‹ Le dimanche (volume 2)Chapitre 22 sur 29 · LA CHASSE · texte numérisé non relu

LA CHASSE

Mottes sus chiens et oiseaulx Aussy tonte gaadisserie , Jusqu'à ce que Odet d*Aydie Aura remis sus jeux nouveaulx Lesquels ne seront trouvés beautx :

Mais ils pourroieot bien cher cotuter Un grand mal est bon à oster.

Chanson du Xf^* siècle.

Il était nuit : la jument Rainsant-la-drae dressa les oreilles , hennit d'un air de cxmnaissance , et de son large sabot ébranla le pont vermoulu du manoir de Féauté. Olivier fut surpris d'apercevoir dans la cour des paysans munis de torches et deux chevaux superbes 9 qui ^ piaffant avec fierté , s'associaient

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en quelque sorte i l'importanoe de leurs maK Ires* Personne , 6 irréTerenee 1 personne m le salua , les domestiqaes même de la maison ne firent pomt attention à loi.

Il Alt done rédnit à mener Rainsant-la-dme à réenrie , à fiure litière à la pauTre bêle et à lai eherdier du foin et de FaToine ; oe de* Yoir sacré rempli (pas avant) , il pénétra dans le château* Contre l'ordinaire , la salle des armes en réunissait les principaux habitans. Le mois de mai , peur emprunter une image aux poètes contemporains , ayant forcé le temps à laisser son manteau

06 vent , de froidure et de plate ,

S'ettott Testa de broderie

Oe soleil luisant, clair et beau.

Hais ce scdeil , surtout dans la forêt de Soi'gnes, était encore triste et froid ; les soi*rées d'automne de rancienne Nerrie auraient pu passer ailleurs pour des soirées dliiver»

Aussi un grand feu, une espèce de bûcher , formé de quelques trônes d'arbres tout entiers, fl«mb«|t dans une énorme cheminée , où nos

IM AHASySRVS.

arehitectes modernes ^ petits , mesquins à Të- ^1 de leurs monumens , trouyeraient , en se serrant un peu , assez d'espace pour y ménager un boudoir ou une chambre à ooncher.

Des tapisseries fabriquées à Audenaerde , et où les plus vives couleurs retraçaient le déduit de la chasse y le roi Modus et la reine Ra^ iio , tels qu'ils sont décrits dans un livre , espèce de code en Tart de vénerie , avaient été accrochées à la hâte aux murailles nues et dont l'unique ornement étaient les épées en sautoir des sires de Fosseux et de Saintré , surmontées de leurs heaumes et accotées de leurs quartiers blasonnés le long de l'architrave. Bes flambeaux de poix et de résine , tenus par des valets 9 vrais chandeliers vivans , enfumaient encore plus qu'ils n'éclairaient ce prétoire. Un souquer où toute la vaisselle d'argent du château était étalée 9 avait épuisé la science culinaire du maitre-queux de la maison de Fosseux , lequel se vantait d'avoir été hàteur de rôt dans la cuisine-bouche du feu roi Charles VI , et deux étrangers , placés l'un entre la dame de Fosseux et Iseult , l'autre à la gauche de la damoiselle , étaient l'objet des soins empressés

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de la maitresse da lieu , qui semblait remonter aux beaux jours de sa jeunesse et de sa fortune. * La bcmne dame n'était pas encore parvenue à s'apercevoir que Saintré et Iseult s'aî* maient ; elle n'avait jamais réfléchi aux suites probables de cette affection, qu'une éducationcommune avait fait naître , si bien qu'en recevant chez elle deux seigneurs , deux Fran* çais 9 car tout annonçait leur patrie , et ils en ccmvenaient eux-mêmes , elle se mit étourdiment , pauvre étourdie sexagénaire , à rêver un brillant parti pour sa fille , dont les grâces mignardes et naïves avaient certainement pro* duit sur l'un des étrangers une impression aussi vive qu'instantanée. Quant à Iseulf qui avait pleuré le matin Tabsence de son cousin , mais qui en attendait des nouvelles à chaque minute , Iseult , simple j innocente , elle con* sidérait les étrangers avec surprise et les écoutait avec curiosité. Ils occupaient évidemment daBS le monde un rang inégal. Le moindre de taille était remarquable par la malice y la ruse de son regard et la causticité de son sourire. 11 semblait aimer la joie , mais pour lui seul 9 et I en plaisantant , il ressemblait a

IfiB AIASYUUS.

oea esorimeurs qui , à couyert lous le masque ^ T011S portent des bottes inattendaes ^ sans TOUS prëyenir qu'il ont farisë le bouton de leur fleuret.

On devinait aisément qu'il avait l'habitude de commander ^ car encore qu'il affectât de traiter son compagnon sur le pied d'une parité parfaite , il lui échappait de ces paroles brèyes , de ces mots despotiques , qui révélait la supériorité sociale. L'autre , d'une stature élevée , avait une physionomie asiatique. Un bandeau lui couvrait le front et ajoutait quelque chose de sinistre , de bisarre à Feiqireftskm de ses traits , qu'on aurait donnés volon* tiers'' au génie du mal , et sous lesquels je me représente Méphistophèlés , perfide et assidu tentateur du malheureux Faust. Une cotte rouge traversée d'une croix blanche j indiquait qu'il appartenait à l'ordre fameux des cherraliers de Rhodes ^ mais en dépit de sa fierté , on voyait bien qu'il était , à l'égard du personnage dont je viens de parl^ , dans un état de sujétion et de dépendance.

Étant à la chasse avec le dauphin ils s'étaient , dirent-ils j égarés dans le bois, Ma-

dame de F«Me«x ^ orif^naire da Donpliinë , tenait â Imoh^v de leur offrir rhoq)itaUté la pluii biiBanie qa'il loi était possible. Douce* ment chatovittëe par quelques complîmens adroits , orgueiUeuse de Fadmiration qu'exciimt sa fille , elle lui répétait sa réflexion fa- Torite : « Je te Tai toujours dit , Iseult y il n*y a que les firançais qui sachent yi^re. » — « Paques-Dieu , disait le chasseur narquois , cette forêt est Traiment enchantée j et je me réjouis d'avoir perdu la piste du cerf, puisque nous ayons trouyé Madame Diane elle-même en son chfttel de douce-merci. Bien m'en a pris de ne pas ayoir écouté mon compère , qui youkit me conduire dans un couyent de moines dont nous distinguions de loin le clocher. Cet asile peut lui convenir à lui , pieux défenseur de Sainte*Église ^ â lui qui a renoncé aux dames et qui est si scrupuleux à tenir son serment ; mais, Pâques-Dieu : moi leur yassal, leur serf de corps et d'âme ^ c'est ici que je devais venir et mon instinct m'a bien servi. — » • Je ne répéterai pas toutes lea» galanteries du noble chasseur , galanteries toujours mêlées d'un peu de gaillardise , soit dans les termes ^

160 AEAsnmus.

•oit d*BS le débit, et auxquelles Iseult répondait par des ingénuités chamantes, te promettant bien de tout répéter à Saintré. Le oheyalier de Rhodes , au contraire , parlait peu : ses propos les plus aimables , et ils étaient rares , laissaient toujours soupçonner une arrière pensée et serraient de diaphane enyeloppe à un dédain amer et satanique , à une indifférence méprisante. Il semblait avoir regret à sa plus légère politesse.

Nous savons déjà que l'abhé de peu de sens était prévenu contre les Français en général , principalement contre cenx de la cour du Dauphin. Néanmoins il respectait les lois de l'hospitalité, et d'ailleurs, quand il entra dans la salle, la conversation roulait sur les détails d'une chasse ; sujet de prédilection pour lui ; les étrangers se montraient si forts sur ce chapitre, qu'il leur pardonna presque le tort de leur naissance.

Tout prêtre qu'il était ,. l'abbé pouvait passer pour un virtuose , un érudit en fait de vénerie et de fauconnerie. Il coihiaissait tout ce qu'on avait écrit là-dessus d'essentiel , mais les Casse de la Bigne , les Gaston Phébus , les Fontaine-

AKASTE&TO. !•!

Giierin n'ëtaieol pas ponr lui des oraoles infaillibles. L'abbë , chasseur hardi j noyatenr , romantique , osait professer des chinions peu en harmonie arec les doctrines établies. Ainsi il mettait les Belges fort au-dessus des Français , sous le rapport de la connaissance et de Fobseryation des saines règles de la chasse ; il préférait les faucons , éperyiers , lanerets et émérillons ^nx chiens de meilleure race , aux limiers les plus habilement dressés, enfin entre toutes les espèces de ces quadrupèdes , par système , patriotisme ou expérience , il accordait la prééminence aux chiens de S^ Hubert , chiens tout noirs, hauts de corps y mais ayant les pattes courtes et basses.

Dès les premiers mots ^ il fit sa profession de foi et déclina les trois articles fondamentaux de son symbole.

Le compagnon du cheyalier de Rhodes ne put l'écouter de sang-froid ; quoiqu'il s'efforçât de rapporter constamment la conyersation à Isenlt, il se laissa aller à une réfutation diffuse desparadoxes de l'abbé.

— tt Damp prêtre , lui dit-il en ricanant , yos discours ne sont guères canoniques. Sonnez ,

efaantes, gringnenoUei , marmottée , bfimibolei force messefi , petites , hautes , basses , c'est votre métier. Sootenei même , si voaa Toiilet, que la France le cède â la Flandre en joHs minois , je n*aurai garde de tous contredire , et si j'étais assez mal avisé pour cela y je rois d'ici qui serrîrait à me confondre. Maia , Pèques4Mev, laisses-u^us du moins ravantageâe la chasse. Vous deTcs connaître ce qu%m de ▼os poètes flamands , Philippe Mouske, a rimé sur Charlemagne :

Hoult Totontiers de grand manière Allait en boit et en riTÎère , Car nulles gens ne Tont en bois Moult volontiers comme Irançoia.

tt La chasse honorée en Flandre! ek t tous n*y penses pas; car ici trop de vilains s'en mêlent et Tavilissent ; je sais bien que pour être moins commun chei nous, cet abus y règne cependant encore y mais, par Notre-Dame d'Embrun , si je deviens jamais roi de France, les plus grands seigneurs eux-mêmes n'auront la faculté de chasser qu'a bonnes enseigiies...*

£d Moond lieu 9 tous affinuet la tiipënoritë de la fauconnerie snr la vénerie. La thèse ^ docteur , n'est pas soutenable ; je tous reu- Tcrrai à un ouvrage fait pour l'un de vos princes , Philippe-le-Hardi , duc de Bourgogne.

L'avocat du déduit des 4n$eau» , malgré la solidité de aes argnmens , y est battu à plate couture par le défenseur du êèâuii dei chienê. En ce qui oonoenie o^ animaux , si vous connaissiez mon sauilhrdj mes allans et mes levrettes d*£spagBe j mes lévriers et mes épagnenls de Bretagne, mes petits velus de Valence, vous cesseriez de vanter vos noirauts de S^ Hubert. •• £h! eb ! PAqnesDieu , je me fourvoie, c'est trop causer aussi , n'est-il pas vrai , messire abbé et vous frère bospitalier , c'est tn^ causer de cbiens et de faucous dans un lieu où il ne devrait être question que de la chasse du dieu d'amour et des exploits de dard-d'aimer , de plaisant-regard et d'ardenUdèsir. n —

A ces mots le diasseur se mit a adresser des douceurs à Iseult et à la regarder d'un air pliiB enflammé que tendre» La jeune fille qui depuis l'arrivée d'Olivier ne songeait, plus qu'à s'entrei&oix de Saintré , n'avait garde de répondre :

IM . AiAsvnvs.

le ohevalier de Rhodes te taisait également j et la dame de Fosseux , dont l'esjNrit ne se distinguait point par la fécondité des idées , n'était pas moins silencieuse. L'abbé , pour la tirer d'embarras , fit tomber la conversation sur le Dauphin dont les deux étrangers paraissaient être serviteurs j et leur demanda assez crûment s'il était vrai que leur seigneur donnait surtout la chasse aux filles de Genappe et a l'honneur des pères et des maris

— tt N'en dites pas trop de mal, reprit le champion des chiens en se levant. Les méchans ont beau mordre , le Dauphin est un prince honnête et craignant Dieu , un vrai chrétien trié sur le volet , et , si quelques-uns de ses courtisans , ajouta-t-il en se tournant vers le chevalier de Rhodes , n'ont pas des mœurs aussi chastes que les siennes , c'est un malheur attaché à la condition des rois et de leurs héritiers, n —

Chacun alla se coucher ; pourtant l'abbé ne put le faire sans avoir rendu compte à Iseult de tout ce qui s'était passé la veille.

Le lendemain , dès le point du jour, le château fut entouré de chasseurs ^ de veneurs , de

AHASVIRUS. laS

pîqnenrs. Les aboiemens des chiens en lesse se mêlaient aox sons des cors et aux hennissemens des cheyanx. On frappait a coups redoublés à la porte principale. C'était la suite du Dauphin, qui toute la nuit Tayait cherché dans le bois. Les étrangers descendirent dans la cour , et è la yue de Tun d'eux, toute la troupe en déftêhni se mit à crier: Yiye Monseigneur! Pendant ce temps les autres habitans du manoir s'étaient leyés. La dame de Fosseux , toute déconcertée , yint se mettre à genoux deyant le Dauphin ( car c'était lui-même) et lui demanda pardon de l'aToir si mal reçu. Le prince répondit gracieusement 9 exigea qu'on appelât Iseult , à laquelle il donna un baiser bien appuyé , la regarda encore ayec un sourire équiyoque et des yeux de conyoitise , et s'éloigna au milieu de sesgensqui recommencèrent leurs acclamations» — « Que ne retoume*t-il en son pays dès aujourd'hui, lui et sa séquelle maudite ! murmura en le yoyant galoper dans le vallon , Oliyier qpti n'avait point voulu assister au départ , et observait tout par une lucarne ; que ne s'en va«t-il , une bonne fois : il nous épargnerait peut-être bien des cbagrins à tous ! » —

YI.

GENiPPE.

▲préf manger si oat déduit De paroles , si ont finit.

On peut avoir une idée du chftteau de Ge« nappe , détruit en 1668 , d'après les vues qu'en ont coDserTées le supplément des Trophées de Brahanty le baron Le Roi et Cantillon. Cette vieille forteresse , où la comtesse Ide de Boulogne avait passé les trois quarts de. sa yie, et que le duc de Brabant Jean II céda pour asile aux Juifs poursuivis par une multitude fanatique , était depuis long-temps presque déserte. Le tribunal connu sous le nom de JEtaMie-Caur

de Lothier, qm y était établi , Iqî donnait seul un peu de Tie. Mais ce fut tout autre chote quand le Dauphin Tint j habiter. Alors set murs hunides résonnèrent des chansons des buTeurs, des rires d'une folle jeunesse. Ses tours, ses donjons serrirent à des intrigues d*aniour , et prêtèrent leur ombre mystérieuse à des lubricités dont on n'aurait trouvé le modèle que dans les bas-reliefs de quelques-uns de nos monumens , dans ces priapées du christianisme, ces Spintria de pierre dont on ne comprend pas encore l'objet et dont le peuple ne remarque plus même la naïve impudeur.

Ce pare aug ceffs, du ÎV« siècle était la terreur des familles. Louis avait donné l'exemple du dérèglement , et , comme il arrive , il se voyait surpassé par ses serviteurs. Tout dans ce lien se ressentait de la licence des mœurs; lo duc Philippe loin de s'en scandaliser , s'en fiflicitait, peut-être par la même 'politique qui , autrefois à Venise , encourageait la débauche des jeunes nobles , afin de n'avoir point à lea^ redouter poui' l'État*

u Oe^bomramfu , dit Brantôme en pariant du làaupUn y to plupart du temps mangeait êfi corn- -

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mun à phine salle avec force gentils-hotnines d^ ees plus privez; et celui qui lui faisait le plus lascif conte de fille de jeie ^ il estait le miewt venu et festoyé. Et lui^mesme ne s'épargnait à en faire; car il s'en enqueroit fort ^ et en voulait sçaifioir ; puis en faisait part aux auh^s et pu» bliquèment. Cétoit bien un grand scandale que celuy-làj remarque le sîear de Bourdeille, »7 avait très-mauvaise opinion des femmes et ne les croyait toutes chastes, »

Dans ces entretiens d'après-souper brillaient Antoine de Bourgogne , seigneur de la Roche ^ honore du sobriquet de grand bâtard , Philippe de Laon , Hugues de Lannoy , les sires de Crëquy , de Commessuram, de Thiennes , de Saint* Yon y de Loquessoles , époux tolérant de la maîtresse en titre du Dauphin , ceux de Beauvoir ; de Ghaugy , de la Barde , de Thianges j le Sénéchal de Guyenne , le poète Antoine de la Salle , auteur du joli roman de Petit Jehan de Saintré, quelquefois le duc Philippe lui-même , et d*aatres encore.

On n'avait jamais pu engager le frère hospitulier de S**Jean de Jérusalem à avouer une seule de ses peccadilles , quoiqu'il passât pour un des

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plus déréglés* u Laissez-le , disait le Dauphin , laissez-le, tous sayez bien qu'il est aussi discret sur ses fredaines que sur sa naissance, n Le chevalier alors pâlissait de colère et se mordait les lèvres^ Mais Louis, tout en ne lui épargaaniL pas les sarcasmes ,. tout en le persécutant a pro* pos de son origine, car les envieux de son crédit répandaient qu'il était né outre-mer d'une bohémienne et d'un juif, ne l'employait pas moins comme ministre de ses plaisirs.

Le jour même du retour au château, le marquis de Rothelin avait raconté une de ces graveleuses historiettes à la façon de Boccace , recueillies en partie dans les cent nouvelles floutelhêy et dont la plupart , assuraient les narrateurs , s'étaient passées es marches et metes de Haynault y de Flandres et de Brahant, Il s'agissait d'une pucelle de seize ans tombée dans le piège que loi avait tendu un de ces moines paillards , héros ordinaires de pareils exploits. Le récit fini au milieu des éclats de rire, on renvoya l'éteuf au Dauphin, prétendant qu'il ne s'était pas pour rien perdu a la chasse* « J'accepte , dit Louis , mais mon conte n'est pas fait : j'y travaille avec mon gracieux corn-

179 AHASVltl».

père le Rliodîen ou le Zingaro, à qui le dieu d'amour a , comme tous royes ^ {nrètë son bandeau pour mieux réunir en œs besognes* Dès que oe conte sera paradicTë , tous Taures de la première main. Adonc adieu , mesmeurs , et bon soir. Vous , maiire Simon , suiTes^moi. n

Les courtisans se dispersèrent en dëcoehant à rhospitalier des regards de haine , de mépris et d'envie , et quand le cheTalier fat seul avec le Dauphin : « Tu n'as pas oublié, lui dit Louis, la jolie fille dont la mère nous a préservés hier d'une nuit blanche ? Tu es trop pénétrant pour ne pas apercevoir qu'elle me plait. Je n'ajouterai point que je l'adore , ces fadeurs iraient ma) à mon caractère et à mon rang. La tenir quelques heures en mon pouvoir, par ruse, par surprise , voilà à quoi se borne mon désir. Qr , remerc>e*raoi â deux genoux , c'est toi que j'ai dioisi pour cette noble équipée» » L'hospitalier pendant cette allocution offrait l'image d'un tigre prêt à dévorer à la fois la proie que lui abandons» son gardien, et le gardien lui«méme. Il ne répondit pas.

« Tvi te taia, remarqua le Dauphin; me»

pMeanterie». opt excité ton courroux ? — Je

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sayais bien , dit le Rhodiea avec une colère coDcentrée , qu'il n'est pas bon de manger des cerises ayec le diable , car il tous en jeHe les nofaiix an visage..,. «^Allons, allons, répliqua le prince, je sais certain que tu me serviras en*core cette fois avec zèle. S'il y a du mal à faire, ta m' obéiras , quel que soit ton ressentiment. •• barbara grœca genus retinent quod habere sohbant , dît le Doctrinal , et c'est à peu près tout le latin que j'ai retenu. Écoute -moi bien ; ne perds pas une seule de mes syllabes ; je veux ^ qu'après- demain , au plus tard , Iseult me soit livrée à discrétion , à merci.... — Mais , monseigneur , au lieu d'un rapt , que ne retournezvous chez elle sous un prétexte ou un autre ? Personne dans le château de Féauté n'oserait surveiller vos démarches , et la jeune fille sera peut-être la première à les favoriser. Tandis qu'un enlèvement.... — Poltron que tu es! c'est précisément l'enlèvement qui fera tout le mérite de cette rencontre. Le beau plaisir autrement d'être nez à nez avec une petite sotte , qui , par dessus le marché, est capable de fondre en larmes. Je veux une scène de roman , je veux réaliser un des fabliaux de la Salle , en un mot

172 AHàSYI&US.

une ayentare complète.... Je le veux... — A la bonne-heure, répartit le chevalier d'une Toix creuse et sourde comme le son que rendrait un cercueil dont le contenu aurait été rongé par les yers , vous serez satisfait. •• »

Sur cette assurance , le Dauphin s'endormit du sommeil le plus paisible. l\ n'avait pas perdu sa journée i

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