon Dieu, soj>e{-moi propice, à moi qui suis pécheur! et pendant que, de corps, il se tenait loin de Dieu, dit saint Augustin, il s"en approchait par l'esprit. Car Dieu regarde ce qui est humble, tandis qu'il s'éloigne des superbes. Le publicain s'avoue pécheur, et il devient juste; il s'abaisse, et il est relevé; il se condamne, et il est pardonné.
Oh ! que la contrition est facile, avec la foi, la confiance et l'humilité! 11 nous suffit de dire : Mon Dieu, soj'e:^-nioi propice, à moi qui suis pécheur, pour obtenir, nous aussi, la grâce et la justification.
r* 141 ->r Mais n'attendons pas le dernier moment : dès aujourd'hui, répondons à Dieu qui nous appelle; allons à Dieu qui, le premier, vient à nous.
« Seigneur, lie votes souvenez plus de nos aiicieuiics iniquités; mais que, sans tarder, vos miséricordes nous préviennent, parce que nous sommes réduits à l'extrême misère. Aide^-nous, Dieu Sauveur, et, pour la gloire de voire Nom, délivre^^-nous ; pardonnez-nous nos méfaits, à cause de votre Nom... Que les gémissements des captifs s'élèvent jusqu'à vous... Et nous qui somme-s votre peuple, les brebis de votre troupeau, nous vous louerons éternellement, et de génération en génération nous publierons votre gloire. » (Ps. lxxviii.)
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Qiii Mariam ahsolvisù Et Latronem exaudisti, Mlhi quoque spem dedlsti.
Quels plus parfaits modèles de repentir? iMadeleine et le bon Larron !
« Et voici qu'une femme, connue pour pécheresse dans toute la ville, ayant su que Jésus était à table chez un pharisien, y apporta un vase d'albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière lui, à ses pieds, elle commença à les arroser de ses larmes, les essuyant avec ses cheveux, les baisant et les embau-
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l^oiis avci fait grâce au Larron, Absous Madeleine coupable; Fous m 'avei promis le pardon.
niant de son parfum... Et Jésus, se tournant vers cette femme, dit : Beaucoup de péchés lui seront remis parce qu'elle a beaucoup aimé... Et il dit à cette femme : Vos péchés vous sont remis...
Votre foi vous a sauvée: allez en paix. » (Luc. VII, 36-50.)
« Qiiand je pense au repentir de Marie-Madeleine, j'ai plus envie de pleurer que de parler. Quel cœur, fût-il
d'airain, ne serait attendri et porté à la pénitence par les larmes de cette pécheresse? Elle considéra ce qu'elle avait fait, et ne voulut plus mettre de bornes à ce qu'elle ferait. » (S. Grégoire le Grand, Homélie xxxui J
« Apprends, homme pécheur, de cette femme pécheresse à qui ses péchés sont remis, apprends à pleurer Dieu absent, à le contempler présent. Apprends de Marie-Madeleine à aimer Jésus, à espérer en Jésus, à chercher, à poursuivre Jésus ; apprends à n'avoir de consolation qu'en Jésus, à tout mépriser pour Jésus. » (Origène, Homélie de Maria Magdalena.)
« Bien qu'il voie les blessures ouvertes et les flots de sang qui s'en échappent,
le bon Larron croit la divinité de Jésus et proclame son innocence. C'est qu'il a compris que le Sauveur a reçu ces plaies pour les péchés d'autrui; que les plaies sont moins à Jésus qu'à lui-même :
Schit qiiod illa in corporc Christi vtiliiera non csseiit Christi viilnera, sed latroiiis. »(S. Ambroise, serm. xi.v.)
Mihi quoque spem dedisti ! Oh/, JcsHs, à moi aussi vous, ave^ donné l'esphance, vous ave;^ promis le pardon.
Scrais-je mille fois plus coupable que le Larron ou que Madeleine, je ne laisserais pas d'attendre de vous avec confiance mon salut, assuré que votre sang a été versé sur le Calvaire et ne cesse de couler sur l'autel pour la rémission de mes péchés. (Matt. xxvi, 28.)
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Pièces meœ non siint dignœ; Sed tu boniLsfac bénigne Ne perenni cremer igné.
Tout cela est d'une humilité, d'une componction et d'une ardeur de foi pénétrantes. Le pécheur pénitent s'avoue digne de tous les supplices : il reconnaît l'indignité de sa prière ; mais sa misère est elle-même le fondement de son ESPÉRANCE. C'est en la bonté divine qu'il se confie uniquement : cette Bonté infinie ne se démentira pas et le préservera du plus grand de tous les malheurs:
Qi/i'/s (iroifs ni-je à votre boute Dieu bon, tire^-moi, misértible.
Des brasiers de l'éternité.
Scd tu bon us fac bciiignc Ne perçu ni crciiier igné.
C'est par un semblable contraste que saint Ignace, dans le livre des Exercices spirituels, nous excite à la contrition en nous faisant contempler l'enfer. D'abord, il nous conduit par la pensée jusqu'au fond de l'abîme et nous en montre toute l'horreur ; puis il nous jette au pied de la croix de Jésus-Christ, à laquelle nous
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nous attachons comme à Tancre de l'espérance et où nous demeurons suspendus au-dessus du brasier éternel.
Sc'igitetir, je ne suis pas digne que vous aj>e^ pitié de moi ; mais dites seulement une parole, et mon âme sera sauvée, yous êtes le bon Dieu, seul vous êtes vraiment bon (Luc. XVIII, 19); souvenez-vous doue de jiioi dans votre bonté : Mémento mei tu propter bonitatem tuam, Domine. Le Seigneur est doux et équitable; c'est pourquoi il donnera la loi à ceux qui pèchent, pour les ramener dans la voie; il conduira dans la justice ceux qui sont dociles, il enseignera les sentiers à ceux qui sont humbles. Car toutes les voies de Dieu sont miséricorde et vérité pour ceux qui cherchent
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T^ 1 49 -T" sou alliance ci ses préceptes. A cause de votre uom, Seigneur, vous we pardonnerez nioi/pécbi [.parce q u 'il est grand .'(Ps.xxiii.) Ne pereniii cremer igné!.. Q^ii sont ceux, ô Jésus, qui évitent les feux éternels? — Ceux qui gardent l'innocence du baptême on la recouvrent par la pénitence; ceux qui s'attachent à votre croix, se consent à votre Mère, se cachent dans votre cœur, se nourisseut de vous à votre fable, conforment leur vie à vos exemples et. par leurs bonnes œuvres et leurs aumône!', rachètent leurs péchés et se font des amis qui les reçoivent dans les tabernacles éternels.
Iiiter oves locum prœsta.
Et ab'bœdis me séquestra, Stat liens in parte dextra.
« Quand le Fils de l'homme viendra dans sa majesté, accompagné de tous ses anges, il s'assiéra sur le trône de la gloire ; et, toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les bons d'avec les méchants, comme un berger sépare les brebis et les boucs. Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. » (Matt. xxv, 31-33)
Jésus-Christ compare les Justes aux
Comptez-moi parmi les brebis; F /liée {-moi, loin des boucs itifâmes, A votre droite en paraeJis.
brebis, pour leur innocence, leur patience, leur simplicité, leur douceur.
Le bouc, dans la loi ancienne, était la victime du péché, chargée de toutes les iniquités du peuple.
En ce monde, les bons et les méchants sont mêlés ensemble. Les deux cités, Jérusalem et Babylone, sont en quelque sorte confondues et ne seront séparées qu'au jour du jugement. (Saint Aug.,
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Civif. Dc'i, 1. I, c. XXXV.) Alors aura lieu le divorce éternel. Le métal mis au feu se séparera de tout alliage : Sedcbit conflans et emuudans argcnttmu (Malacli.
j] m, 3.) L'or, l'argent, les pierres précieuses, le bois, le foin et la paille apparaîtront ce qu'ils sont en réalité : le jour du Seigneur fera voir ce qu'est l'œuvre de chacun, et le feu le mettra à l'épreuve. (1 Cor. m, 13.)
Dieu aura le van à la main, et il purifiera son aire ; il amassera son blé dans le grenier et brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteindra pas. (Matt. ni, 12.)
11 laisse, il est vrai, croître aujourd'Iiui le froment et l'ivraie dans le même champ ; mais, au temps de la moisson, il dira aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie et la liez en faisceaux pour
la brûler; puis amassez le blé pour le porter dans mon grenier. (Matt. xni, ;,o.}
Le royaume de Dieu est encore semblable à un fdet jeté dans la mer, qui prend toutes sortes de poissons ; et lorsqu'il est plein, les pêcheurs le tirent sur le bord, et, s'étant assis, ils mettent à part les bons et rejettent les mauvais. Ainsi en sera-t-il à la consommation des siècles. (Ibid. v, 47-49.)
« Alors vous verrez quelle distance sépare le juste et l'impie, celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. Car il viendra, ce jour, embrasé comme une fournaise, et tous les superbes, tous ceux qui font l'iniquité, seront comme la paille, et ce jour à venir les enflammera, dit le Seigneur des armées, sans
laisser ni racine ni germe. Mais pour vous qui avez la crainte de mon nom, se lèvera le Soleil de justice, et vous trouverez le salut sous ses ailes ; et vous sortirez alors delà poussière et vous bondirez comme les petits du troupeau ; et vous foulerez aux pieds les impies, quand ils seront comme la cendre sous vos pieds, en ce jour où j'agirai moi-même, dit le Seigneur des armées. » (Ou. Dei, 1. XX, c. xxvii. — Malacliie, m, 1-3.)
Seigneur, nous sommes votre peuple et les brebis de votre troupeau. (Ps.xxviii.) t^ous ave^ dit : Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. (Joan. x, 14.) O bon Pasteur, qui ave^ donné votre vie pour elles (joan. x, 15), vous les
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■T+ 155 "^ liiissi\- inaiiiti-iiaiil iii proi,' aux loups (Luc. x, 3); mais viendra un jour oh vous rialisi-ri'{ la consolante promesse, diitt'e par votre Esprit au prophète E{écbiel : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je viendrai moi-même chercher mes brebis et je les visiterai moi-même, comme un pasteur visite son troupeau.
Je viens moi-même pour être juge entre les brebis et les boucs... Je sauverai mon troupeau et il ne sera plus exposé aux rapines, etje jugerai entre troupeau et troupeau... Je ferai avec mes brebis une alliance de p.iix, j'exterminerai de la terre les bêtes cruelles... O mes brebis, brebis de mes pâturages, vous êtes les hommes, et moi je suis le Seigneur votre Dieu. (Ezéchiel, xxxiv.)
Coiifiitafis maledictiSj Flammis acribus addictis, Voca me cmn henedictis.
« Alors le Roi (Jésus) dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, vous qui êtes BÉNIS DE MON PÈRE, possédcz Ic foyaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais sans demeure, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité; captif,
Ht quand les maudits, confondus.
Seront livrés en proie aux flammes, Que je sois un de vos élus !
et vous êtes venus à moi. — Alors les justes lui diront : Seigneur, quand estce que nous vous avons vu avoir faim, et que nous vous avons donné à manger, ou avoir soif, et que nous vous avons donné à boire? Quand est-ce que nous vous avons vu sans demeure, et que nous vous avons recueilli ?
sans habits, et que nous vous avons vêtu? malade ou en prison, et que nous
sommes venus vers vous? — Et le Roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous l'avez fait à l'un des plus petits de mes frères que voici, c'est à moi-même que vous l'avez fait.
« Et il dira en même temps à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; j'étais sans demeure, et vous ne m'avez pas recueilli ; sans habits, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade ou captif, et vous ne m'avez point visité. — Et ils lui diront à leur tour : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim ou soif, sans de-
meure ou sans Iiabits, malade ou prisonnier, et que nous ne vous avons point assisté? — Et il leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez omis de faire ces choses à l'un des plus petits que voilà, vous avez manque de les faire à moi-même.
ET CEUX-CI IRONT AU SUPPLICE ÉTER- NEL, ET LES JUSTES A l'ÉTERNELLE VIE. »
(Malt. XXV, 34-46.)
Tels seront les coiisidcraiils de' l'arn'i et le texte de la sentence.
Quelle joie pour les justes, quand ils entendront le divin appel ! « Venez, dira le Seigneur, venez, Prophètes, proscrits à cause de mon nom ; venez.
Patriarches, qui, avant ma venue, avez suivi mes préceptes et désiré mon royaume ; wewQz, Apôtres, qui avez eu
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part à mes afflictions quand j'annonçais l'Evangile à la terre ; venez, Martyrs, qui m'avez confessé en face des tyrans et qui avez enduré pour moi les plus cruels supplices ; venez. Pontifes, qui jour et nuit m'avez immolé une hostie pure, et avez offert chaque jour mon corps et mon sang précieux ; venez, saints Confesseurs, qui, sur les montagnes, dans les déserts, dans les cavernes, vous êtes exercés à la pénitence et qui avez combattu à mon service dans la prière et la chasteté ; venez, Vierges, qui n'avez désiré ni aimé d'autre époux que moi, et qui, par la vertu et le martyre, avez contracté avec moi une union immortelle; venez, vous qui avez aimé les indigents et les délaissés; vous qui avez été fidèles à la
charité, car je suis la Charité ; vous qui avez chéri la paix, car la vraie Paix, c'est moi-même. » (Saint Hippolyte, maityr, Tract, de consuinmatioiie sa-citli.)
Mais quel ne sera pas le désespoir des maudits, quand ils entendront Jésus-Christ leur reprocher l'abus qu'ils ont fait de ses grâces !
« C'est moi qui vous ai formés de mes mains, et vous avez servi un autre maître; c'est moi qui ai créé pour vous le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment, et vous en avez usé pour m'outrager. Arrière, ouvriers d'iniquité ! Je ne vous connais pas, serviteurs de Satan ! Partagez avec lui les ténèbres, le feu qui ne s'éteint pas, le ver qui ne meurt pas, le désespoir éternel... Je vous avais donné des oreilles pour
écouter ma parole, et vous les avez ouvertes aux chants diaboliques, aux accords décevants de la lyre, aux plaisanteries obscènes. J'avais créé vos yeux pour contempler et suivre la lumière de mes préceptes, et vous les avez arrêtés sur toutes sortes d'impuretés et d'horreurs. J'avais formé vos lèvres aux louanges de Dieu et aux saints cantiques, et vous les avez façonnées aux blasphèmes, aux parjures, aux calomnies. Vos mains, je les avais faites pour s'élever vers moi dans la prière, et vous les avez étendues pour commettre le vol et le meurtre...
Loin de moi, ouvriers d'iniquité! »
(Saint Hippolyte, ibid.)
Seigneur Jcsws, que ferais-je pour éviter l'enfer et mériter la vie éternelle?
yoiis me l'avc^ dit : Il fout garder vos ioiniiiaiidciiu'iits. (Luc. x, 25.) Et pour les observer toujours, je dois, coniiiusaint Jérôme, ne Jamais perdre le souvenir des supplices éternels réservés aux prévaricateurs : Timeo gehennam !
Nul de ceux qui ont sans cesse l'enfer devant les veux, uy tombera; nul de ceux qui se rient de l'enfer, ne l'évitera : Nemo eorum qui gehennam ob oculos habent, in gehennam incidet; nemo gehennam contemnentium judicium effugiet. (Saint Jean Chrysostome, Hom. II /// Epist. II ad Thcssal.)
Oro supplex et acclinis.
Cor contritum quasi cinis ; Gère ciiram mece finis.
C'est le DERNIER GÉMISSEMENT de
l'âme pénitente. Sa douleur se manifeste au dehors par les supplications de la prière et l'humble attitude du coupable prosterné aux pieds de son Juge :
Oro supplex et acclinis. Au dedans, elle est si profonde et si vive, que le cœur en est brisé : cor contritum...
La cendre est, dans la sainte Ecriture, le symbole de la douleur et du repen-
Humble et brisé de repentir, je vous confie, ô Roi des âmes.
Tout le soin de mon avenir.
tir. David pleurant son péché, Juditii s'offrant en tictime pour son peuple, répandent la cendre sur leur tête.
l^otis lie dédaignerez pas, Seigneur, un cœur contrit et humilié : Cor contritum et luimiliatum, Deus, non despicies .
(Psalin. L.) — Seigneur, exauce^ ma prière; préte^ l'oreille a mon humble
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supplication, selon la vérité de vos promesses ; exaure^-moi selon votre justice, et n'entre^ pas en jugement avec votre serviteur, parce que nul homme vivant ne sera trouvé juste devant vous. Car l'ennemi a poursuivi mon âme; il a humilié ma vie jusqu'en terre; il m'a emprisonné dans des lieux obscurs, comme les morts. Et mon esprit est plein d'angoisses, mon cœur est troublé au dedans de moi. . . J'ai étendu les mains vers vous ; mon âme est devant vous comme une terre aride. Ne détourne^ pas de moi votre face, de peur que je ne sois semblable à ceux qui descendent dans l'abîme.