‹ Le Dieu Qui DanseChapitre 7 sur 19 · L'ÉVANGILE SELON SAINT BARNABÉ · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE SELON SAINT BARNABÉ

l'évangile SEXON saint BARNABE

Je n'ai jamais connu dans les pays méditerranéens que des heures opulentes et colorées, des paresses animées de visions chaudes, des jeux d'adolescence, un bonheur profond d'après-midi. Il semble que l'esprit s'ennoblisse au milieu des fastes béatifiés de la Mer Intérieure, et qu'une joie subtile allège les organes : la danse, non point celle qui mesure les pas mais celle qui délie les membres, serait l'expression de cette félicité surabondante. Un peu de la jeimesse antique règne encore dans ces contrées: l'âme en respire les suaves émanations. Et chaque geste s'embellit de limiière.

Némi!... Peut-être ce beau lac est-il peuplé

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<k vivantes mythologies. Il y a sur ses bords un jardin fleuri de quarantaines et de narcisses, des oliviers soyeux et un ormeau qui se penche audessus de Tonde : la belle Sidonie, aux joues couleur de mangue, s* accrochait aux branches et laissait flotter son corps frissonnant. L'air était plein d'effluves printaniers; une mélodie naïve s'accordait parmi les feuilles; un blanc nuage reposait au fond de l'eau, comme la barque de fête coulée par Caracalla. Sidonie abandonnait l'extrême rameau. Je suivais les molles déformations de ses membres entre les nappes transparentes. Sa chevelure traînait au ras de l'eau comme ime guirlande de fleurs rousses. Il y avait dans sa nage quelque chose d'aérien ; et ses repos étaient semblable à des pâmoisons voluptueuses.

Ce soir encore, où nous marchions, au crépuscule d'une vigile de Noël, avec celui de mes amis qui n'est plus, entre la citadelle tusculane et le bourg montagneux de Rocca-di-Papa. Le paysage, avec ses grandes ombres tombant du haut des collines, avait une douceur si géorgique que des vers de Virgile montaient spontanément à nos lèvres: sîous Icâ scandions à foix haulei ei

LE DIEU QUI DANSE tÔ^

nous nous renvoyions les somptueux hexamètres qu'avait créés, sur les mêmes sentiers, le poète divin. Et tout à coup, le village nous apparut au tournant de la route. Toutes les fenêtres étaient illuminées : elles s'étageaient sur les pentes abruptes, jusqu'à la pointe de la colline. Le bourg, ainsi dressé dans la nuit, avec ses lampes graduées, était pareil à un immense arbre de Noël. Une épiphanie populeuse encombrait ses raidillons: des muletiers sur leurs montures, assis entre deux paniers circulaires, comme des joueurs de tymbales, menaient, jurant et chantant, leurs mules pavoisées de laines multicolores. La cavalcade semblait suivre les Rois légendaires, et s'acheminer par les rampes obliques, avec les présents de l'Asie, comme on voit sur les vieilles gravures. Et des jeunes filles, portant sur la tête des vases de cuivre, revenaient du puits de Bethléem...

Te souvient-il du jardin des palmes, à Ramleh, et du bassin octogonal où poussaient des lotus ? La fantaisie du maître avait posé dans les acanthes des urnes funéraires, d'argile, sans ornements, et des sarcophages de marbre blond où s'enlaçaient des figures amoureuses. Tu posais tes pieds bruns, Mirrâ^ l'un devaht l'autre» avee Unà

lenteur comme attentive. Ainsi tu t'avançais, lisse entre les troncs lisses des palmes : et mon bonheur était d'attendre ton passage de l'ombre à la lumière et de la lumière à l'ombre. Quand tu entrais dans le soleil, il s'emparait de ta personne et te ployait sous ses caresses; puis il t'abandonnait, avec des restes de langueur chatoyante sur tes pieds nus et sur tes seins d'enfant.

Ainsi, dans ces régions, la vie splendide se développe avec harmonie et se résout pour moi sans aventures. Chaque minute est comme un fruit dans sa maturité, qui s'offre à la main nonchalante».

Mais pour les villes du Nord, je ne communie avec elles qu'à travers la solitude et la tristesse : un voyage en ces lieux brumeux n'a pour moi son véritable sens que lorsqu'il s'accomplit dans l'abandon, le regret et les larmes. J'y ai toujours conduit une âme désemparée. J'y cherche l'imprévu comme un sursaut dans la désolation. Tous les souvenirs que j'y ai ramassés ont une saveur étrange et amère.

Je fus jeté par la cohue sur des parvis de gares» dans la nuit et la pluie, le cœur usé comme mcm vieux manteau. J'ai erré par des villes charbon-

neuses, par des ghettos et des quartiers infâmes. J*ai pleuré d'être seul en sortant, avant la foule, d'un cinéma banal où je m'étais enfoncé pour ne plus être seul. Je suis resté, des heures, sur le trottoir,devant la porte de mon hôtel, parce que je n'osais pas retrouver ma chambre creuse et mon lit désert. Je me suis accroché à des passants de minuit, je les ai suivis dans des salles de bal et des tripots, pour ne pas entendre ma plainte intérieure et l'appel d'une tendresse dont je ne voulais plus souffrir.

C'est ainsi que j'ai connu, dans leurs soucis ou leur mélancolie, les villes noires du Nord, les cités mortes des Flandres, les bourgs luthériens de Hollande et les quartiers juifs d'Allemagne et de Pologne : l'activité y est mordante et entêtée, la misère frappée de résignation, la joie convulsive.

Manchester est la ville la plus triste du monde, toujours noyée dans la suie et les averses. J'y vivais seul, quand j'appris que ma fillette avait la scarlatine, là-bas, très loin de moi, et que peutêtre elle s'en allait mourir. Je me suis traîné huit jours avec un mendiant qui avait un chapeau hautde- forme et une redingote ; nous nous sommes saoulés toutes les nuits, lui par plaisir, moi par

désespoir. Le jour où ma fillette fut sauvée, j'attendais le télégramme devant le bureau des postes, à 4 heures du matin. Les silhouettes arides de ceux qui vont à la peine quotidienne défilaient dans le brouillard : il était sur mes yeux, sur mon âme et sur la rue. Et ma joie fut trempée de pleurs, parce que cette ville ne connaît pas d'ivresse sans amertume.

J'ai vu Dordrecht quand mon premier livre a paru. Les tours sont au bord du fleuve comme des veuves de noyés. La poésie, jusqu'à cette heure-là, n'avait été pour moi qu'un jeu dionysien, une dilatation plénière de ma force, un ébat d'enrant libre par le jardin merveilleux du verbe..* On me lançait dans la populace, avec mes pudeurs et mes terreurs; je respirais tout â coup cette abominable odeur humaine qui s'alourdit dans les salles de spectacle; j'étais un voyageur ballotté dans un wagon de troisième classe, au retour d'une fête publique. J'ai fui jusqu'à Dordrecht, avec mes chimères galvaudées!... Ce n'était même pas cela, ce n'était rien!... Cette ville a la nostalgie des grandes expéditions qui appareillent et ne lèvent jamais l'ancre. Les tours sont comme des vigies sur un marais : et rien ne se dresse à l'horizon.

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Je me faisais pousser sur les canaux par un batelier sourd qui ne connaissait pas un mot de français. ÎI n'avait pas d'imagination, il me ramenait toujours au Grœnengracht. Il y avait un hospice au long du Grœnengracht, et des malades en camisole crachaient leurs poumons dans le canal. Jamais un navire ne prend le large: ils sont engravés dans la boue. Je me sentais courbé sous l'afHiction : j'étais comme un adolescent qui, pour la première fois, sort des bras d'une fille. J'ai dansé toute la nuit avec des matelots norvégiens qui ne riaient jamais. Et ma rancœur augmentant toujours, je me suis mis à casser les verres à coups de canne. Je ne sais pas ce qui est arrivé : je me suis réveillé dans le dépôt d'un commissariat de police; puis, au petit jour, on m'a fait payer 17 florins 35, et on m'a jeté sur la voie publique. C'était devant le port : aucun navire ne démarrait; jamais un navire ne cingle vers la mer. Tous mes espoirs étaient engravés dans la boue, avec leurs voiles affalées.

Quand l'inquiétude me tenaille, quand une douleur m'oppresse, je vais, d'instinct, vers les cités inquiètes et douloureuses où le soleil n'épanche point sa force tranquille. Errant par des rues mornes, parlant à ceux qui passent, à

ceux-là surtout dont la physionomie porte une terrible empreinte, cherchant à mes peines une vague fraternité — comme si ma souffrance pouvait intéresser les hommes qui souffrent! — j'ai fait parfois d'étranges rencontres : tel cet opticien de Francfort qui recopiait en figures géométriques les maximes de Nietzsche; et cet autre qui dans Londres nocturne cherchait à convertir par son ? exemple d'abstinence les filles de l'Embankment; et le dresseur de rats, dans les docks du Havre, qui prétendait comprendre leur langage et se confinait dans leur société. Mais nul n'a jeté le trouble et l'anxiété dans mon esprit comme cet individu que je n'ai plus voulu revoir, hérésiarque ? traditeur ? ou peut-être simple bibliomane hanté par ses lectures ? que j'ai rencontré à Akendoven.

C'est un lieu de piété, dans d'immenses plaines tristes, près de Tirlemont, dans le pays flamand. Le lundi de Pâques, des milliers de pèlerins s'y réunissent, qui viennent baiser les blessures de Jésus : ce sont des paysans du Limbourg, du Brabant et des deux Flandres, des polders et de la Campine anversoise. Tous ceux de la famille qui peuvent marcher les accompagnent. Les trains

noîrs en déposent des grappes qui s*en vont tout droit de la gare à l'église. D'autres arrivent dans des guimbardes, des chars à bancs, dans des voiturettes traînées par des chiens. Les plus nombreux sont venus à pied, par les routes kilométriques, battant de leurs semelles les pavés bleus, et récitant des chapelets interminables.

Ils tournent autour du sanctuaire, par les sentiers boueux et les labours; ils se bousculent au miKeu des oraisons, parmi les marchands de comestibles, d'ex-votos et de cierges, dans l'énorme confusion du charroi et des bêtes. Ils sont taciturnes et transis; ils n'échangent aucune parole, et les bagarres même sont muettes ; ils récitent leurs prières obstinées, d'une voix bourdonnante qui s'écoule comme de vieux pleurs. Ils vont, portant des peines tant immémoriales qu'ils ne les connaissent plus, mais s'en plaignent toujours. Ainsi, tramant leurs litanies sous le ciel nueux d'où pendent des crêpes d'averses, ils attendent leur tour de pénétrer dans l'église.

Je suis venu par une chaussée jalonnée de mendiants qui portaient des médailles sur leurs scrofules et leurs ulcères. J'ai pris un gros cierge, avec des « Cœurs de Jésus » piqués dans la stéarine. J'ai suivi le tourbillon monotone des dévots,

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en attendant mon tour aussi d'aller baiser les

pieds du Christ, A cette époque, je croyais à la rédemption par la sou^rance ; je sentais une force m'humilier devant la Croix : crise mystique où il y avait bien un peu de littérature et î'infiuence des néo-catholiques qui mêlent la vanité d'auteur à l'humilité chrétienne. Sans doute; mais à ce moment j'étais sincère, et nos erreurs sont peut-être des vérités inconscientes que nous ne gardons pas. Et puis j'étais si riche de détresse et j'éprouvais une amère jouissance à mêler le mien à tous ces désespoirs inconnus. Cette campagne mélancolique, piétinée par des milliers de gens inconsolés, absorbait mon tourment solitaire.

Quand je pénétrai dans la nef, elle était chargée d'un eiîroyable relent corporel ; la flamme des cierges semblait écrasée dans cet atmosphère pâteuse et ne rendait qu'un jour de cave où tous les fronts étaient blêmes.

Les pèlerins se poussent, dans un gros bruit de semelles et de sabots, vers le Christ de bois peint, couché sur un tapis de velours, avec ses plaies de vermillon et un linge naturel lui ceignant les reins. De chaque côté, une vasque de métal sonore comme une cloche recueille les pièces

d'argent et les gros sous. Deux prêtres en surplis, les mains croisées sur la ceinture, observent d'un œil placide la chute des offrandes. Chaque dévot, l'ayant versée, s'agenouille sur les dalles et touche de ses lèvres les pieds et les mains du Crucifié; quelques-uns les étreignent ou les caressent.

En m'approchant de la statue, derrière les fidèles inclinés dans l'adoration, je pus la contempler à loisir, car ceux qui la couvraient de leurs baisers s'attardaient avec des gestes câlins, l'enveloppaient de longs regards humbles et trempés, jusqu'à ce que l'un des prêtres, du bout de son soulier, les repoussât doucement.

Le corps est figuré dans le roidissement funèbre, après la Déposition, quand on a forcé les épaules pour ramener les bras au long des hanches. Il est peint, du haut en bas, d'une couche de blanc plâtreux qui s'écaille comme une lèpre, et semé des écorchures et des balafres qu'y traça la flagellation. La poitrine saillit comme un coffre, au-dessus du ventre creusé où se noue un énorme nombril; sous le tétin gauche, s'ouvre le coup de lance enduit d'un rouge barbare qui découle sur les côtes. Les membres sont desséchés, les coudes sont pointus, les genoux ont les rotules cagneuses; un muscle tors, irrité par le clou qm

le transperça, gonfle le cou-de-pied et crispe les orteils. Autour des paumes trouées de vermillon, cernées d'un large abcès bleuâtre, les doigts s'écartent, déformés par un spasme; et des filets de sang, figés comme des ronces, descendent jusqu'aux aisselles basanées.

La tête, lourde et trop grosse, repose du menton sur la poitrine. La barbe est de bois peint en noir et verni, mais la perruque naturelle pend en mèches décolorées sur le front terreux et les joues caves. Un rictus s'étend sur toute la face: il agrandit les yeux béants et vitreux, ride les pommettes, tire la lèvre supérieure en découvrant une denture jaunâtre et inégale. Et la couronne est faite d'épines enchevêtrées, plus longues qu'un index, qui se hérissent autour du chef sacré, et semblent, de leur seul poids monstrueux, pénétrer dans la chair : toutes les pointes, même celles qui ne touchent point le crâne, sont barbouillées d'écarlate, comme si la canaille du corps-degarde avait tourné et retourné sur la tête divine l'auréole de torture.

Telle je l'apercevais, la dépouille vénérée, par-dessus les dos ronds de ceux qui me précédaient, A mesure que j'approchais, j'en reconnaissais la hideur surnaturelle. Chaque détail

devait éveiller dans l'âme du pèlerin la pitié, la douleur, le remords et la pénitence ; mais chacune de ces difformités agissait à rebours sur mon esprit — qui ne connaît plus, hélas! la naïveté des primitifs — et j'éprouvais, à les considérer, une insurmontable répugnance.

En prononçant des prières machinales, j'essayai de m'opposer à ce courant qui m'entraînait; mais chaque fois que mon regard s'attachait à cette idole macabre et violente, je me sentais frémir tout au long de mes nerfs; et lorsque vint mon tour de me prosterner devant elle, je lançai mon offrande dans le plateau, je déposai mon cierge, avec une génuflexion impatiente, et je me retirai hâtivement vers l'un des bas-côtés.

L'odeur de la foule y était moins suffocante; il y flottait une lumière très douce : l'apaisement qu'elle versait en moi me rendit un peu de ma piété. Je me retournai vers la statue avec un geste d'imploration.

Sa lividité s'accusait dans le plein jour qui la heurtait de ce côté; les chairs semblaient décomposées, les orbites plus creuses; et la grimace qui lui tordait la bouche découvrait toute la mâchoire édentée.

La répulsion qui me saisit à nouveau dut se

marquer sur ma face» car un homme s'approcha vivement.

— Vous souffrez, Monsieur? me dit-il.

Et il m'entraînait vers la sortie dont les battants retombèrent derrière nous avec un bruit lugubre.

— Ce n'est rien» lui répondis-je; j'avais besoin d'un peu d'air : l'atmosphère de l'église est étouffante.

L'homme sembla continuer ma pensée :

— Cette statue est horrible! murmura-t-il.

Je levai la tête et je le considérai longuement, sans répondre. îî avait un visage quelconque, que n'animait aucune passion. C'était un bourgeois de province marqué par une vie sédentaire. Je ne crus pas devoir loi expliquer mes émotions, persuadé qu'il n'en comprendrait point l'origine. Mais il reprit :

— ïl n'est pas possible qu'une âme chrétienne s'adresse à une pareille image.

Cependant, Monsieur — lui repartis- je, un peu surpris d'une telle lucidité — la religion chrétienne est une religion de souffrance et d'expiation. Ce Christ...

— Ce n'est pas le Christ, Monsieur, c'est Judas !

J'examinai celui qui proférait ces paroles» chéi**

chant dans ses traits ou ses gestes quelque signe de folie. Son visage demeurait tranquille et reflétait une certitude bien pensée. Je me sentis remué au delà de moi-même, jusqu'aux tréfonds d*un lointain atavisme.

— - Que voulez- vous dire? repris-je après un long silence.

— Je veux dire, répondit-il avec fermeté, que cette image n'est pas celle de Jésus, parce que Jésus, comme j'ai des raisons de le croire, n'est pas mort sur la croix; c'est le corps décloué de Judas Iscariote qui périt misérablement sur le Golgotha.

J'eus envie de rire, puis je regardai l'inconnu bien en face.

— Ce n'est pas, je pense, une idée personnelle qui vous fait proférer un pareil blasphème. Vous devez connaître nos Evangiles et ce qu'ils disent de la Passion...

— Les synoptiques et Jean, c'est vrai; mais Barnabé n'est pas d'accord avec les autres, et son récit me semble plus conforme à la réalité.

Je ne connaissais pas d'Evangile selon Barnabé : j'en fis part, avec un peu d'ironie, à mon interlocuteur.

' ^ Ne mz pasj me dit-il, car J'aurai peut-être

roccasîon de vous confondre. Me férez-vous rhonneur de m'accompagner chez moi? J'habite non loin d*ici, aux confins de Tirlemont.

J'étais stupéfait d'une telle assurance. En vérité, j'avais affaire à un monomane ou je touchais à la plus étrange découverte. L'aventure et son péril même me tentaient. J'accompagnai cet homme qui s'en allait d'une marche posée, au milieu de la cohue délirante des pèlerins. Nous avons suivi la route semée d'infirmes et d'estropiés qui nous tendaient leurs moignons ou leurs sébiles. Il ne semblait les voir ni les entendre : il me contait une histoire amusante et commune, telle qu'en ont tous les amateurs de livres, telle que j'en pourrais dire moi-même, non sans fierté, au moins puérile.

A Malines, dans une vente après décès, il avait acheté un lot de livres anciens — pour un prix dérisoire, cela va sans dire. — En le triant, il avait trouvé un in-folio qui portait au dos de la reliure : ^

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