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ses , et dëccmoertaient les conreim d'aTentores qai avaient dans la tête les romans de Charlemagne j des douze pairs de France , de la table ronde et des Amadis. Cependant , fi du mensonge ! ne nous exagérons pas Fétat de <âvilisation de ce petit coin de terre. Il est exact de dire qu*on y apercevait , a un haut degré , Finfluence de Tordre , de la tranquillité , du travail , mais les champs , les bois , les eaux , les habitations ^ leshabitans, n'étaient pas considérés comme une machine à ressorts bien ou mal graissés j fonctionnant avec plus ou moins de régularité et de justesse , et dont Faction purement matérielle s'évaluât , a un liard près , en florins , sons et deniers. Cette belle théorie si honorable pour lliumanité ^ si favorable à son bonheur était, il nous est bien permis d'en être fiers , réservée à notre époque.
Le château de Féauté 9 dont les plus anciennes constructions ne remontaient pas an delà de la moitié du XIV« siècle , ofirait un assemblage non symétrique de bàtimens grands et petits , d'une architecture tantôt noble , tantôt basse et vulgaire. Aucun souvenir bis-
torique ne t'y attachait, mais fti le temp» n'avait lien écrit sur ces pierres , les arbres , les misseanz, les collines , les râlions d'alentoar aTaient lenrs légendes , leurs traditions , Icynrs chroniques. Yeure d'an dés premiers seî(|pBe«f^ de Flandre , privé d'ane partie de ta for- Une et de la yie dans les troubles dont cette province fut si sourent agitée , la dame de Fosseox , née française , se serait' retirée dans son pays, si ses ressources eussent été plus considérables. 11 ne lai restait de sa grandeur passée, que la terre de Féauté, laquelle était au surplus d'un assez grand rapport. Elle 8*y confina avec sa fille unique et son nereu , cohéritier de cette seigneurie et dont le père avait partagé le sort du sire de Fosseux. IKun caractère à la fois vaniteux et faible , elle supportait diflkilement son obscure médiocrité , et regrettait sans cesse la France , hors de laquelle , malgré son attachement pour son mari , il lui paraissait que l'espèce humaine dégénérait infailliblement. La cour des ducs de Bourgogne l'aurait accueillie avec distinction, si elle avait voulu s'y représenter , mai» quoiqu'elle y ramenât sans cesse sa pensée , elle ne voulait
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pM y pvaitra ayec moilit d*ëel«t que par te passé , et a*ëtait eoDdaranée à une retraite ab* •olue. Dana cet isolement , et avec set idées «sdnsiTes sur les privilèges naturds de la no* Uesse , elle eât eomplétement négligé rmstmotimi d'Iseul et de Fetit Jelum de Saîatré , saais Fabbé de peu de sena y ancien cbapelain du sire de Fosseux, et qui, assitre-t-on , en dépit des canons de Téglise , avait , à l'exemple de plusieurs prêtres de la même ^>oque, porté plus d'une lois les armes dans les guerres de Bruges et de Gand.
Iseult , au commmïcement plu» avaftcée j araît été pour son cousin un véritable répétiteur j je gagerais même volontiers que le jouvencel cacha souvent le plus qu'il put ses progrès, pour ne pas cesser d'être son éeolier. EHe s'avoua pourtant bientôt vaincue , et prit à son tour des leçoAs de Saintré jusqu'au jour od le duc , sollicité par le sire de Groy , pflrrent des Saintré. et des Fosseux , fit savoir qu'il accepterait Petit Jeban pour page. On conçoit que celui-ci l'emportait surtout dans les exerci* ces du corps. La forêt- de Soignes était leur rendez-vous journalier. IL y montrait i sa
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petite amie oomment on lanee un trait , comment on dompte un cheral fougueux. léeult, de son côte , lui apprenait les tensons , les lais et les fabliaux dont Tabbë de peu de sens avait orné sa mémoire j ou retouchait d*une main délicate les ddssins et miniatures que le jeune gars ébauchait avec une impatiente mais pittoresque incorrection. Souvent, a genoux , les mains jointes , ils mariaient leurs voix innocentes et adressaient de ferventes oraisons à la vierge sortie miraculeusement du chêne séculaire de la forêt. Iseult , que son imagination plus tendre rendait plus sensible à Fattrait de la religion, voyait partout des anges gardiens , aux ailes éployées , des bienheureux couronnés de leur auréole ; tandis que Saintré enviait la puissante épée de saint Georges. Avec quel plusir ils écoutaient l'abbé quand il leur récitait la vie de ces chevaliers qui portaient un cilice sous leur haubert , allaient visiter le tombeau du Christ , faisaient des miracles et de profanes prouesses , enlevaient des princesses et des reliques y mouraient en odeur de sainteté , et montaient , armés de pied en cap ^ en paradis f
Mais Petit Jehan ëtait maintenanl dam le palais ducal à Bmxelles, et Iseult, triste, distraite , sur la lisière de la forêt de Soignes , à une lieue , a un monde de distance de son cousin t