‹ Le Dies iraeChapitre 7 sur 16 · MORTS · texte numérisé non relu

MORTS

C'est une vérité de foi que Notre- Seigneur, glorieusement assis à la droite

Qiit'/h' terreur et quel émoi, Qjmuil du ciel on verra liescendre.

Pour nous juger, le divin Roi !

de son Père, doit de nouveau descendre du ciel ici-bas pourexercerses redoutables jugements: Inde- veiitunis est juclicayc z'ivos et niortuos. (Symbole des Apôtres.) Ce second avènement, Jésus l'annonce lui-même à plusieurs reprises : « Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec une grande puissance et une grande majesté. » (Matth. xxiv, 30; Marc, xii, 26; Luc. xxi, 2.) — Et ce

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qu'il prédit à ses disciples , il le répète en face de Caïphe. Au grand prêtre prévaricateur qui s'écrie : Je vous adjure de nous dire si vous êtes le Christ, Fils de Dieu, Jésus répond : « Vous l'avez dit ; mais moi je vous déclare que vous verrez un jour le Fils de l'homme assis à la droite de la Majesté de Dieu et venant sur les nuées du ciel. » (Math, xxvi, 64.)

C'est ce glorieux et terrible avènement que les anges rappellent aux apôtres, le jour de l'ascension : « Ce Jésus qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu monter. » (Act. i, 11.)

C'est lui que les apôtres prêchent à leur tour : « Jésus-Christ, dit leur chef, saint Pierre (ibid. x, 42), nous a fait commandement de prêcher au peuple et

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tt <r> ^ de témoigner que Dieu l'a constitué luimême Juge des vivants et des morts. ■>

11 faut qu'il règne ! s'écrie saint Paul ; il faut donc qu'il juge !

Car Hcsf Dii'ii, maître universel de tout ce qui existe, et comme tel, grand justicier de toutes les créatures raisonnables, puisque le pouvoir déjuger est im attribut essentiel de la souveraineté. Dieu se doit donc. à lui-même de rétablir l'ordre troublé par les crimes de l'homme et de donner une sanction efficace à ses lois.

11 faut qu'il juge, car il est le Fils de Dieu, la Sagesse infinie par qui tout a été fait au commencement (Joan. i, -,), et par qui tout doit être consommé à la fin des siècles. C'est par son Fils que le Père a tout créé dans son amour, tout

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réparé dans sa miséricorde : c'est par son Fils qu'il jugera tout dans sa justice.

11 faut qu'il juge, car il est le Fils de Vhommc. le Verbe fait chair. Or c'est à son Fils incamé que Dieu a donné le pouvoir de juger (Joan. v, 22) ; c'est lui qu'il a constitué Juge des vivants et des morts (Act. x, 42), afin que le jugement soit rendu sensible et que celui qui le prononcera soit vu des impies^ui l'ont crucifié. (S. Aug. Lib. de Triiiit., c. xviii.)

il faut qu'il juge, parce que, Dieu fait homme, chef de toute l'humanité, il possède, en cette qualité, la plénitude d'autorité sur tous les hommes ; parce que, chef de l'Eglise, auteur de la grâce offerte à tous, il a le droit d'exiger un compte sévère de ses dons.

De plus, c'est en subissant les juge-

iiients des liommes tiu'il a é-{é outragé dans sa gloire : c'est donc en exerçant les justices de Dieu qu'il doit être exalté : tit oniiics boiioriftcciit Filin m siciil boiiori- Jiiiiiif Piitrciii. Qoan. v, z-s,.)

ÇUidiitiis trenior cst/iiliirns ! oh ! conbien grand sera l'effroi !... Si Jésus était si terrible quand il chassait les vendeurs du temple ; si ce seul mot desabouche: F.go siiiii ! C'est moi !... suffisait à terrasser, au jardin des Olives, la troupe des soldats ; si la vue de son visage rayonnant comme le soleil remplissait de crainte les trois disciples bien-aimés qu'il avait conduits au Thabor, que sera-ce quand il paraîtra dans le redoutable appareil de sa puissance pour confondre et punir les méchants? Quid jiidicatnnis faciet, qui jiuiicaiidns hoc fecit ? Oj/id

irgiialunis poterit qui inoritunts hoc potiiit? ('Aug. Tract. 212 in Joaini.)

Paul enchaîné, plaidant sa cause au tribunal du président Félix, n'a pas plutôt fait allusion au Jugement dernier, que son juge, tremblant d'épouvante, s'écrie : C'est assez ! et lui retire la parole. (Act. XXIV, 25.) Que dirons-nous quand '^ Jésus-Christ, si longtemps outragé , nous reprochera notre ingratitude?

N'est-ce pas le lieu de répéter avec Job : « Dieu est sage dans son cœur et tout-puissant dans sa force. Qui jamais lui a résisté et est demeuré en paix?

C'est lui qui transporte les montagnes, sans que cTeux qu'il renverse avec elles s'en aperçoivent. C'est lui qui change la terre de place et en ébranle les colonnes. C'est lui qui commande au so-

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Ifil, et le soleil ne se lève point ; qui tient les étoiles sous le sceau, qui seul a étendu les cieux, qui marche sur les tlots de la mer, qui a créé les constellations de l'Ourse, de l'Orion, des Hyadcs et celles qui sont plus proches du midi, (-'est lui qui fait des choses grandes, incompréhensibles, merveilleuses, en nombre incalculable.

« S'il interroge tout à coup, qui pourra lui répondre? ou qui pourra dire:

Pourquoi faites-vous ainsi. Dieu, à la colère de qui nul ne peut résister, et sous lequel fléchissent ceux qui portent ■ fÉ^ le monde! Qui suis-je donc, moi, pour lui répondre et pour discuter avec lui? Quand il y aurait quelque justice en moi. je ne répondrais pas, mais j'implorerais mon juge. » (Job, ix.)

Adam, après son péché, entend la voix du Seigneur qui passe: aussitôt il s'enfuit et se cache loin de la face de Dieu. — Qiielle scène autrement terrible, quand aux regards du genre humain tout entier Jésus-Christ apparaîtra dans son corps glorif'é, environné de millions d'anges ! Ecce veiiii Doiniiius in sancfis inillibus suis fcicere judiciiim contra opines. Voici venir le Seigneur, avec la multitude innombrable de ses saints, pour exercer son jugement sur tous les hommes ! (Epist. cath. Judae, 14.) 11 est enveloppé de nuées, d'éclairs et de tonnerres. (Apoc. IV.) 11 a revêtu ses armes, il a levé l'armée de toutes ses créatures pour se venger de ses ennemis. La justice est sa cuirasse ; son casque, l'intégrité du jugement : il est couvert de

l'équité comme d"im boiiclit-r impénétrable. Sa colère s'est aiguisée comme une hnce, et tout l'univers combat avec lui contre les insensés. Les foudres lancées d'une main sûre, parties des nuées comme d'un arc fortement bandé, \ont droit au but. La divine fureur, semblable à une catapulte, fait pleuvoir la grêle ; la mer soulève contre eux ses Ilots bouillonnants ; les tleuves se précipitent ensemble avec furie ; un vent \iolent disperse les méchants comme le sable. L'iniquité a fait de la terre un désert, et les trônes des puissants se sont écroulés sous le poids de leur malice.

(Sap. V.)

Jc-siis, ii\'iitre^ pas en jiigcineiif tizu-c votre serviteur, parce que mil Lwiiiiiie ne

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saillait être jnslific dcvaiil 'COUS. (Ps. cxlii.) Mais afc^ pitié de moi, mon Dieu, selon l'étendue de votre miséricorde ; et selon la multitude de vos bontés, efface:^ mon iniquité. Lave^-m'cii de plus en plus, purifie{-inoi de mon péché. Car mon iniquité, je la connais, et mon péché est toujours contre moi. C'est tous seul que j'ai offensé; c'est devant vous que j'ai fait le mal. Pardonne^, afin que vous soj'e^ justifié' dans vos promesses et que vous triomphiez dans les jugements qu'on ait de vous. (Ps. L.)

Vincas ciim judicaris .' Triomphe^ déjà par votre amour en attendant le grand triomphe de votre justice. Je redoute pour moi le jour de votre avènement ; majs je le désire pour voii-s et je l'appelle, puisqu'il doit faire éclater votre gloire. Veni, Do-

■r- 73 ^ mine Jesii, veni ! /,('xv{-fOH.< donc, Seigneur, et jugr^ voire cause ! (Ps. lxxiii.) Montre{-vous à ceux qui vous inécoiiiiiu'sseiif, humilie^ ceux qui vous oufraociit, et iihini/esfe^ à fous les jeux hi divinité de votre personne, la vérité de votre doctrine, la sainteté de vos préceptes, ta perfection de vos conseils, les mérites de votre croix, V efficacité de votre grâce, la mission surnaturelle de votre Eglise, les droits de votre ficaire et les voies adorables par oii votre Providence conduit le monde et chacun de ncii?.

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