‹ Le dimanche (volume 2)Chapitre 5 sur 29 · TII HABGHAND DE LA. ROCHELLE · texte numérisé non relu

TII HABGHAND DE LA. ROCHELLE

Vous nous la bâillez bonne avec vos tanio* res ! Apprenez qu'il y a dans la seule comté de Flandre trois ou quatre villes plus grandes, plus belles , plus magnifiques que Paris , et que nulle part on ne trouve chez le peuple autant d'aisance et d'industrie. J'en puis parler , moi , car je vais en Flandre une fois par an pour mes affaires, et je n'y vais jamais sans en rapporter de beaux écus trébuchans.

LE COMMIS SB LA. HAHSE TEVTOSIQUE.

Morbleu , la Flandre est un pays d'or. Nos plus minces comptoirs de Bruges effaceraient votre Louvre.

DAME GEBT&UDS.

Pas possible, pas possible. Vous qui savez

ao GAYRE AU CHAPSI.

tant de choses et qui êtes ménétrier du roi , est-il vrai , maître Pariset , que je me sois trompée a ce point ?

L^HOHfflE AU BEBEC , OU maître Parisetfd'un ton de suffisance.

Il est de fait j. dame Gertrude , que vous avez été mal renseignée quand tous avez cru que la Flandre était une région sauvage. C'est, au contraire , un pays riche et peuplé. 11 n'en est pas moins certain que sous le rapport de la civilisa-* tion, il y a entre un français et un flamand la même distance qu'entre le vin et la cervoise. Mais comme les trouhles qui renaissent sans cesse chez nos voisins nous forceront bientôt à les conquérir , nous aurons tout le temps de les policer et, de leur apprendre à contracter des goûts plus délicats. . .

l' ARCHER ANGLAIS j brutalement.

Ne dites pas trop de mal de la Lierre , car un homme qui a cru s'honorer en s'inscrivant parmi ceux qui en brassent , pourrait bien faire évanouir vos projets de conquête... Goddam ! vive

la bierre double et Jacques d'Artevelde î

GAVjRE AU CHAPEL. 21

IK 6B0S H013U , se levant et étant son chapeau.

Vive le comte de Flandre , notre naturel et droiturier seigneur ! Et alors , je le veux bien , respect à la bierre , mais haine aux perturbateurs et aux factieux I

L^AEGHER ANGLAIS^ en colère.

Par le sang, par la chair , par la mort! Que ce licou doré te serre la gorge à t*ôter la respiration , yieux radoteur , stupide partisan des badauds qui t'insultent et qui appartiens , je n'en doute pas , à la faction de ces gentillâtres sans &me , tout prêts à livrer leur pays à la France !

LE GBOS HonE, indigné.

Insolent ! maugréer ainsi en parlant au sénéchal du sire de Gavre , F un des premiers barons de Flandre !

l'a&gheb anglais , plus froidement.

De tous tes barons , il n'y en a pas un qui mérite de déchausser Jacques d'Artevelde ; c'est

92 GAV&£ AU GHAPEL.

là un noble cœur , une main paissante , une intelligence souveraine ; mais pour Louis de Nevers et sa séquelle , je n'en donnerais pas un farting...

LE SÉNÉCHAL , hOTS de lut. *

Main-forte , on blasphème , on conspire en plein jour y baro! haro!

SAKK GEHTRTIDS , d'unc vots aigre et les poings sur les

hanches.

Holà 9 mes maîtres , prenez-vous ma maison pour une halle , et pensez-vous que je sois disposée à patir de toutes vos sottes querelles ?

LE HÉiiÉTKiEE DD Aoi, d*un air de conciliation et de

supériorité.

Dame Gertrudearaison, toujours raison. Si Ton m'objecte que le brave archer, ici présent, a parlé peut-être avec irrévérence de personnages qui méritent tous nos respects , et qu'en outre , il a été peu courtois envers la France avec laquelle l'Angleterre est en trêve , je répondrai que nous sommes dans un jour de fête. Notre bon roi

GAVRE AU CHAPEl. 23

marie la fille dti duc d'Athènes au sire d*En* gbien ; des tournois , des danses , des repas vont amuser la cour ; par conséquent tout le monde doit oublier ses disputes et se réjouir.

UN SES MAAGHA.RSS, ovec kumeur.

Tiens, se figure-t-il donc que leur joie, à eux , fasse aUer mon commerce? Au diable ces fêtes qui achèvent de ruiner le peuple! N'a- Tons-nous pas déjà assez d'impôts , n'est-ce pas assez de la famine et de la peste , sans nous soutirer notre dernière maille ?

XI Hom I du fond de la capuce qui empêche de distinguer

ses traits.

Il est clair qu'il serait plus juste , qu'il serait même louable de la prendre cette dernière maille pour faire dire des messes et la dépenser en œuvres pies; car les tournois , par exemple , les tournois sont réprouvés par la Sainte- Église : les sacrés conciles.... les bulles des papes...

Le moine qui était clerc jusqu'aux dents en matière de bréviaire, allait passer en revue

24 GAVRE AU GHAPEL.

toutes les dispositions canoniques relatives aux tournois , quand le trot d'un cheral lui fit tourner la tête et interrompit son discours.

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