‹ Le Dies iraeChapitre 9 sur 16 · IV · texte numérisé non relu

IV

« Le nom de Sauveur nous en est un gage : Jésus nous sauve du péché, et en

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O redoiifûblc majesté,

Roi, qui nous sniivcipar clémence,

Saiive:{-moi, source de bonté !

remettant ceux qu'on avait commis, et en nous aidant à n'en plus commettre, et en nous conduisant à la vie où on ne peut plus en commettre aucun.

« C'est par son sang qu'il doit être notre Sauveur (Hebr. ix, 12); il faut qu'il lui en coûte du sang pour en recevoir le nom... S'il est le Sauveur, nous sommes les sauvés, et nous portons ce glorieux nom devant qui tout l'univers fléchit et

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4+ 120 ■*-!• les dénions tremblent. Ne craignons rien; tout est à nos pieds ; songeons seulement à nous surmonter nous-mêmes. 11 nous faut tout vaincre, puisque déjà nous portons le nom du vainqueur. Prene^ courage, dit-il, j'ai vaincu Je monde, et je mettrai dans mon trône celui qui remportera la victoire. » (Bossuet, Elévations sur les mf stères, I7« sem., i" Elév.)

Si nos péchés nous sont un trop juste sujet de crainte, la bonté infinie de notre Rédempteur légitime nos espérances, puisque là où abonde le crime, surabonde la grâce. (Rom. v, 20.)

Je m'approcherai donc avec confiance du trône de votre grâce, ô mon Dieu, pour y trouver secours et protection au

moment opportun. (Hebr. iv, i6.) C'est par votre grâce que j'ai été gratuitement justifié dans le baptême (Rom. m, 24); c'est par elle seule que j'espère être défendu au jour du jugement ; car je sais que votre grâce, c'est la vie éternelle en Jésus-Cbrist : Gratia Dei, vlta alterna in Christo. (Rom. iv, 23.)

La vie mortelle est .un voyage, court mais laborieux, que Jésus a daigné faire avant nous pour nous ouvrir et nous montrer la route. En le suivant, nous ne courons pas risque de nous égarer; le chemin est facile à reconnaître, car il y a laissé l'empreinte de ses pas et la trace de son sang. Si nous mettons nos pieds où il a mis les siens, sanssouci des épines, nous parviendrons heureusement au terme oîi notre divin Guide nous appelle et nous attend.

« Mon Sauveur, vous avez deux titres pour posséder l'héritage de Dieu votre Père : vous avez le titre de votre naissance, vous avez celui de vos travaux.

Vous avez retenu pour vous le premier titre, et vous m'avez abandonné le second. Je le prends, je m'en saisis avec foi.

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Mon àmc, il tant espérer en Dieu. (Bossiict, Opiisc, Préparation à la mort.)

Jisiis si doux, Jesii pie, puisque mou salut est came de votre premier aveiicmeitf, faites que je n'aie .pas à redouter le dernier. Pour moi vous vous êtes fait petit enfaut dans la crèche, exilé en Egfpte, ouvrier à Nazareth, victime voi lontaire à la croix : vos jeux, qui ont pleuré sur moi pourraient-ils me regarder avec colère ? vos mains qui se sont étendues pour me bénir, se lèveraient-elles pour me frapper? Ne perde:^ pas mon âme avec les impies. (Ps. xxv.) Car vousmême, ô Jésus, vous ave{ dit : Le Fils de l'homme n'est pas venu perdre les âmes, mais les sauver. (Luc. ix, 56.)

Oiiœreiis me sedisti lassm, ReJeiiiisfi cru ce m passiis.

Ta utils labor non sif cassas.

A mesure que le coupable se rappelle les ineffables bontés du Sauveur, la confiance renaît et prend le dessus, à la pensée que Celui qui nous juge est mort pour nous sauver et qu'il a en quelque jj sorte intérêt à ne pas perdre le fruit des travaux auxquels il s'est condamné pour nous et du sang qu'il a répandu sur la croix.

Quoi de plus touchant que ce Qui^"-

/l'sns, à nie suivre lijssé,

Que sur moi le sang du Calvaire

Ne soit pas vainement versé !

/V//5 nu' st'disti lassns! C'est le bon Pasteur qui s'est lassé à la poursuite de sa brebis errante: allusion à ce passage de l'Evangile selon saint Jean (iv, 6), où Jésus nous est montré, « fatigué du c!iemin », assis sur le bord delà fontaine de Jacob, etattendant, divin pêcheur d'âmes, la femme de Samariequ'il veut convertir. Sans doute le poète avait aussi présentes à l'esprit ces paroles de saint Augustin :

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« Ce n'est pas en vain que Jésus se fatigue ; ce n'est pas en vain que se fatigue celui qui rend les forces aux fatigués. Et pourtant Jésus se fatigue, il se fatigue du chemin et s'assied. Ah ! c'est à cause de toi que Jésus s'est fatigué du chemin : iibi fatigatus est ab itinere Jésus. (II! Joan. tract, i^.)

Et où donc s'est-il reposé? — Sur la croix : redeinisti cntceiii passics. C'est à la sixième heure du jour qu'il s'étendit sur ce lit douloureux, — l'heure même où, selon saint Jean, il était venu s'asseoir au bord de la fontaine mystérieuse de Jacob, figure de ces sources d'eau vive qui, des plaies sacrées de Jésus, ■jaillissent pour la vie éternelle. (Joan. VI, 14.)

La croix est donc notre unique espé-

raiice, à condition pourtant de n'en pas rougir et de la porter; ceux-là seuls n'auront pas à la redouter au dernier jour, qui l'auront aimée et embrassée tous les jours de leur vie : tollat cniceni siiaiii quctidic.

« Cette croix, signe auguste et vénérable du Fils de l'homme, paraîtra tout éclatante de lumière pour être la rcgle du jiigeiiiciit du chrétien et même du monde entier, comme elle commença à l'être quand elle fut élevée sur le Calvaire : Et tune apparcbit signuni FOU homiiiis.

Cette croix me sera présentée, et tout ce qui n'en portera pas en moi le caractère et le sceau, sera réprouvé de Dieu. Ah ! mon Dieu ! est-il vrai que vous emploierez pour ma perte jusqu'à l'instrument de mon salut, et que ce qu'il y a en moi

de plus saint, je veux dire ma foi et ma religion, prendra parti contre moi! Oui, et c'est ce que nous devons craindre et de quoi nous ne pouvons avec trop de soin nous préserver. » (Bourdaloue, Serm \ du /" Ai:eui.\

Mais, ô Jcsii-s, c'est aussi ce qui me donne lieu d'espérer ; car vous m'ave{ marqué de "cotre croix au baptême ; je n'ai cessé de l'imprimer sur mou front, un jour elle protégera ma tombe, et en ce moment je z-ous supplie de la graver dans mon cœur. L'ange exterminateur ne touchera pas à la maison de mon âme rougie du sang de l'Agneau ; et votre croix, semblable à la colonne lumineuse qui marchait devant Israël, m'introduira dans la vraie Terre promise.

CoXo^<^

Juste Judex iiltionis, Domimfac remissionis Ante diem rationis.

« Dès que nous avons péché de propos délibéré, que nous reste-t-il, sinon l'attente formidable du jugement et le feu jaloux qui doit consumer les ennemis de Dieu?... Qiiels rigoureux supplices pensez-vous que mérite celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura profané le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, qui aura outragé l'Esprit de la grâce? Car nous sa-

Dieu, qiiivoîis venge:^ justement.

De mou crime effacei la trace Avant le jour du jugement.

vons quel est Celui qui a dit : C'est à moi qu'appartient la vengeance et J'aurai mon tour ; et encore : Le Seigneur Jugera son peuple. — C'est chose effroyable que de tomber entre les mains du Dieu vivant! » (Hebr. x, 26-31.)

Oui, sans doute; la flamme dévorante doit, dans l'autre monde, venger Dieu de ceux qui n'obéissent pas à l'Evangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. (11 Thess.

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I, 8.) Mais, tant que dure le temps de répreuve, nous pouvons obtenir la rémission de nos péchés en invoquant le nom du Sauveur et en nous appliquant les mérites infinis de sa mort. (Act. apost. x, 43.)

Il faut, de toute nécessité, que justice soit faite; il faut que nous rendions raison à Dieu en cette vie ou en l'autre. Voulons-nous n'être pas jugés à la. rigueur au tribunal de la justice? Nous n'avons qu'à nous accuser nous-mêmes au tribunal de la miséricorde et à prévenir la vengeance divine par notre

PÉNITEN'CE.

« Aimable pénitence, disait saint Bernard, en vertu de laquelle je puis prévenir le jugement de Dieu ! — Et moi je dis : Heureuse pénitence, par où

je puis venger Dieu, apaiser Dieu, satisfaire à Dieu, en sorte que, quand il viendra pour nie juger, il se trouve déjà satisfait et vengé par moi, et qu'il ne soit plus obligé fi se venger et à se satisfaire par lui-même! 11 est vrai que ce Dieu de gloire nous jugera selon le jugement que nous aurons fait de nousmêmes dans la pénitence, et que si nous nous sommes épargnés, il ne nous épargnera pas : 5/7'/ parceuii non parcit, dit saint Augustin; mais aussi, par une règle toute contraire, il s'ensuit delà que si je ne m'épargne pas, Dieu m'épargnera; que si Je ne me pardonne pas, il me pardonnera; que si ma pénitence est rigoureuse, son jugement sera favorable; enfin, que si je me fais justice, il me fera grâce. Que puis-je désirer de

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