‹ Le dimanche (volume 2)Chapitre 20 sur 29 · U. FORÊT DE SOIGNES · texte numérisé non relu

U. FORÊT DE SOIGNES

Fort delà Tille ar oit....

Une forest grant et pleniire.

Maaie de France , le lai de Graeleni, C'^toit ceci que j'evois désiré , Un coin de terre hors du bruit retiré , Basty aux champs , de dosture moyenne; Au pied du^el y eût une fontaine De yiye source , et un Lois andessus.

Dieu m'a donné quelque chose de plus.

17iaoi.A< AAPiir.

VetU Jehan de Saintrë retourna à ses fonctions auxquelles il n'était pas étranger ; car , Fabbé de peu de sens , qui , tout jeu de mots à part , était un homme d'un sens profond et d'une instruction étendue y avait soin de le former a la vie pratique , ce qui ne l'empêchait

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pas de cultiver son esprit et de respecter ce besoin d'idéalité , attribut des âmes sensibles et des imaginations vierges, qu'on ne supprime point sans rapetisser Thumanité* Mais Saintré n'était pas son élève unique. Iseult réclamait aussi sa sollicitude. Le voilà donc qui remonte sur sa bonne jument Rainsant-la^drue , ainsi baptisée par allusion au roman du Renard , le voilà qui dit adieu au page de ]a veille.

Quoiqu'il dût revenir sous quelques jours et que le château de la dame de Fosseux fût près de Bruxelles , cette séparation n'en parut pas moins douloureuse à Tun et à l'autre. Olivier craignait pour Saintré les pièges de la cour , Petit Jehan regrettait les études , les jeux paisibles, auxquels il s^était jusqu'alors exercé ^ et s'ébahissait d'être le page , le serviteur d'une autre personne qu*[seult.

Le forêt de Soignes , reste de l'antique forêt d^s Ardennes ^ prolongeait sea colonnades de chênes presque jusqu'aux portes de Broxel* les. C'était un doœaijae ducal. L'état ^ Iro^ eti arrière pour vivre au îo«r le joiûr, n'avait ppint voulu f dâDf sa gothique pmdeiheQ , imiter l'enfant prodigue , et ae ruiner à jltmais

«fia d'être ridie doMpt <^ilQlqaQê secondes.

In 4soméqnetkoe la hiralte MspéelttH oes arbres lAoatsiis qui avaient peiit-*étre été lénuiins des sacrifices des druides , et an «pécvlafettr ne ftmdâit point ses calenls sur le bonleTersement d'an sol si long-temps foulé, au (ëmoignage do la tradition , par le destrier des quatre fils Ai-* mon , par ce Bayard qui surrëciit à ses maîtres; an coalissièr n'attendait pas la deslruotion de eea beroeaoz qai , n'accusons pas d'imposture Boiotdo ni Arioste^ abritaient deax fontaines ToUi^es I dont les eaax avaienl une vertu oi>posëe , paisqoe celles de l'ane excitaient d'à* moureases flammes ^ et que celles de l'autife faisatent stioeéder aux feax de Falnottr les ffla* ces les plus froides t bois touffaa que.Shak« speare a donnes pour asile âa misanthrope et rêyeur Jacques Rowland et où la muse de Byron a fait retentir la masiqpie guerrière de Gameron , le chant redouté de Lochiel , a?ant que les brares enfians de l'Ecosse trourassent la mort aux plaines de Waterloo. Si l'on avait dit à l'abbé de peu de sens : dans un an ou deux toute cette belle et forte végétation , toat ce travail de la nature et du temps , seront vendus

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au prix de qaèlqfaes fagots , il n'aurait pas pria cela, mâme pour une facétie risible , et se serait obstinémeat refasé à ajouter foi à tant d'impréToyance et de folie.

Sur la lisière de cette forêt, à mi-côte d'une petite cdlline toute fraîche, toute verdoyante, embaumée , épanouie autant qu'un bouquet de noce villafjfeoise , on avait jeté négligemment le château de Féauiè , appartenant à la dame de Fosseux. Je dis château par respect pour sa noble propriétaire ; parce qu'en effet on y entrait au moyen d'un pont qui pouvait se lever jadis , et qu'en outre , cette entrée avait été , dans le principe , fortifiée d'une tour transformée depuis en colombier.

Du reste , point de hautes murailles à mâchicoulis , point de donjons à oubliettes , point de cachots à cinquante pieds sous terre. C'était la féodalité encore , mais la féodalité désarmée , la féodalité devenue pacifique, amie de ses aises , et quelque peu bourgeoise. Du blé entassé en meule , des instrumens aratoires , des bœufs , des vaches, des moutons annonçaient qu'on était plus occupé ^ dans ce lieu, de récolte que de combats , de culture que de proues-

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