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jamais de café5 jamais d'alcool ni de liqueurs, jamais de tabac non plus. Il est probable qu'entre L'époque ( iSN 2) où Paul Alexis a publié son livre et celle où ces dîners ont eu lieu, un changement radical, que la plus énergique volonté pouvait seule imposer, s'est produit dans le régime diététique de Zola, et c'est ce changement, cette diététique nouvelle, qui a transformé le « Zola gra^ » en ce Zola maigre ».
Autres particularités sur l'auteur de l'Assommoir :
Bien qu'issu de famille méridionale et élevé dans le Midi, Zola ne supportait pas aisément les fortes chaleurs de l'été et en souffrait même beaucoup. Les temps humides et pluvieux étaient ceux qu'il préférait : par les pluies battantes, il se plaisait à sortir, surtout lorsqu'il était à Médan, à effectuer de longues promenades et à se faire bien mouiller.
Zola présidait toujours nos séances du Comité
jneusemenl ^anté, — des gants de filoselle
nuire ou de mince peau jaune, sous lesquels on
DINER DBS GENS DE Ll i I ;•>
voyait ou devinait les incessants trémoussements, Les continuelles crispations de ses doigts.
Emile Zola n'avait nullement l'habitude de la
parole lors de son entrée au Comité et de ses débuts comme président de la Société des i^ens de lettres, et je me souviens d'un de ses tout premiers discours, une mercuriale assez délicate et embarrassante, il est vrai, mais encore plus embarrassée, certes, à l'adresse d'un sociétaire en défaut. Je vois encore la tète du malheureux sur qui tombaient ces malencontreuses phrases : c'était pour nous tous une gêne horrible, un vrai supplice, qu'Emile Richebourg se décida à interrompre :
« C'est bien, allez, monsieur le président, laissez... Nous lui dirons le reste après la séance... »
Dans une visite qu'il fit. en juin 1893, à l'Association générale des étudiants, rue des Ecoles. Emile Zola a, d'ailleurs, avec une sincérité pleine de bonhomie, avoue cette inexpérience et traité-
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de ses premières tentatives dans l'art oratoire. sois venu simplement : c'est mon genre, déclara-t-il au président de cette association. M. Laurent, en Le remerciant de son accueil. Je ne suis pas homme à grands saluts ni à grandes phrase-. D'ailleurs, les. phrases-, je ne sais pas les faire, et c'est mon grand chagrin actuel. J'ai beaucoup écrit, je voudrais pouvoir parler. Mais sont choses tontes différentes. Je crois à l'entière vérité de la théorie médicale des localisations. Il est certain que, lorsqu'on parle, il se fait dans la tète une mécanique autre quelorsqu On écrit De plu-, à part ce don de la parole, il y a autre chose : il y a les gestes, les lieux communs, l'exagération de la pensée et des mots ; il y a le cabotin. Or, je n'ai rien de tout cela, et je le regrette, oui, vivement.
« J'ai fait une o-uvre, je voudrais maintenant vouer ce qui me reste de vie à la défense de quelque- idées sociales J'aimerais, pour ce but, être d'une assemblée où je travaillerais, où je parlerais. Je ne peux pa£ encore; je fais des efforts;
je suis entré à La Société des gens de lettres pour m*exercer, mais je ae soi - pas content «1»' moi, je
ne suis pas encore absolument maitre de ma parole. Enfin, j'essaierai I »
Ces essais, toujours en vertu de cel étonnant « don de perfectibilité » et île cette force de volonté non moins caractéristique, lurent bientôt suivis d'excellents résultats. Il ne s'agit pas ici, bien entendu, des discours écrits, des oraisons funèbres, par exemple, lues par le président Emile Zola sur les tombes de Léon Cladel. de Guy de Maupassant, d'Arsène Houssaye. etc. : je ne considère que les improvisations ou les harangues plus ou moins préparées et débitées d'abondance.
Comme preuves de ces constants progrès et de cette prompte réussite, je citerai l'allocution prononcée par Zola, en juin i8o3 également, au banquet offert à la presse par l'éditeur Charpentier à l'occasion de l'achèvement des Rougon-Ma<quart ; — une conférence au palais duTrocadéro. en avril iso4. lors de la fête donnée par la
7^ Li: DINEB DKS GENS DE LETTRES
Société des gens de lettres, pour sa caisse de secours : — et uombre de toasts portés, au nom du Comité ou de la Société des gens de lettres, par le président Emile Zola aux présidents des diners mensuels, spécialement à M. Emile Levasseur, de l'Institut, qui avait été jadis son professeur au lycée Saint-Louis, et lui avait prédit de grands succès d'écrivain ■ ; à Jules Simon, à Aurélien Scholl, etc.
Impressionnable au suprême degré, nerveux au possible, Emile Zola aurait certainement préféré, dans les premiers temps, se dérober à ces exhibitions, esquiver ces corvées : « Je vous avoue, disait-il en commençant sa conférence au Trocadéro, que je n'aurais jamais osé monter ainsi de moi-même sur cette scène ; il a fallu m'y pousser, nie répéter « que c'était pour nos pauvres » ; je ne suis pas avocat, je n'ai pas l'habitude de La parole, et c'est la première fois que je parle devant un aussi nombreux auditoire. . . »