‹ Le dimancheChapitre 19 sur 26 · LETTRE A 9. FÉTIS · texte numérisé non relu

LETTRE A 9. FÉTIS

SoaB PhiIippe*]e-Bon :

Clerc de Musique. Muêioiens. Pages de la musique. Douze menestriers ou violons* Six har» peurs» Hautbois. Trompettes. Six trompettes de guerre du duc.

Au célèbre banquet du vœu du Faisan^ donne par ce prince, A Lille , en 1483, sur Tune des tables on vit une ëglife remplie de chantres , dont la voix était accompagnée d'un carillon ; nn énorme pâté renfermait Yîngt-huit joueurs d'instrumens.

Sous le règne de Charlesnle-Tcméraire il n'est rien marqué dans les états susdits , mais nous apprenons d'Olivier de la Marche, que ce prince lui-même n'était pas un musicien médiocre pour le temps et eu égard à sa qualité de prince. «< II apprit y dit Olivier, il apprit l'art de mu- » sique si perfectement , qu'il mectait sus chan* » sons et motets et avait l'art perfectement en M soi. » Il est à croire néanmoins que , par la suite, il fit peu d'usage de toutes t^es perfections et qu'à l'oreille du farouche Charles, le bruit du combat valait mieux que toutes les musiques du monde. C'est au banquet de ses noces que

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Ton imagina des sangliers . qui jouaient de la trompette, des chevreaux et un bouc qui jouaient de la trompe et du hautbois, des loups qui jouaient de la flûte et des ânes qui chantaient. C'étaient, on le pense bien, des hommes travestis en bètes, qui remplissaient ces rôles. Mais plus tard , lorsque Philippe 11 fut reçu solennellement a Bruxelles , les habitans de cette ville le régalèrent d'un «concert de chats véritables , digne pendant du concert de cochons , inventé pour amuser Louis XI. Le goût ne s'était guère épuré.

Vous comptez BusnoUy que d'autres écrivent Bugnois , parmi les chanteurs de Charles de Bourgogne. Molinet , en sa chronique rimée , continuation de celle de Chastellain , le met à côté d'Okergan , d' Alexandre Agricola et de Jossequin des Prés qui n'étaient pas seulement des théoriciens habiles , mais des exécutans de première force :

Pay Teu , comme il me semble , TJng fort homme d^honneur Luy seul chanter ensemble Et dessus et teneur ; Olbeken , Alexandre ,

LETTRE A H. FiTiS. 385

Josseqain ne Bugnou

Qui sçRYeni chants espandre ,

Re font tels esbanois.

Le même Molinet adresse cette pièce de vers à Monseigneur le Doyen de F'ome {Fumes) Maistre Anthoine Bugnois :

Je te rends honneur et tribus.

Sur tous autres , car je cognois

Que tu es instruict et imbus

En tous musicaux esbanois.

Tu prospères , sans nul abus ,

En ce bas pays flandrinois y

En sucre en poudre doribns

Et en brouets Sarrazynois ^

Tes porées et tes cabuz

Tallent mieulx que tous mes tournois ,

Tes champs sont floris et herbus

Hieulx que ne sont les vers aulnois , etc.

Il a fait de plus quelques bouts rimes adres^ ses à Louis Compère :

Compère , vous passes >le temps En amours , comme je suppose , Vous nourrisses les bien chantans De l'art que Tostre engin compose , etc.

C'est au gendre posthume de Gharles-le-Té-

2Sd USTTAE à K. 7ÉTIS.

méraire qae rAUemagiie est redevable de sa première école de musique , car il parait incontestable que Maximilien emporta dans son pays les traditions des musiciens belges et y attira plusieurs de ces artistes. J'ai consigné ailleura un extrait du livre noté des basses danses de sa . fille Marguerite i ; à la fin du mémoire de M. de Laserna sur la bibliothèque de Bourgogne , il y a une notice succincte des célèbres musiciens belges ; voici ceux qui y sont nommés :

"^ Josquin de Près on des Prés.

* Aubert Ockergan , que vous appelez Jean.

* Jean le Teinturier.

* Simon Van der Eycken« ( BihL Belg. 1 1 , 1102.)

Agricolaé

* Jacquet Van Berchem.

Brunel ou Brumel.

* Compère ( Louis. ) Pierre de Vicq.

* Adrien WiUaer ou Willaert.

* Cyprien Rorus.

I IToticea et extraits des MSS» de la Bibl. de Bourgogne , I'« partie.

lEITKE A H. itTIS. 267

Henri Isaac.

* Pierre de la Rue. Jean Fnisnier.

* Jean mouton.

* Orland de Lattre ou Lassus (d'après la raison que TOUS en donnez j ee dernier nom serait le yéritable. )

J'ai marqué par des astérisques les artistes dont vous avez parlé. Les noms d*j4grioola et de Brunel qui n'en ont point , se sont rencontrés , il est vrai ^ sous votre plume ; mais ils ne sont point entrés dans votre texte et font seulement partie d'une citation en vers.

11 ne me semble pas non plus que vous lassiez mention d'André Pevemage, que vôtre concurrent M. P. J. Surmont ne passe point sous silence , et qui lui était indiqué par Foppens , Jac4]ues van Eycke et d'autres encore.

La Déplaraiion de Crestin sur le trépas de feu Ockergany contient les noms de quantité d'artistes du temps , entre autres de Dufay et de Lannoy, barrison très-notable. Au surplus, j'ai transcrit tout ce passage dans mes Arehiv. , tome Y , pp. 257 et suivans > ainsi que les

I Yoy. aussi le tom. III , pag. 46-46.

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